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Saïd Djaé Houdhayfi : « Pour redonner la parole au peuple »

Mots clés: Edition 557Trending
10 novembre 2025
Temps de lecture : 5 mins
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Saïd Djaé Houdhayfi : « Pour redonner la parole au peuple »
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Dans un contexte de destruction de toute vie politique aux Comores par le pouvoir en place, le mouvement FALIKI se présente comme une alternative citoyenne, portée par des femmes et des hommes engagés pour la justice, la transparence et le développement durable du pays. Saïd Djaé Houdhayfi, secrétaire général du mouvement, a accepté de répondre à nos questions.

Propos recueillis par MiB

Masiwa – C’est quoi FALIKI YA MASIWA ?

Saïd Djaé Houdhayfi – FALIKI YA MASIWA est avant tout un idéal. C’est la conviction absolue pour tout membre que le peuple est sacré. Et d’ailleurs, cette sacralité-là, nous voulons l’inscrire dans notre Constitution. C’est le point numéro un de notre projet politique, à soumettre prochainement au peuple.

FALIKI YA MASIWA est aussi un mouvement citoyen et politique.

Nous voulons rassembler les Comoriens autour de valeurs simples, mais essentielles : justice, transparence, solidarité et développement.

Notre objectif, c’est de redonner espoir et de proposer une vraie alternative à la situation actuelle du pays. Le tout avec sincérité, pragmatisme, sacrifice et un sens très élevé du peuple.

FALIKI YA MASIWA, se positionne comme un mouvement d’espoir et de renouveau pour les Comores. Nous combattons énergiquement le régime d’Assoumani Azali et refusons toute complaisance. Le mouvement veut construire une nouvelle voie : celle de la responsabilité, de l’unité et de l’action concrète.

Masiwa – Quelles sont les principales idées que vous défendez ?

Saïd Djaé Houdhayfi – Nous défendons le peuple comorien, la bonne gouvernance, la justice sociale et la participation citoyenne.

FALIKI YA MASIWA, c’est aussi la mise en avant de la jeunesse, de l’éducation et du rôle de la diaspora dans le développement des Comores.

Masiwa – Quelles actions concrètes menez-vous ?

Saïd Djaé Houdhayfi – Nos actions se font à deux niveaux. Aux Comores, nous soutenons des projets citoyens, politiques, éducatifs et sociaux. Par exemple, nous agissons pour obtenir la libération de prisonniers politiques. De même, nous apportons un soutien matériel et parfois financier à nos compatriotes dans le besoin. Nous avons, récemment, expédié des tonnes et des tonnes de vêtements, de chaussures et de fournitures scolaires aux orphelins de notre pays.

En France, nous aidons les étudiants et l’ensemble des Comoriens dans leurs démarches administratives, pour faciliter leur quotidien : papiers, logement, emploi, formation… Il y a une semaine seulement s’achevait le stage d’un étudiant en Master, originaire de la noble ville de Mbeni. Vous savez aussi que nous avons réussi à obtenir la régularisation d’une cinquantaine de nos compatriotes. C’est toujours pour nous, un moment intense que de participer à améliorer la vie d’un compatriote.

Par ailleurs, nous organisons également des rencontres, conférences et débats pour renforcer la conscience citoyenne et maintenir le lien le plus fort possible, entre la diaspora et le pays. Nous refusons de céder aux divisions, entretenues par Assoumani Azali et ses proches, entre Comoriens de l’intérieur et expatriés. Ainsi, dernièrement, nous avons tenu, en partenariat avec les éditions Cœlacanthe, une conférence autour des livres d’Idriss Mohamed Chanfi.

Masiwa – ⁠Est-ce un parti uniquement présent en France ?

Saïd Djaé Houdhayfi – Non, pas du tout. Même si le mouvement est né en France, il a une vocation nationale.

Nous sommes déjà présents aux Comores et dans d’autres pays où est installée la diaspora.

FALIKI YA MASIWA, c’est un réseau mondial de Comoriens engagés, unis par une même vision du changement. À ce propos, je remercie nos militants basés aux Comores, en particulier ceux de l’île d’Anjouan, dont le travail pour la promotion de nos idées ne cesse de nous impressionner.

Masiwa – ⁠Pourquoi créer FALIKI alors qu’il y a déjà beaucoup de partis ?

Saïd Djaé Houdhayfi – C’est vrai qu’il existe de nombreux partis politiques, mais très peu offrent une alternative crédible.

Le système est verrouillé, et beaucoup de Comoriens se sentent abandonnés.

FALIKI YA MASIWA est né de cette lassitude : pour redonner la parole au peuple, préparer une nouvelle génération politique et rebâtir la confiance.

Nous croyons à un changement pacifique, organisé et tourné vers l’avenir. Et par ailleurs, nous sommes convaincus que chaque Comorien mérite d’être défendu dans ses opinions politiques. Plusieurs Comoriens trouvent leur compte dans le projet que nous portons, ils méritent que nous nous battions pour eux. Nous ne considérons pas la pluralité comme un handicap. Au contraire, c’est la diversité qui nous pousse à exceller.

Masiwa – ⁠⁠Vous avez des locaux en France ? Comment vous financez tout cela ?

Saïd Djaé Houdhayfi – Oui, nous avons un bureau à Garges-lès-Gonesse, que nous louons pour nos réunions et nos activités.

Le mouvement fonctionne grâce aux cotisations des membres et au bénévolat. Nous avons aussi des collaborations utiles qui nous permettent de toujours continuer à nous battre pour les autres. Pour autant, tout n’est pas facile.

Tout est fait dans un esprit de transparence et de rigueur, car nous voulons être exemplaires dès le départ.

Nous appelons ce bureau, la Maison du peuple. Le principe est simple. Cette maison accueille tous les Comoriens sans distinction dans le but, là aussi, de montrer par les actes, que la politique, la vraie, est celle qui se manifeste concrètement au service du peuple sacré et souverain. Les efforts que nous déployons pour le fonctionnement de ce siège sont importants. Mais le peuple comorien est digne de nos sacrifices.

Nous avons également un bureau à Marseille. Nous travaillons pour l’ouverture d’un troisième bureau. Toujours au plus près des Comoriens. Pour nous imprégner de leur réalité. Car, encore une fois, notre cheval de bataille est le peuple. Aucune politique sérieuse ne peut être menée sans le peuple. En nous rapprochant de notre peuple, nous apprenons de lui. Nous partageons ses peines et ses joies. C’est cela qui nous permettra de mieux le représenter.

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