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DIASPORA COMORIENNE. UN SURSAUT CONTRE LA DICTATURE D’AZALI

Mots clés: Edition 536Trending
16 juin 2025
Temps de lecture : 4 mins
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DIASPORA COMORIENNE. UN SURSAUT CONTRE LA DICTATURE D’AZALI
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Paris, 24 mai 2025 — Dans une salle pleine d’espoir, au 29 boulevard du Temple, un vent de résistance a soufflé à nouveau. La diaspora comorienne, dans toute sa diversité, a répondu à l’appel d’un rassemblement décisif. Un meeting pas comme les autres : un cri de vérité, une convocation solennelle à la mémoire, à l’unité et à l’action.

Pr Ibrahim Mahafidh Eddine

« Assez de mensonges, assez de souffrances, assez de sang »

Ce leitmotiv, scandé, repris et répété tout au long de la rencontre, résume à lui seul l’état d’esprit des participants. Organisé à l’initiative d’un collectif citoyen engagé pour la défense des droits humains aux Comores, le meeting du 24 mai avait pour buts de dénoncer la dérive autoritaire du régime d’Azali Assoumani, donner la parole aux victimes, et surtout, réaffirmer l’urgence d’une mobilisation collective.

L’événement visait également à rompre le silence et briser le cycle de la peur. Depuis plusieurs années, les Comores vivent sous un régime répressif : arrestations arbitraires, disparitions suspectes, intimidations, musellement des médias et des opposants. Le pays est plongé dans une nuit politique sans fin.

Des paroles libérées, des blessures à vif

Parmi les moments les plus marquants : les témoignages poignants des proches de Bachar, enlevé, kidnappé puis rapatrié manu militari aux Comores. Ces témoignages ont profondément ému l’auditoire. Plusieurs intervenants ont salué la libération du Dr Achmet Said Mohamed, obtenue grâce à une mobilisation intense.

Salma Soibahadibe, émue aux larmes, a évoqué les cas de Sambi, Salami, Bobosha, Bachar, et bien d’autres encore, victimes de cette dérive autoritaire.

Dans la salle, l’émotion se mêlait à la colère. Mais une colère lucide, transfigurée en énergie politique. Une énergie orientée vers un objectif clair : la fin du régime d’Azali et la refondation démocratique des Comores.

Le religieux Fundi Kabir a lancé un appel fort à la constitution d’un « état-major politique » et à la désignation d’un « chef d’état-major », une idée vivement applaudie et reprise par d’autres orateurs.

Les figures historiques présentes — Hassani Hamadi, Mohamed Abdou Soimadou, Chaher Ben Said Massound, Achirafi Said Hachim, Soilih Mohamed Soilihi entre autres — ont exprimé leur volonté d’accompagner cette dynamique de rassemblement, aux côtés de la jeunesse.

Une mobilisation perfectible, mais prometteuse

Le meeting a marqué les esprits. Il a posé des jalons concrets. Toutefois, des absences notables, comme celle de l’ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi, resté silencieux, ont été vivement regrettées.

Tous les autres leaders de l’opposition en exil, installés en France, étaient présents, témoignant de l’importance accordée à cet événement. Malgré les manques, l’initiative a été saluée pour la qualité de son organisation, la richesse des interventions et la participation active de figures historiques, d’acteurs de terrain et de simples citoyens.

Vers une nouvelle dynamique : cohérence, unité, inclusion

Ce que cette rencontre du 24 mai a fait émerger, c’est la nécessité impérieuse de structurer la lutte. Fini le temps des actions isolées et des initiatives dispersées. Il faut construire une force collective, claire, cohérente et inclusive.

Trois axes majeurs ont été proposés : rédiger un texte commun, une résolution engageante pour toutes les forces démocratiques,      constituer un état-major politique, avec des coordinateurs reconnus et légitimes, continuer la sensibilisation en ligne et sur le terrain, en France comme aux Comores.

Les organisateurs se sont engagés à prolonger le travail entamé par de nouvelles rencontres, que beaucoup espèrent fondatrices et structurantes.

Un mot d’ordre : l’inclusion

Le message est sans équivoque : aucune force sincèrement engagée dans la lutte démocratique ne doit être laissée de côté. Le combat contre la dictature n’appartient à aucun parti, aucun clan, aucune chapelle. Il appartient au peuple comorien tout entier.

Il ne s’agit plus seulement de dénoncer. Il faut préparer l’après, penser la transition, construire les bases d’un État de droit digne, juste et respectueux des aspirations populaires.

Une responsabilité historique

Ce que Paris a vu et entendu le 24 mai 2025 dépasse le cadre d’un simple meeting. C’est le sursaut d’une conscience collective, la réactivation d’une mémoire douloureuse, mais vivante, et surtout l’espoir d’un peuple qui refuse l’abandon.

La diaspora comorienne, riche de sa diversité et de son savoir-faire, a un rôle essentiel à jouer. Elle l’a compris. Elle est prête. Le combat continue.

Aux Comores, comme ailleurs, la liberté finit toujours par renaître.

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