Au cours de deux manifestations différentes, la diaspora comorienne a exposé sa culture et ses talents en région parisienne le 4 avril dernier.
Par Nawal Msaïdié
Le 4 avril 2026 s’ouvrait à Bagneux (Île-de-France) la seconde édition de « Comores expo » pour deux jours. Cet événement a pour vocation « d’exposer » les Comores et sa diaspora dans leurs différents champs d’action : le tissu entrepreneurial, le tissu associatif, le tissu culturel, les acteurs publics, entre autres.

Le 4 avril 2026 avait lieu pour la première fois « la journée de la diaspora comorienne » à Stains (Île-de-France) avec pour objectif la valorisation des acteurs culturels du pays présents dans la diaspora de France ou ailleurs.
Les deux événements ont connu un franc succès selon les deux groupes d’organisateurs (l’association Kamakini pour le premier événement et le mouvement Faliki ya Komori pour le second) : un public présent, des échanges variés et des temps forts appréciés.
Le premier événement était surtout porté par des jeunes issus de la diaspora après l’impulsion donnée par Komlink lors de l’édition de 2025 : une forte mobilisation de bénévoles, une communication efficace et dynamique, un éventail varié d’exposants, un coin restauration qui a tourné à plein régime et des artistes en tête d’affiche connus par les jeunes générations et par les moins jeunes ont été les ingrédients majeurs du succès de cette nouvelle édition. Cet événement a permis de faire découvrir les Comores, mais aussi de donner envie aux visiteurs d’investir et/ou de s’impliquer pour le développement du pays.
Le second événement a, quant à lui, réunit le haut du panier littéraire, artistique sous différentes expressions scéniques (chant, danse et théâtre) et de personnalités publiquement engagées pour le développement du pays.
Autant Comores expo a pêché sur des temps forts consacrés à la culture, le panel abordant les questions culturelles étant surtout consacré à la valorisation du patrimoine bâti au détriment de réflexions plus pointues sur le patrimoine immatériel, comme par exemple, des descriptions plus détaillées des tenues traditionnelles selon les cérémonies coutumières et selon les îles, ou encore la transmission de la tradition orale grâce à une stabilisation de l’écrit et de la création d’outils de médiation divers (ce constat a aussi été remarqué sur le nombre de stands entièrement dédiés à la culture sur les deux journées) ; autant la journée de la diaspora comorienne a été fortement « boudée » par des jeunes (les moins de 30 ans) et par les non-initié.e.s aux défis de la valorisation de la culture comorienne. Cette observation est bien trop souvent notée lors de l’organisation de ce type d’événement.
À l’heure où les réseaux sociaux permettent une visibilité accrue de l’archipel, notamment grâce aux actions de jeunes entrepreneurs et où, par conséquent, le secteur touristique sera amené à connaître un développement accéléré, le rôle des acteurs culturels est essentiel pour participer à rendre unique la destination Comores : meilleure connaissance de la culture et de la tradition des Comores et de tous les outils de valorisation et de médiation qui permettent de prendre conscience de tous les enjeux de développement de notre pays.
Le temps semble enfin propice pour que chaque Comorien, quel que soit son lieu de résidence, s’imprègne pleinement de sa comorianité, se réapproprie notre culture et nos traditions et que ce soit un vecteur d’union et de croissance économique.
Peut-on imaginer un espace où toutes les couches de la société comorienne vivant aux Comores ou dans la diaspora peuvent échanger ensemble devant un public varié et construire des réflexions communes pour participer à leur échelle à une évolution efficace des secteurs publics, privés et associatifs de notre communauté ?















