“Donner un poisson nourrit une personne pour un jour, lui apprendre à pêcher la nourrit pour toute une vie.” Cette sagesse chinoise résume parfaitement la philosophie qui sous-tend les nombreux séminaires et programmes de formation que la République populaire de Chine organise depuis plusieurs années au profit des pays africains. Bien au-delà de la coopération économique ou des grands projets d’infrastructures, la Chine a fait le choix d’investir dans ce qui constitue la véritable richesse des nations.
Par AMP
À travers des centaines de séminaires accueillant chaque année des milliers des fonctionnaires, chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs et cadres africains, la Chine contribue au renforcement des capacités des institutions africaines. Cette coopération, parfois moins médiatisée que les grands projets d’infrastructures, constitue pourtant l’un des piliers les plus durables du partenariat sino-africain.

Pour les Comores, comme pour de nombreux pays africains, ces formations représentent une opportunité exceptionnelle d’apprentissage, d’échange d’expériences et d’ouverture sur des modèles de développement ayant démontré leur efficacité.
Au fil des années, les thèmes proposés illustrent la diversité des domaines dans lesquels la Chine partage son expérience : la gestion et l’opération des centres de démonstration agricole pour les pays francophones africains, le développement vert et l’économie bleue, les échanges culturels entre les villes amies de l’océan Indien, la protection de l’environnement hydraulique, la réduction de la pauvreté et la modernisation, les technologies de transformation et de conservation des produits agricoles, la santé publique pour ne citer que ceux-là. Ces séminaires répondent à une réalité essentielle : le développement durable d’un pays dépend avant tout de la qualité de ses ressources humaines. Former les décideurs, les techniciens et les responsables administratifs revient à renforcer durablement les capacités nationales. Chaque participant devient ensuite un relais de connaissances au sein de son institution, de son ministère ou de son entreprise.
Parmi tous ces domaines, l’agriculture mérite une attention particulière. Pour la majorité des pays africains, elle constitue le principal employeur, contribue fortement au produit intérieur brut et demeure au cœur des enjeux de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de réduction de la pauvreté. Pourtant, ce secteur fait face à de nombreux défis : faible mécanisation, changement climatique, accès limité aux financements, insuffisance des infrastructures de transformation et de conservation, ainsi que difficultés d’accès aux marchés internationaux.
L’expérience chinoise apporte des enseignements précieux. En quelques décennies, la Chine est parvenue à nourrir une population de plus de 1,4 milliard d’habitants tout en modernisant progressivement son agriculture. Cette transformation ne s’est pas faite par hasard. Elle résulte d’investissements continus dans la recherche scientifique, la vulgarisation agricole, les infrastructures rurales, la mécanisation, l’innovation technologique et la formation des producteurs.
Pour les Comores, cette expérience est particulièrement inspirante. Notre pays possède un potentiel agricole considérable malgré la limitation des terres cultivables. La vanille, le girofle, l’ylang-ylang, le gingembre, les fruits tropicaux, les produits halieutiques et plusieurs cultures vivrières offrent de réelles perspectives de développement. La création de centres de démonstration agricole adaptés aux réalités comoriennes pourrait contribuer à améliorer les rendements, renforcer les capacités des producteurs et accélérer l’adoption de techniques modernes respectueuses de l’environnement.
Au-delà des connaissances techniques, ces séminaires ouvrent également des perspectives économiques concrètes.
L’annonce récente par les autorités chinoises de l’exemption des droits de douane pour les produits provenant des 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine constitue une opportunité historique. Lors des échanges avec les responsables du ministère chinois du Commerce, il a été indiqué que des produits emblématiques des Comores, notamment la vanille, le girofle et l’ylang-ylang, suscitent un intérêt réel sur le marché chinois. Les autorités chinoises ont également précisé que le Gouvernement comorien pourrait engager les démarches officielles nécessaires afin d’ouvrir davantage le marché chinois à ces produits.
Cette convergence entre le renforcement des capacités humaines et l’ouverture commerciale illustre parfaitement la logique de la coopération sino-africaine : former les acteurs, améliorer la qualité des productions, puis faciliter leur accès aux marchés internationaux.
Les bénéfices de ces séminaires dépassent largement le cadre académique. Ils favorisent également le dialogue entre les peuples. Pendant plusieurs semaines, des participants venus de nombreux pays africains vivent ensemble, échangent leurs expériences, découvrent leurs cultures respectives et construisent des réseaux professionnels qui se poursuivent bien après la fin des formations. Cette dimension humaine constitue sans doute l’un des résultats les plus durables de ces programmes.
L’un des aspects qui marquent le plus les participants est sans aucun doute la qualité de l’accueil réservé par la Chine. Dès leur arrivée, tout est organisé avec rigueur, efficacité et bienveillance. Les équipes chargées de l’organisation font preuve d’un professionnalisme remarquable et d’une disponibilité constante. Chaque détail est pensé pour permettre aux participants de se consacrer pleinement à leur apprentissage.
Mais au-delà de cette organisation exemplaire, c’est surtout la générosité et l’hospitalité du peuple chinois qui laissent une impression durable. Les échanges avec les enseignants, les interprètes, les étudiants, les chauffeurs, les agents d’accueil et les citoyens rencontrés au quotidien témoignent d’une volonté sincère de partager, d’expliquer et de faire découvrir leur pays. Beaucoup de participants repartent avec des souvenirs qui dépassent largement le contenu des cours.
Ces séminaires permettent également de mieux comprendre les raisons des succès enregistrés par la Chine dans plusieurs domaines. Le développement observé aujourd’hui repose sur une vision à long terme, une forte capacité de planification, un investissement massif dans l’éducation, la recherche, les infrastructures et l’innovation. Sans prétendre reproduire exactement ce modèle, chaque pays africain peut en tirer des enseignements adaptés à son propre contexte.
Pour les Comores, ces formations représentent un investissement stratégique. Elles contribuent à renforcer les compétences des cadres de l’administration publique, des collectivités, des universités et des entreprises. Les connaissances acquises peuvent être adaptées aux réalités nationales afin d’améliorer les politiques publiques, d’encourager l’innovation et de promouvoir un développement plus inclusif.
À travers ces initiatives, la Chine démontre qu’une coopération internationale peut reposer sur le partage des connaissances, le respect mutuel et le renforcement des capacités humaines. Cet engagement mérite d’être salué et encouragé.
Il est souhaitable que ces programmes de formation se poursuivent, se diversifient davantage et permettent à un nombre croissant de cadres africains, et particulièrement comoriens, d’en bénéficier. Les défis auxquels nos pays sont confrontés, sécurité alimentaire, changement climatique, création d’emplois, développement rural, transition numérique ou protection de l’environnement, nécessitent précisément ce type de coopération fondée sur l’apprentissage, le dialogue et l’échange d’expériences.
Les séminaires organisés par la Chine ne constituent pas seulement des sessions de formation. Ils sont des passerelles entre les peuples, des laboratoires d’idées, des espaces de coopération et des investissements dans l’avenir. En renforçant les compétences des femmes et des hommes qui auront demain la responsabilité de conduire le développement de leurs pays, ils contribuent silencieusement, mais durablement à bâtir un partenariat sino-africain plus solide, plus équilibré et plus prometteur.














