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Interview : Saifillah Mlinde, Le Directeur de l’école Amani School réagit à propos de la conférence du Dr Djohar Abdou le 14 mai 2025 à Diboini.

Mots clés: Edition 533Trending
26 mai 2025
Temps de lecture : 4 mins
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Interview : Saifillah Mlinde, Le Directeur de l’école Amani School réagit à propos de la conférence du Dr Djohar Abdou le 14 mai 2025 à Diboini.
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Masiwa – Monsieur le Directeur, quels étaient les objectifs de la conférence du Dr Abdou Djohar ?

Saifillah Mlinde – La conférence du 14 mai s’inscrit dans nos projets éducatifs, notamment dans le cadre de la sensibilisation des jeunes à l’éducation civique. Nous l’avons organisée pour montrer l’impact positif que notre langue nationale peut avoir à travers l’enseignement. C’est aussi une manière de valoriser la langue comorienne dans l’espace éducatif.

Propos recueillis par Mohamed Issihaka, Médiateur culturel.

Masiwa – Pourquoi avez-vous fait appel au Dr Djohar pour animer cette rencontre ?

Le Dr Abdou Djohar fait partie d’une catégorie rare : celle des patriotes. On le surnomme parfois le Chancelier ou le Gardien de la langue comorienne. Il incarne l’amour de la patrie et de la culture. C’est une figure emblématique, presque choisie par la destinée elle-même, comme si ce n’était pas nous, mais ses propres actions et son parcours qui l’avaient désigné pour cette mission.

Son parcours nous inspire beaucoup. Il est non seulement un défenseur acharné de notre langue, écrivain en shikomori, mais aussi un enseignant dévoué et un conférencier reconnu dans le domaine de l’éducation. Nous avons énormément à apprendre de lui.

Masiwa – Votre école a joué un rôle central dans la mise en place de cette cérémonie. Pouvez-vous nous en parler ?

Les efforts fournis par l’établissement ont été remarquables. Les enseignants, notamment M. Sadam Hassan – un militant culturel – ont joué un rôle clé dans l’organisation de cette conférence. L’administration a soutenu l’initiative sur tous les plans. Nos élèves aussi ont été très engagés. La coopérative scolaire a pris en charge l’organisation dans les moindres détails, malgré le jeune âge de ses membres.

Masiwa – La conférence était-elle ouverte à d’autres membres du village ?

La conférence était ouverte à tous : parents, jeunes, enseignants, cadres, élèves des deux localités ainsi qu’à toute personne venue d’autres villages de la région. Ce fut un véritable moment de partage intergénérationnel.

Masiwa – En tant que responsable de l’école, quel message vouliez-vous transmettre aux jeunes à travers cet événement ?

 Mon message est simple : personne n’est riche dans la peau d’un autre. Aimons notre langue, notre culture et œuvrons ensemble pour des Comores prospères. Si je pouvais faire revivre cet événement chaque jour, je le ferais sans hésiter, car notre langue et notre culture sont le centre de notre réussite.

Masiwa – Y a-t-il un moment particulier de la cérémonie qui vous a marqué ou ému ?

Oui, un moment m’a profondément marqué : lorsque le Dr Djohar a expliqué comment écrire certains mots en shikomori. C’était la première fois que j’assistais à un tel enseignement. Depuis, je suis capable d’écrire quelques mots dans notre langue. Dieu merci.

Masiwa – Après la conférence, avez-vous eu des retours de la part des élèves, des enseignants ou des parents ? Que disent-ils de cette initiative ?

Oui, nous avons reçu de nombreux retours très positifs. Beaucoup nous ont remerciés et encouragés à renouveler ce type d’initiative. Les élèves ont compris l’importance de telles activités et demandent qu’on en organise chaque trimestre. Les enseignants, eux aussi, souhaitent voir d’autres conférences sur des thèmes variés liés à l’éducation civique.

Masiwa – Pensez-vous renouveler ce genre d’activités à l’avenir ?

 Oui, plusieurs idées sont en cours. Nous espérons organiser d’autres événements sur des thématiques diverses : l’enseignement de la langue comorienne comme langue intégrée, la prise de parole en public, la gastronomie comorienne, la pédagogie, et bien d’autres conférences.

Masiwa – Pour finir, quel message souhaiteriez-vous adresser aux jeunes de Diboini-Mbambani à la suite de cette rencontre ?

 L’amour de l’autre est une richesse absolue, mais apprendre à s’aimer soi-même et à se connaître constitue le noyau de l’épanouissement personnel. Connaître sa langue, sa culture et ses origines est le chemin vers la stabilité. Aimons notre langue, cherchons à la pratiquer partout, sans crainte ni honte.

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