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Les élèves des écoles publiques dans la rue

Mots clés: Edition 584Trending
25 mai 2026
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Les élèves des écoles publiques dans la rue
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La grève des enseignants comoriens entre dans sa 5ᵉ semaine et les élèves des écoles publiques sont descendus dans la rue mercredi 20 mai à Moroni pour exiger la reprise des cours. Le Rassemblement de l’Opposition comorienne (ROC) soutient le mouvement des enseignants et demande l’ouverture immédiate de négociations.

Par Fatouma Ali Saïd Abdallah

Des centaines d’élèves des établissements publics ont manifesté mercredi 20 mai à Moroni pour exiger la réouverture des écoles, fermées depuis le 17 avril en raison de la grève illimitée des enseignants. Le Rassemblement de l’Opposition comorienne (ROC) a appelé dans la soirée à l’ouverture immédiate de négociations entre le gouvernement et les enseignants et dénoncé l’absence de volonté de dialogue de la part des autorités. À moins d’un mois des examens nationaux, la crise menace la validation de l’année scolaire pour des dizaines de milliers de candidats au BEPC et au baccalauréat.

La marche des élèves, organisée sans encadrement politique ni associatif, a rassemblé des lycéens et collégiens vêtus de noir et blanc, symbole du deuil de l’école publique. Parti de plusieurs quartiers, le cortège a convergé vers la Place de la Nation en scandant « Ngarandzao rizome ».

Un élève de terminale qui a participé à la manifestation a justifié la mobilisation par trois motifs : la fin imminente de l’année scolaire sans reprise des cours, l’incertitude sur la tenue des examens nationaux et le blocage entre l’État et les enseignants dont les élèves subissent les conséquences. « Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. Nous, élèves, nous sommes l’herbe », a-t-il déclaré dans une vidéo qui tourne dans les réseaux sociaux.

Un élève de la filière A2 a relevé ce qui lui semble être une incohérence : « Nous, élèves A2, c’est l’Arabie saoudite qui paie nos enseignants et non l’État comorien. Et pourtant, nous non plus, on n’étudie pas. Ça fait un mois et trois jours », a-t-il martelé.

La Fédération des Syndicats des Enseignants Comoriens (FSEC) observe la grève depuis le 17 avril 2026. Elle réclame l’application immédiate des avancements bloqués depuis plusieurs années et une revalorisation salariale face à la hausse du coût de la vie. Lors d’une réunion le 18 mai, la FSEC a jugé que les discussions avec les ministères de la Fonction publique et de l’Éducation nationale étaient « au point mort ». Le syndicat accuse les autorités de répondre aux revendications par des menaces, des intimidations et des retenues sur salaires.

« Nos revendications ne sont ni excessives ni corporatistes. Elles traduisent une souffrance sociale profonde vécue par des milliers de fonctionnaires confrontés à une précarité grandissante et à l’érosion constante de leur pouvoir d’achat », a déclaré un membre du bureau fédéral.

Au sein du corps enseignant, la stratégie de fermeture prolongée suscite des réserves. Zainaba, institutrice, reconnaît la légitimité des revendications, mais s’inquiète pour les élèves. « La souffrance des enseignants est réelle. Beaucoup n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leur famille. Mais fermer les écoles n’est pas la solution pour les enfants ».

Le directeur du collège rural d’Iconi déplore le silence du ministère.  « La réaction du ministère nous laisse sans voix. Car, avant d’être ministre, il est professeur comme nous. Il est le mieux placé pour nous comprendre ».

Dans son communiqué du 20 mai, le Rassemblement de l’Opposition comorienne, rappelle que « l’éducation nationale ne peut être gérée avec légèreté alors que l’avenir de milliers d’élèves est aujourd’hui sérieusement compromis » et affirme que « les scènes inédites d’élèves descendant eux-mêmes dans les rues pour réclamer leur retour à l’école (…) constituent un signal d’alarme extrêmement grave pour toute la nation ».

En l’absence du ministre, actuellement en train d’effectuer un pèlerinage à La Mecque, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas communiqué sur la marche des élèves ni sur les suites données aux revendications de la FSEC. Aucune annonce n’a été faite concernant un éventuel report ou aménagement des examens nationaux.

La FSEC maintient son mot d’ordre de grève illimitée jusqu’à satisfaction de ses revendications.

Après le bouclage de cet article, dimanche 24 mai, le Secrétariat général du gouvernement a annoncé que le gouvernement est parvenu à un accord avec la fédération des syndicats des enseignants. La grève est terminée et les cours devraient reprendre ce lundi.

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