Alors que l’Union des Comores célèbre son cinquantenaire d’indépendance, je mesure le chemin parcouru grâce à notre partenariat stratégique avec la Chine. Ayant dirigé la délégation comorienne au Séminaire international sur la construction et la gestion des parcs industriels (Tianjin/Shenzhen, 23 avril 6 mai 2025), j’atteste que le partage d’expertise constitue la dimension la plus précieuse de notre coopération bilatérale.
Par Abdoulhalim Souef Adinani ,Fonctionnaire du Gouvernorat de Ngazidja, exerçant les fonctions de collaborateur du Secrétaire général.
Lorsque la Chine initia son programme de renforcement des capacités pour cadres africains en 2000 sous l’égide du FOCAC, peu anticipaient son impact transformateur. Aujourd’hui, plus de 200 000 professionnels africains ont été formés dont notre délégation qui s’est distinguée par son engagement rigoureux. Comme le souligne M. Su Yunsheng, Directeur général adjoint à Tianjin TEDA import & Export CO., Ltd : « Ceci représente l’héritage le plus durable de la Route de la Soie – non pas des infrastructures, mais des esprits outillés pour un développement autonome. »

Notre immersion de 14 jours fut une master class en transformation industrielle. À Tianjin, nous avons fait un décryptage des Zones économiques spéciales (ZES) générant 28,5% du PIB chinois, découvert LE modèle révolutionnaire du « Guichet unique » délivrant des licences en 72 heures et étudié de l’Éco-Cité Sino-Singapourienne, paradigme d’urbanisme durable.
À Shenzhen nous avons fait l’exploration du Parc High-Tech où les multinationales côtoient des startups innovantes et bservé la douane blockchain du Port de Qianhai.
Ceci n’est pas seulement le futur de la Chine – c’est la vision africaine de 2050 s’enthousiasme Mme Nachida Toihir Abdoulfatah membre de la délégation comorienne.
Le système administratif intégré a particulièrement marqué notre délégation. « Consolider douane, fiscalité et enregistrement d’entreprise en un processus de 3 jours représente une transformation bureaucratique exemplaire », souligna Mme Toiharati Toiliha Romli, une participante au séminaire des parcs industriels. Les données de la Banque Mondiale confirment que ce modèle réduit la corruption de 35% tout en boostant les IDE de 40%.
La Chine ne nous a pas donné un modèle clé en main, mais les outils pour concevoir notre propre solution. Pour les Comores, le vrai travail commence. « Le séminaire n’était que la première étape. D’ici 2030, nous voulons créer une ZES modèle pour les petites nations insulaires ».
Face aux sceptiques des relations sino-africaines, nous expérimentons une coopération d’un nouveau genre. Contrairement aux paradigmes historiques, l’approche chinoise habilite plus qu’elle n’impose. Comme l’a exprimé le Représentant congolais, M. Lumpungu : « Ils fournissent les outils technologiques et de gouvernance, tandis que nous en déterminons l’application contextuelle. »
Notre travail entre maintenant dans sa phase décisive. D’ici 2030, nous ambitionnons de faire des Comores un modèle pour les petits États insulaires en matière d’industrialisation durable. Ainsi « La Route de la Soie du savoir continue de tisser sa toile, reliant nos destins dans une mutualité respectueuse. »















