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Zaina Yahaya Ben Ahmed Alias Zayone : « Il est temps que les gens viennent nous rejoindre pour mener ensemble le combat »

Mots clés: Edition 561Trending
8 décembre 2025
Temps de lecture : 4 mins
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Zaina Yahaya Ben Ahmed Alias Zayone : « Il est temps que les gens viennent nous rejoindre pour mener ensemble le combat »
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Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (du 25 novembre au 10 décembre), AWLN Comores et MYM (Mvukisho a Masiwa) ont réuni le 28 novembre un public composé majoritairement de la gent féminine au Foyer des Femmes de Moroni pour la diffusion d’un documentaire.

Propos recueillis par Hachim Mohamed

Ce un film explore la thématique des violences basées sur le genre sous divers angles, allant de la présentation de centres d’accueil pour les survivantes à l’analyse des causes et des conséquences de ces violences via des témoignages, en passant par les soins médicaux et psychologiques, et de l’accompagnement social pour sortir de situations de violence.

De l’initiative de ces associations qui visent à briser le silence, à encourager les dialogues et à mobiliser la société civile pour trouver des solutions durables.

Après la projection du film, Masiwa a interrogé Zaina Yahaya Ben Ahmed, alias Zayone à ce propos.

Masiwa – Vous venez de boucler la quatrième édition de « Mwendo wa dzihiro » à Anjouan. Au-delà du documentaire qu’on a vu aujourd’hui, quel bilan faites-vous de vos activités aux Comores ?

Zaina Yahaya Ben Ahmed – Oui, on a fait le tour de Comores : Ngazidja, Mwali, Maore et Ndzuani pour cette année 2025. Pour l’édition 5, on a un format qui sera adapté aux écoles ayant un aspect important pour nous. Aujourd’hui, on a fait le tour de l’archipel, on a vu que les enfants étaient beaucoup imprégnés et saisissent beaucoup mieux le message. Il y a beaucoup d’outils qui vont arriver, dont un mini clip pour inciter en musique (car je suis artiste engagé), qui va inciter les enfants à pouvoir se protéger, à pouvoir crier. Pour le reportage axé sur le viol, ça m’est arrivé à l’âge de 11 ans, je n’ai pas réussi à crier. D’où l’enjeu, celui de donner une force à la nouvelle génération. Encore une fois, il y a un nouveau format qui va arriver, mais les gens qui ont vécu de grands formats de la randonnée thérapeutique en elle-même, d’aller de ville en ville et de marcher entre 6 heures et 10 heures par jour, eux ils ont dit : « Il faut que ça continue ». Nous, on comptait arrêter les grands formats, mais on sera obligé de continuer parce que c’est très réparateur et thérapeutique. Donc, c’est demandé, ça va continuer.

Masiwa – Comment va se passer la cinquième édition ?

Zaina Yahaya Ben Ahmed – En 2026, il y aura deux formats : format des écoles et format des randonnées thérapeutiques. La cinquième édition, ça sera la même chose, mais on va se baser sur les écoles dans chaque île, mais on va quand même garder un grand format dans l’année. Pour les écoles, ça sera plusieurs fois dans l’année. On va retourner dans chaque ile. On a l’a déjà commencé : on faisait trois à quatre écoles. Mais là, cette fois, on va vraiment taper fort. On va essayer de faire entre 10 et 15 écoles, ça sera vraiment la tournée.

Masiwa – Pourquoi, dans le documentaire, on parle français alors que la plupart de nos compatriotes ne comprennent que le shikomori ?

Zaina Yahaya Ben Ahmed – Le format que vous avez vu en forme de reportage qui est très intense et très long (2 heures) va être adapté au contexte local. À la base, on voulait mettre deux pieds dedans. La majorité des victimes qu’on a eues étaient en France. Au départ, il fallait qu’on arrive à les faire parler. On est parti sur le français, car on a estimé que ça sera plus simple pour eux. Maintenant, nous allons de ville en ville. J’ai quitté les Comores à l’âge de 8 ans. J’avais oublié le shikomori, mais désormais, il y a le retour aux sources. En 2022, je ne parlais pas un traitre mot shikomori. Autant dire que nous faisons des efforts. Nous apprenons. Nous devons faire en sorte qu’on puisse s’adresser à nos compatriotes dans notre langue, notamment les victimes de VGB. Sur le terrain, on parle pratiquement le shikomori. On comprend l’enjeu de s’exprimer en notre langue. Tout ça pour insuffler de la confiance au point que, présentement, on commence à saisir la démarche de ce combat. On fonctionne étape par étape.

Masiwa – Comment suivre vos activités ?

Zaina Yahaya Ben Ahmed – On travaille en rétroplanning. On peut nous suivre pour le calendrier sur toutes les plateformes (Facebook, Twitter… et même TikTok). Il faut aussi que les gens aillent vers nous. Vous vous rendez compte, nous sommes arrivés aux Comores et nous avons marché pendant dix heures. C’est quand même un sacrifice. Il est temps que les gens viennent nous rejoindre pour mener ensemble le combat.

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