Azhar de Youssouf a présenté son nouveau roman, « Fleur d’ylang-ylang », paru aux éditions Cœlacanthe lors d’une cérémonie de commémoration de l’éruption volcanique dans son village de Singani.
Par Hachim Mohamed
La présentation du roman d’Azhar de Youssouf intitulé « Fleur d’Ylang » lors de la commémoration des 49 ans de l’éruption volcanique de 1977, dans sa ville natale de Singani, le 5 avril dernier, a rehaussé l’événement en transformant la mémoire en héritage tangible via cet ouvrage conçu comme un « hommage au passé. »

La fragrance de « Fleur d’Ylang-ylang » est capable de nous embarquer dans son univers olfactif et de nous couper du monde extérieur le temps de sa lecture. Lors de la commémoration, l’atmosphère sur les lieux basculait de l’excitation pour la nouveauté des manifestations de cette année à la nostalgie du souvenir.
Les questions des futurs lecteurs du roman étaient nombreuses : le récit est-il plaisant à lire ? Y a-t-il des éléments qui sortent de l’ordinaire ? Les personnages sont-ils intéressants ?
Nous avons voulu faire « d’une pierre deux coups »
À la prise de parole de l’auteur, Azhar de Youssouf, qui a tempéré le public sur cette série de questions : « La conférence dédicace de mon roman, organisée à Singani dans le cadre du Festival du 5 avril, s’inscrit dans une double démarche à la fois culturelle et mémorielle », a-t-il expliqué.
« En associant la dédicace à cette commémoration, nous avons voulu faire d’une pierre deux coups : rendre hommage à un événement marquant tout en inscrivant la littérature dans la mémoire vivante de notre communauté. Ainsi, la conférence ne se limite pas à une simple présentation d’ouvrage ; elle devient un acte symbolique, un pont entre passé et présent, entre mémoire et création ».
Les rares personnes présentes qui avaient eu le temps de lire le livre ont réagi de manière variée. C’est le cas du journaliste et modérateur de l’événement qui a livré un message central du roman. « « Fleur d’Ylang-ylang » est un roman dans lequel la forêt, l’océan ou les montagnes semblent vivants, où l’environnement porte l’histoire autant que les personnages. La nature est un personnage », a-t-il souligné.
Un roman philosophique
D’autres lecteurs se sont exprimés sur « Fleur d’Ylang-ylang », en faisant souvent le pont entre passé et présent, entre mémoire et création littéraire. L’écrivain Chabane Bourhane, qui s’est illustré dans l’analyse de l’ouvrage, a comparé l’écriture de Azhar de Youssouf à la maïeutique de Socrate. Pour Chabane Bourhane, le style narratif d’Azhar de Youssouf fait de son récit un roman philosophique ou de théâtre de la pensée.
À la question de Dhoifiri Mohamed Soilihi, qui s’inquiétait sur les séquences obscènes du roman qui a vu l’héroïne Fleur et son amant, Parfum, s’aimer à l’occidental, l’auteur a expliqué que ce roman ne s’adresse pas à un public jeune.
Par l’observation de Dhoifiri Mohamed Soilihi, d’aucuns pendant les échanges sont allés jusqu’à faire un procès d’intention à Azhar de Youssouf, accusé de distiller l’apologie de la colonisation dans le roman.
S’il y a une prise de parole qui s’est démarquée de cette perception terre-à-terre, c’est celle de Nassur le diplomate qui, en faisant la part de choses, a évoqué les tensions entre l’héritage de la colonisation et la modernité. Et pour rebondir sur les propos de Nassur, Azhar de Youssouf a tenu à rassurer tout le monde qu’il est nationaliste et qu’il ne se voit vivre dans un pays autre que les Comores.
Croire au potentiel local dans la production
Soucieux de la notoriété et de la bonne évaluation que son roman peut susciter, Azhar de Youssouf n’a pas fait abstraction de ces retours essentiels dans la mesure où il estime que l’approche permet de mesurer l’impact de l’œuvre, d’améliorer l’écriture et de guider les futurs lecteurs.
« L’initiative des manifestations culturelles dans Singani revêt une importance particulière dans nos localités. Il contribue à éveiller les consciences, à stimuler l’intérêt des jeunes pour la lecture, l’écriture et la culture en général. En voyant que des œuvres naissent de leur propre environnement et que leur histoire peut être racontée et valorisée, la jeunesse trouve des sources d’inspiration et des raisons de croire en son propre potentiel. »














