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Et si nous parlions un peu de notre éducation.

Mots clés: Edition 492Trending
13 août 2024
Temps de lecture : 3 mins
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Et si nous parlions un peu de notre éducation.
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L’Éducation nationale est un sujet sensible et combien lourd de conséquences. En effet notre système éducatif est, sans ambages, défaillant, voire « malade » comme chacun peut l’observer chaque jour. À qui la faute ? Aux autorités compétentes, aux enseignants ou aux parents et à leurs enfants ?

Par Abdillah Mohamed Soilih, retraité de l’Enseignement

Il est facile de trancher. Soyons probes, réalistes et regardons le problème en face. D’abord, si je ne me trompe pas, notre pays n’a pas eu véritablement de réformes sérieuses en matière éducative, mais seulement des tâtonnements et tentatives qui n’améliorent aucunement notre système éducatif.
Il est vrai qu’à la veille de comptabiliser un demi-siècle d’indépendance, nous assistons chaque année à des résultats, loin de satisfaire le commun des Comoriens. Pour s’en convaincre, ne remontons pas très loin dans le temps, observons les résultats des examens qui viennent de nous être livrés. Pour le concours d’entrée en 6e et du CEPE de cette année, ils atteignent juste les 30% de réussite. Ceux du B.E.P.C sont à 12% pour les admis et 18 % pour ceux qui sont autorisés à tenter leur chance à l’oral. Pour le baccalauréat il n’y a eu que 17% pour le premier groupe et pour les candidats autorisés à passer aux épreuves orales, c’est moins de 28%, au niveau de Ngazidja, la principale ile de l’archipel. Il y a chaque année beaucoup de candidats et peu d’admis, hélas !
Nous pouvons donc dire que le mal est profond et qu’il faudrait tout revoir, à commencer par la base, l’école primaire, publique et privée. Il est donc impensable que des élèves parviennent au niveau de la 6e sans savoir ni lire ni écrire correctement. C’est déjà une faille dangereuse pour l’avenir de ces élèves.
Pourtant, partout poussent comme des champignons des écoles privées ou communautaires dont la plupart ne répondent nullement aux normes pour un encadrement pédagogique adéquat et on laisse faire pour des intérêts politiques ou villageois. Qu’importe la finalité, c’est en quelque sorte nuisible.
Nous pouvons aussi évoquer les nombreux établissements publics laissés à leur triste sort, notamment le « lycée de référence » et d’autres qui, malheureusement, accusent toujours des déficits en enseignants, du matériel pédagogique et d’un environnement sécurisé et sain.
À vrai dire, notre système éducatif aurait besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle orientation susceptible de répondre aux exigences actuelles.
Certes, ne nous voilons pas les yeux en espérant que cela pourrait s’arranger avec le temps alors que nous ne faisons rien pour y remédier. N’est-ce pas là pratiquer la politique de l’autruche ?
Sans nul doute, une « cure » urgente et pérenne s’avère indispensable si réellement nous voulons atteindre des résultats satisfaisants à l’instar de nos voisins qui affichent les 70% voire 80% de réussite aux examens, alors que les nôtres restent toujours sous la barre des 50%.
N’est-il pas temps de nous ressaisir et prendre des mesures pour bien faire ? À nos autorités compétentes, à tous les niveaux de responsabilité, et aux enseignants de toutes catégories, il va de soi que parfois des sacrifices sont nécessaires.
Il faudrait d’abord abandonner le système de l’APC qui est venu enfoncer davantage un enseignement qui était déjà mal en point. Ensuite, il faut contrôler plus efficacement les établissements scolaires sans exception aucune, par des inspections fréquentes, procéder à des recyclages des enseignants, ne pas recruter n’importe quel diplômé n’ayant pas de formation ou de notions pédagogiques. Enfin, pour l’école publique, il faut éviter dans la mesure du possible les grèves à répétition qui nuisent au bon fonctionnement des cours, par le respect scrupuleux des engagements de part et d’autre, sans négliger pour autant l’octroi d’une façon régulière de matériels et de conditions propices pour des travaux pédagogiques pertinents.
Un travail de fond et de suivi s’avère nécessaire, si réellement nous voulons sortir de cette « malédiction » et sauver les meubles avant qu’ils ne pourrissent. Une lourde responsabilité nous incombe pour l’avenir de nos enfants, en somme, de notre Nation.

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