Les Comores font face à un problème grave de violence contre les femmes et les enfants. En 2025, environ 255 cas de violences contre les femmes et les enfants ont été enregistrés. Et ces chiffres sont probablement sous-estimés, car de nombreux cas de violence ne sont pas signalés en raison de la peur de la stigmatisation et de la répression.
Recueilli par Fatouma Ali Saïd Abdallah.
Les services d’écoute de Ngazidja ont enregistré environ de 255 cas de violence contre les femmes et les enfants en 2025, un chiffre alarmant qui souligne l’urgence d’agir pour protéger les plus vulnérables. Face à ce fléau, des initiatives pour prévenir et lutter contre ces violences ont été mise en place, avec l’objectif, entre autres, de créer un environnement sûr pour le développement des enfants.

“Les violences sexuelles sont les plus fréquentes, représentant la majorité des cas enregistrés. Les enfants handicapés sont particulièrement vulnérables, et les conséquences de ces violences peuvent être dévastatrices, notamment pour les filles qui tombent enceinte à un âge précoce. Environ 165 victimes de violences ont bénéficié d’un suivi psychologique, ce qui montre l’importance de l’accompagnement des victimes pour les aider à surmonter leur traumatisme ”, affirme une responsable qui a requis l’anonymat. Elle ajoute que « ces violences sexuelles donnent naissance à des grossesses, y compris chez les enfants en situation d’handicap mental et physique ».
Les auteurs des viols sexuelles sont souvent des proches de la famille. Tel est le cas d’une fillette de 12 ans en situation handicap violée et enceinte. La victime a été violée par son ex-beau père” , a souligné notre source.
De ce fait, les accouchements se font le plus souvent par des voies césariennes. “ cette voie d’accouchement s’explique par la petite taille du bassin des enfants de 11 à 17 ans. L’accouchement par voie basse n’est pas faisable pour elles. Certaines arrivent. Mais, le plus souvent, c’est par voie césarienne ” a-t-elle convié les larmes aux yeux .
Les services d’écoute ont reçu environ 255 signalements, et près de 99% des cas signalés ont reçu une assistance, que ce soit médicale, psychologique ou juridique. Ce taux de réponse élevé est un signe encourageant de l’efficacité des services d’écoute et de l’engagement des professionnels à protéger les enfants.
Pour prévenir ces violences, la direction chargée de la protection de l’enfant contre les violences a créé des clubs d’adolescents qui sensibilisent les enfants entre eux, ainsi que des actions de sensibilisation auprès de la communauté. Ces efforts visent à éduquer les enfants et les adultes sur les dangers des violences et à promouvoir une culture de respect et de tolérance.
Les clubs d’adolescents sont un exemple concret de l’approche participative adoptée par la direction pour lutter contre les violences.
“Les enfants sont encouragés à prendre la parole, à partager leurs expériences et à sensibiliser leurs pairs sur les dangers des violences. Cette approche permet de créer un environnement sûr et inclusif où les enfants peuvent s’exprimer librement et se sentir soutenus” a-t-elle fait entendre.
Les actions de sensibilisation auprès de la communauté sont également cruciales pour changer les mentalités et les comportements. Les communautés sont encouragées à prendre conscience de l’ampleur du problème et à s’engager à protéger les enfants.
Au côté des parents la vigilance est au rendez-vous fort malheureusement une confiance infinie et aveugle envers son prochain qui se nourrit par la suite à des conséquences graves et des regrets amères.
“ Ma fille de 13 ans a été abusée par notre voisin. C’était en 2022, lorsque mon enfant a eu un accident domestique. Elle s’est cassé la jambe et avait mis un plâtre. Après quelques jours de repos professionnels passés avec elle, je devrais ensuite reprendre le travail tandis qu’elle n’avait pas encore enlevé son plâtre. Lorsque, j’ai repris le boulot, ma voisine la surveillait. Elle faisait des allées et retour de chez elle vers chez moi. Un jour, tout a basculé. Alors, je suis partie travailler comme d’habitude ma voisine était chez elle et toujours là pour aux besoins de ma fille. A l’instant où j’ai quitté ma maison, notre voisin s’est rendu chez moi et en profité de ma fille. Imaginez une fillette avec une plâtre toute la jambe. Ses cris et hurlements de défenses ont fait l’alerte dans le quartier. Ma voisine, et les gens de notre quartier se sont allés à leur secour. L’homme a été déclaré coupable et mis en prison ” a-t-elle convié à MASSIWA.
Un autre parent explique également la même chose. La confiance aveugle avait aujourd’hui, sa fille de 5 ans , un enfant violé. “ C’était mon ami . Ma fille l’appelait tonton. Il venait souvent à la maison et lui ouvrait des sucreries jusqu’au jour où, en mon absence de la maison, il a violé ma petite fille de seulement 5 ans. J’étais sortie acheter de la farine dans une boutique dans le quartier. Je lui ai confié ma fille étant un ami et voisin. A mon arrivée, je l’ai trouvé en train d’abuser d’elle” a relaté l’histoire tristement.
D’autres parents racontent la même l’histoire. Une confiance infine envers son prochain qui se nourrit par la suite par des conséquences graves et regrets amères laissant un poids énorme dans la poitrine des parents. Un instant de confiance qui se traduit en fléau à vie.
Selon une source proche du secteur de la santé, le nombre de chiffre des enfants victimes de violences sexuelles augmente régulièrement. “ Il ne se passe pas un mois sans qu’on aie enregistré 2 cas de violences sexuelles. Ces derniers donnent souvent naissance à des grossesses alors qu’il s’agit des fillettes de moins de 14 ans, généralement âgées de 11 à 12 ans ”, indique-t-elle.
Notre source insiste sur le fait que les leaders communautaires, les parents et les enseignants sont des acteurs clés dans cette lutte, et leur engagement est essentiel pour créer un environnement sûr pour les enfants.
L’engagement de la Direction et des communautés est crucial pour lutter contre les violences faites aux enfants. “ Ensemble, nous pouvons faire une différence et créer un avenir meilleur pour les enfants. Il est important de continuer à soutenir les efforts de la direction et à promouvoir une culture de respect et de tolérance pour les enfants” a-t-elle conclu.
En conclusion, la lutte contre les violences faites aux enfants est un défi complexe qui nécessite une approche globale et participative. Les efforts conjoints de la direction et des communautés sont essentiels pour protéger les enfants et créer un environnement sûr pour leur développement. Nous devons continuer à agir ensemble pour mettre fin à ces violences et donner aux enfants un avenir sûr et digne.















