Après la région parisienne les 4 et 5 avril, Comores Expo s’est tenu pour la première fois à Marseille (affectueusement surnommée la cinquième île des Comores) les 11 et 12 avril au World Trade Center. Voici les impressions de différent.e.s participant.e.s
Propos recueillis par Nawal Msaïsié
Les 5 questions :

Quelle est la raison de votre participation à Comores Expos ?
Qu’est-ce que vous avez aimé ?
Qu’est-ce que vous n’avez pas aimé ?
Quel est votre ressenti sur la façon dont le public a accueilli l’événement ?
Quelle est la portée/ le symbole de ce genre d’événements pour la communauté?
S., habitante de Marseille « Je devais y faire un aller-retour, mais, au final, pour donner la force à mes amis, je suis revenue sur les 2 journées »
S. a découvert Comores expo en 2025, lors de sa première édition, à travers les réseaux sociaux de sa famille et de ses amis de Paris. L’édition 2026 à Paris a encore plus piqué sa « curiosité », même si elle avait l’impression que l’édition 2026 avait « moins d’ambiance » que l’édition 2025. Dans sa ville, donc, ce qu’elle a aimé, c’est le concept, car elle trouve ça « cool » de faire découvrir les Comores grâce à ce genre d’événements. En revanche, elle regrette que l’aspect culturel ait été peu représenté « il n’y avait pas de stands pour se procurer des tissus des Comores », il n’y avait non plus de stand repas le premier jour. De plus, « ma tante a un gendre non comorien très curieux de notre culture et de nos coutumes et, malheureusement, nous avons constaté que les deux journées ne donnaient pas la possibilité de l’y initier, il n’est finalement pas venu ».
Elle remercie les organisateurs d’avoir proposé un prix si attractif « dix euros pour deux jours de visite, c’était vraiment très bien ».
M., habitante de Marseille « la communication de l’événement et son organisation n’ont pas été alignées sur les caractéristiques de Marseille ».
M. salue l’initiative et surtout le fait que l’événement ait été organisé dans un lieu central de Marseille et « pas dans une salle de mariage ». Ce lieu est symbolique, car il a permis de souligner le caractère et l’objectif de Comores Expo dans un lieu connu pour accueillir des événements en lien avec le secteur économique de la ville. Pour autant le public était peu présent. M. l’explique par une campagne de communication qu’elle a estimé peu adaptée à Marseille « on ne peut pas faire d’événements à Marseille sans affichage, les affiches sur les lieux fréquentés par la communauté comorienne ont un grand impact sur la présence du public sur ce genre d’événement. A Marseille, communiquer sur les réseaux ne suffit pas ». De même, les thématiques des conférences tenues étaient très intéressantes, mais le programme n’a pas été communiqué en amont, ce qui a desservi l’événement.
Elle a apprécié que beaucoup d’entreprises siégeant aux Comores aient fait le déplacement depuis Moroni pour donner plus de visibilité aux initiatives entrepreneuriales aux Comores ; néanmoins elle regrette que peu d’entrepreneurs franco-comoriens habitant Marseille soient venus : « un manque de communication ? des prix de stands trop chers ? Un manque d’accompagnement en benchmarking pour assurer une clientèle aux participants ? »
L’événement a été marquant pour les participants et ne peut que s’améliorer, l’espère-t-elle, pour une nouvelle édition en 2027.
A., exposante à Paris et à Marseille : « Nous ne sommes plus de simples spectateurs, mais de plus en plus des acteurs engagés du changement. »
A. a fait le déplacement sur les deux événements, car pour elle, « Comores expo est un symbole fort. Cet événement valorise pleinement le savoir-faire comorien, notamment celui des entrepreneurs basés en France.
Il offre une visibilité à tous ces talents qui restent encore trop souvent dans l’ombre. C’est une véritable vitrine de notre dynamisme et de notre capacité à entreprendre ».
Elle a aimé revoir des connaissances, échanger et valoriser les Comores. Tout comme S. et M., elle regrette que l’événement ait attiré peu de monde (comparé au nombre de participants attendus à Marseille, où la communauté est fortement représentée), tant au niveau du public qu’au niveau des entrepreneurs comoriens. Elle note toutefois que le public présent était mixte avec la présence de très jeunes enfants, de parents, de notables qui montrent, selon elle, une fierté de la part de la communauté de voir la tenue de ce genre d’événements.
Pour l’édition de l’année prochaine, elle souligne un point d’amélioration indispensable « le programme des conférences doit être communiqué en amont, et surtout ( M. l’ a souligné aussi) , les conférences, pour être audibles, doivent se tenir dans un autre espace que celui des stands ; l’agencement doit permettre à tout le monde de s’entendre).
Nasser, Fondateur et CEO d’ORELC : « J’ai participé pour promouvoir la langue, vendre nos manuels d’apprentissage et trouver de nouveaux apprenants pour nos formations en ligne ».
Nasser est un vrai passionné du shikomori, il ne rate pas une occasion de participer aux événements qui lui permettent de valoriser la culture et les Comores dans toute leur potentialité. Des événements comme Comores expo, pour lui, symbolisent le progrès de notre communauté dans l’entrepreneuriat.
En tant qu’exposant, il a apprécié l’espace et l’autonomie qui a été conférée à chaque participant pour l’agencement des stands. Il a réussi à promouvoir son activité et a eu de nouveaux clients.
Il regrette par contre qu’il n’y ait pas eu de circuit et/ou de plans pour aider le public à circuler entre les stands.
Le public présent semble, selon lui, avoir apprécié l’événement, car les participants prenaient part à chaque temps fort.
Habib Sagaf, représentant du groupe AFG banque et assurances : « Quand on se sent concerné, impliqué par le développement des Comores, il est important de participer à ce genre d’événements pour encourager et créer du lien entre les Comoriens vivant aux Comores et ceux de la diaspora ».
Le groupe AFG Bank et assurances est un groupe panafricain présent dans plusieurs pays africains, dont les Comores. Le stand a eu un succès non négligeable, le public a été très curieux, surtout au niveau de l’assurance rapatriement des corps, alors que c’est un sujet qui reste très sensible dans notre communauté ». L’entreprise a recensé un nombre important de contacts intéressés par ses activités.
Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’atmosphère qui a témoigné d’une volonté collective de réussite de l’événement et de faire avancer les choses aux Comores en « valorisant les initiatives de chacun et en lançant des réflexions profondes grâce à des échanges et des débats de qualité dans les stands et lors des conférences ».
Il retient de ces deux journées la nécessité de « créer un pont solide entre les Comores et la diaspora » : « La présence de l’ANPI était essentielle pour exposer les démarches pour investir aux Comores, mais il est aussi important pour les entrepreneurs basés aux Comores de proposer des moyens de capitaliser sur la diaspora et de créer des synergies entre les différents territoires où se trouvent les Comoriens ».















