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L’informel pendant le mois de Ramadan, Infraction fiscale tolérée
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Une semaine avant la fin du ramadan, les marchands se sont installés aux carrefours et sur les trottoirs de la capitale de Moroni pour vendre. Apparemment, le commerce profite aux consommateurs en leur procurant un plus grand choix de produits à des prix plus bas. Par Hachim Mohamed

 

Il suffit de faire de se balader à Moroni à une semaine de l’Aid-El-fitr, qui marque la fin de ramadan pour se convaincre que tout le monde peut s’improviser commerçant du jour au lendemain. Tellement la frontière entre vendeur occasionnel et vendeur professionnel est difficile à déterminer même si nombreux sont ceux qui trouvent dans le commerce leurs moyens de subsistance. Alléchés par la perspective d’un coup qui peut rapporter beaucoup d’argent rapidement, du matin au soir, même à 22 heures, de jeunes et dynamiques commerçants prennent possession du moindre recoin de la capitale.

 

Un décor de fête

Dès sept heures du matin, ces petits vendeurs de chaussettes, des casquettes, de tee-shirts, de bonbons, de cigarettes, de CD, de DVD piratés ou de vêtements d’occasion pour enfants, installent leurs étals de fortune, couverts ou pas sur la route bitumée qui va de Gobadjou au petit marché de djoumamdji en passant par Chalima.

En marchant le long de ces rues, une douceur de ciel clément a souri à ces derniers jours de ramadan, d’ordinaire si pluvieux, avec une foule de badauds qu’on croirait venus de tous les coins de Ngazidja, des foules qu’on croise à n’en plus finir.

Sur de « grands axes » routiers comme Gobadjou ou Ajao avec la route qui mène vers Magoudjou, Volo-volo, les trottoirs et la chaussée débordent de marchandises en plein air et d’échoppes qui vendent des boubous, des pendentifs, des lampions, des guirlandes, des kofia faits à la main, des nattes…

Au cœur de Moroni, cette foule bon enfant, cosmopolite et bigarrée qui encombre les trottoirs et une partie de la chaussée est plutôt belle à voir. Un engouement d’autant plus réjouissant que les haut-parleurs installés devant les magasins diffusent une musique festive. Un son mélodieux, des paroles et un riff à la zanzibarienne très accrocheur que l’on fredonne une journée durant. Dans les oreilles des passants, la musique est riche, souple et entraînante, un décor de fête.

 

Écouler les stocks

Certains commerçants ayant des stocks abondants en réserve tels les aliments (biscuits, chocolat…) et dont la date de péremption approche, profitent de cette ambiance, de la frénésie d’achats de la population pour inonder le marché de masse, souvent facile à berner et difficilement contrôlable…

Sous ce capharnaüm, des acheteurs viennent de partout. Pères et mères de famille attirés par l’agitation de ces vendeurs ambulants qui proposent une large gamme de produits.

Interrogée par nos soins sur la manière dont elle gère les préparatifs de l’Aïd-El-Fitr pour sa petite famille, Mama Awa Ibrahim nous surprend : « Je suis infirmière à l’hôpital de Mdé. Je suis divorcé de mon mari. Je quitte très tôt mon Hantsambou pour venir à Moroni si je ne fonce vers mon travail. La destruction de l’hôpital El-Maarouf et la covid-19 ont fait que je ne travaille pas tous les jours de la semaine. Et pour joindre les deux bouts, comme vous voyez sur mon étal, je fais le commerce des vêtements d’occasion, des friperies. », lance-t-elle. « Pour budgéter les préparatifs de la fête, j’estime que le montant est compris entre 50 000 et 125 000 FC en fonction de la situation et du nombre d’enfants que nous avons à charge. Je dois nourrir et habiller trois garçons et j’ai deux filles qui sont mariées, mais qui me fatiguaient aussi en dépenses quand elles étaient sous ma responsabilité ».

Budgets de fête

Autre son de cloche sur les préparatifs de l’Aïd-El-Fitr, celui d’un homme, Mdjomba qui travaille dans le design de bâtiments : « Pour me mettre à jour des besoins de la fête, en moyenne, je dois dépenser 75 000 FC pour les trois enfants qui sont à ma charge. Personnellement, je me suis payé un kofia de 125 000FC. C’est beaucoup d’argent surtout s’il faut mettre dans la balance la nourriture pendant cette fête qui coûte au bas mot 15 000 FC. », explique-t-il.

En ce trentième jour du jeûne, il fait une de ces nuits délicieuses. Les heures s’écoulent lentes dans un silence magnifique et propice aux promenades. La fête de l’Aïd-El-fitr est célébrée cette année le 14 mai. Comme les années précédentes, la fête du commerce tourne se termine le dernier jour du ramadan par un face-à-face éprouvant entre commerçants aux abois et clients impavides, prêts à retarder leurs emplettes jusqu’à la dernière minute dans l’attente de rabais supplémentaires.

« En cette époque de compression dans les dépenses, ce que j’ai pu faire, c’est m’acheter seulement un boubou qui m’a coûté 20 000Fc. Et j’ai donné à mon ex-femme 35 000 FC pour les frais d’habillement et de scolarité de mon fils », a dévoilé le fonctionnaire de l’État Housseine Ali qui doit tenir jusqu’à fin du mois de juin pour un autre salaire, ayant perçu un avancement au mois de mai.

À lire également dans Masiwa n°328 :

  • L’informel pendant le mois de ramadan…

 

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