En 2025, la cellule d’écoute de l’île de Mohéli a enregistré 79 cas de violences sexuelles, dont 74 cas chez les filles et femmes et 5 cas chez les hommes. La région la plus touchée par ce fléau est la région de Djando, suivie de Nioumachoi, tandis que la région de Fomboni est la moins touchée.
Par Fatouma Ali Saïd Abdallah
Les violences sexuelles signalées à Mwali l’année dernière ont provoqué « Dix-huit grossesses, dont quatorze accouchements par voie normale et trois césariennes », nous confie une source proche de la cellule d’écoute dans l’île.

La responsable de la promotion du genre à Mohéli, Nasra Boinariziki, affirme que les violences sexuelles sont plus fréquentes chez les femmes et les filles que chez les hommes. « On compte 74 cas de violences sexuelles sur le sexe féminin et cinq cas sur le sexe masculin », a-t-elle affirmé. Cette forte disparité est préoccupante et souligne la nécessité d’une action urgente pour protéger les filles et femmes.
Les violences sexuelles ont des formes différentes, à savoir : des viols, des harcèlements sexuels, des agressions sexuelles, des attouchements non désirés. Ces formes de violence peuvent se manifester de manière physique, verbale ou psychologique, et avoir des conséquences graves et durables sur les victimes. Les victimes peuvent souffrir de troubles psychologiques, de problèmes de santé physique et de difficultés sociales.
Nasra Boinariziki a également souligné les défis qu’elle et ses équipes rencontrent régulièrement sur ce fléau. L’un de ces défis reste de faire face aux conséquences de « l’évasion des auteurs de violences sexuelles sur les autres îles ». Elle explique que « des cas sont signalés et que les concernés ne sont pas revenus pour poursuivre les procédures ». La cellule d’écoute est aussi confrontée à « la liberté provisoire des auteurs de violences sexuelles, et également, l’absence de psychologues pour un suivi d’accompagnements chez les victimes », déclare-t-elle.
Nasra Boinariziki affirme qu’il est urgent de prendre des mesures pour lutter contre la violence sexuelle à Mwali, notamment en renforçant les structures de soutien aux victimes, en sensibilisant la population et en poursuivant les auteurs de ces violences.
Elle a terminé en précisant que « la honte et le déshonneur sont encore présents dans la société. Les familles des victimes pensent que dénoncer salira la victime et son entourage. Par conséquent, nombreuses sont les familles victimes qui gardent le silence et n’osent pas dénoncer. Le tabou également joue un rôle clé dans l’esprit de notre communauté. Ainsi, les familles choisissent de se taire et les auteurs de violences sexuelles bénéficient de ce silence et s’en sortent sans la moindre trace », déplore-t-elle.
Les conséquences des violences sexuelles sont graves et peuvent être dévastatrices pour les victimes. Il est essentiel de leur offrir un soutien et une protection adéquats pour les aider à se reconstruire et à retrouver leur dignité.
Pour remédier à ce fléau, Nasra Boinariziki préconise que des chefs de village, 60 clubs d’adolescents et des groupes de mères de famille soient formés sur la sensibilisation à la lutte contre les violences sexuelles et travaillent avec les organisations de la société civile et les communautés pour prévenir ces violences, protéger les victimes et poursuivre les auteurs.
« La violence sexuelle est une atteinte à la dignité humaine et un obstacle au développement. Il est temps de prendre des mesures concrètes pour éliminer ce fléau et créer une société plus juste et plus équitable pour tous », a-t-elle conclut-elle.















