Après sa nomination en tant que Directeur Général des Douanes le 27 janvier dernier, Djaanfar Salim Allaoui est venu recevoir les félicitations de ses partisans à Anjouan ce samedi 7 février.
Par Par Naenmati Ibrahim
Nommé le 27 janvier par le président Azali Assoumani, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Djaanfar Salim Allaoui, a pris officiellement ses fonctions de Directeur général des Douanes depuis le 2 février. Son retour à un poste stratégique, après plusieurs mois d’éviction du gouvernement, suscite l’attention tant sur le plan politique que populaire à Anjouan.

Un retour remarqué après plusieurs mois d’éviction
La politique comorienne n’est jamais dénuée de calculs et d’intentions. La nomination de Djaanfar Salim Allaoui, connu sous le surnom de Sarkozy, à la tête de la Direction générale des Douanes illustre cette réalité. Ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, il succède à Ahmed Houmadi, dans un contexte où le poste représente à la fois un enjeu économique majeur et un levier stratégique de pouvoir.
Signé par le président Azali Assoumani, le décret présidentiel n°26-022/PR officialisant sa nomination date du mardi 27 janvier, et le nouvel occupant a pris ses fonctions le lundi 2 février. Après plusieurs mois d’absence du gouvernement, ce retour à une fonction centrale est perçu comme un véritable jackpot politique.
Un accueil organisé
De retour sur son île natale ce samedi 7 février, le Directeur général a été accueilli à l’aéroport de Ouani. Si l’on s’attendait à un rassemblement massif des Mutsamudiens, la réalité a été différente. La majorité des personnes présentes venaient de villages périphériques comme Mahale et Ongojou, ainsi que de Domoni et Tsembehou.
Un homme d’Ongojou a confié qu’il ne connaissait pas personnellement le nouveau Directeur général et avait été mobilisé par les responsables de son village pour l’accueillir. À la JAF, salle où s’est tenue la cérémonie officielle à Mutsamudu, sa ville d’origine, une femme a également demandé à voir l’homme célébré. Ces scènes témoignent d’un accueil encadré et organisé, plutôt que d’un enthousiasme spontané.
Lors de son allocution, Djaanfar Salim Allaoui a qualifié cette réception de « dette et de défi », affirmant sa détermination à relever les missions qui l’attendent.
Le Directeur général a ensuite sollicité la bénédiction des Comoriens, et particulièrement celle des Mutsamudiens, insistant sur le fait qu’il n’agit pas par peur mais par respect.
Les coulisses de sa nomination
Il explique que c’est le président Azali Assoumani qui lui a demandé de postuler à l’appel à candidature. Il a reconnu avoir hésité, affirmant que seule la politique l’« accaparait » en ce moment, avant d’être encouragé par le président : « Vas-y, tu vas y arriver ». Ce n’est qu’après cet échange qu’il a constitué son dossier.
Le président n’a formulé qu’une seule exigence envers le nouveau directeur général : révolutionner la Douane, mission que Djaanfar Salim Allaoui promet de mener à bien. Pour conclure, il a validé le message inscrit sur la banderole derrière lui : « Azali impulse, Djaanfar Salim Allaoui exécute », synthèse claire de sa loyauté et de sa détermination à exécuter les directives du chef de l’État.
Les attentes et défis à venir
Cette nomination intervient dans un contexte où la Douane comorienne est un acteur clé de la transparence fiscale et de la lutte contre la fraude, et où le rôle du Directeur général est déterminant pour l’efficacité des recettes publiques. Le retour de Djaanfar Salim Allaoui montre également que, dans la politique comorienne, les retours en grâce peuvent être rapides et symboliquement forts, mais que l’accueil populaire ne se confond pas automatiquement avec le soutien réel.
Le nouvel administrateur devra désormais traduire les promesses de son discours en actions concrètes, et répondre aux attentes tant du gouvernement que de la population, notamment sur les questions de gestion transparente et de performance économique. À Anjouan comme ailleurs, les discours marquent les esprits, mais ce sont les actes qui font la mesure du pouvoir.















