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Le « 17 février » et les assoiffés de pouvoir

Mots clés: Edition 570Trending
9 février 2026
Temps de lecture : 3 mins
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Le « 17 février » et les assoiffés de pouvoir
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La commémoration de la journée du 17 février, date de la réconciliation nationale, n’est rien d’autre que de la manipulation et de la pure propagande dans l’objectif de montrer une cohésion nationale qui n’existe plus depuis l’arrivée d’Azali Assoumani au pouvoir en 2016. Le 17 février a perdu tout son sens. Cette journée, rappelons-le, est bafouée, voire enterrée par une politique anticonstitutionnelle dans le seul but de garder le pouvoir illégalement et sans limites.

Il me semble illogique de commémorer une journée qui ne présente vraiment rien aujourd’hui, puisque le régime en place a dépouillé la Constitution des idées issues des Accords de Fomboni. Le régime en place est toujours en campagne pour espérer son acceptation par le peuple comorien qui le refuse depuis mars 2024. Oui, le régime se prépare à bluffer les Comoriens pour tromper une énième fois les instances internationales qui croient encore aux mensonges d’un régime qui assoit sa légitimité arbitraire sur des mensongers.

Avec ce régime en place, la pléthore des cérémonies contraste avec le manque de résultats. Le gouvernement organise différentes conférences par-ci, ateliers par-là, ainsi que d’innombrables poses de premières pierres destinées à faire croire aux Comoriens que l’émergence dont ils ne cessent de faire la propagande suit bien son chemin. À tout cela s’ajoutent les passations incessantes à la tête des services publics.

Et maintenant, le gouvernement organise une journée à Mohéli qui engage des dépenses inutiles à un moment difficile pour le peuple. En réalité, le régime n’a aucune vision sur l’avenir de notre pays et le devenir de sa jeunesse marquée par le chômage.

L’objectif de cette journée du 17 février n’est toujours pas clair. Au départ le régime nous parlait d’une journée pour une réconciliation nationale et, maintenant, il parle d’un événement national pour tout simplement commémorer cette journée historique. En fait, pourquoi une réconciliation nationale ? Qui a fauté sur quoi ? Qui malmène qui ? Qui contraint qui ? Sur quoi ? Les réponses à toutes ces questions donnent sans détour les noms des coupables. Ces coupables savent pertinemment aussi qu’ils peuvent aussi être la solution pour la paix que l’opposition réclame depuis 2018. Le régime en place a-t-il besoin d’organiser des journées pour cela ou bien doit-il se ressaisir pour une justice sociale et républicaine sans complaisance, base fondamentale pour un État de droit ? Une réconciliation est possible, car il n’est jamais trop tard, bien que le mal fait par ce régime est vraiment profond.

Pour parvenir à une entente nationale, le régime doit commencer par réparer ses fautes en libérant toutes personnes condamnées de façon arbitraire, notamment, les prisonniers politiques. Ensuite, donner des réponses aux familles des victimes sur les enquêtes soi-disant ouvertes sur les assassinats et meurtres. Car les familles attendent toujours des réponses pour pouvoir faire leur deuil. Qu’il libère la démocratie qu’il étouffe depuis son installation au pouvoir. Accepter que les autres Partis et Mouvements politiques puissent s’exprimer librement dans le respect des lois bien évidemment pour le mieux vivre ensemble. Pour une réelle réconciliation, l’opposition veut des garanties qu’Azali Assoumani et ses collaborateurs ne sont pas encore prêts à donner sous peine de perdre le pouvoir comme ils ont perdu leur crédibilité.

Le peuple comorien n’a pas besoin de conférence pour vivre en paix. Il a besoin d’actes démocratiques pour espérer une vie heureuse. Cinquante années d’attente déjà. Les Comoriens comptabilisent cinquante années, dont douze années de mercenariat sous Ahmed Abdallah Abderemane et seize années de dictature marquée d’emprisonnement arbitraire des adversaires politiques, meurtres et assassinats sous la présidence d’Azali Assoumani. Cela fait vingt-huit années de mauvaise gouvernance sur les cinquante années de notre indépendance. C’est beaucoup trop.

L’organisation d’une journée de célébration de l’Accord de Fomboni ne masquera pas la réalité : aujourd’hui Azali Assoumani est rejeté partout. Il est hué partout. Il est illégitime aux yeux des Comoriens à cause des fraudes électorales au vu et au su de tous. Il est le président le plus impopulaire que les Comores n’aient jamais connu. Il est un lourd fardeau pour notre pays. Pour la paix, il doit accepter enfin que le problème véritable de notre pays, actuellement, c’est bien lui.

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