Le 1ᵉʳ janvier 2026, le stade de Mvouni, à Moroni, a accueilli les finales du championnat des Comores de basket-ball, féminin et masculin. Une journée importante pour cette discipline encore trop souvent reléguée au second plan. À l’issue des rencontres, un constat s’impose : les équipes de Ouani dominent aujourd’hui le basket comorien.
Par Anoir Ahamadi
La première finale du championnat de basket des Comores opposait deux équipes féminines venues de la même ville, Ouani: Faigaffe et Watukuf Walezi. Sur le papier, le duel pouvait intriguer. Sur le terrain, le suspense n’a pas duré longtemps. Faigaffe a largement pris le dessus et s’est imposée sur le score sans appel de 109 à 23.

Dès les premières minutes, le ton était donné. Faigaffe jouait vite, défendait fort et trouvait facilement le panier. En face, Watukuf Walezi a tenté de résister, mais l’écart de niveau est apparu évident au fil des minutes. À la pause déjà, l’issue de la rencontre ne faisait plus vraiment de doute. La seconde période n’a fait que confirmer cette domination.
Ce score lourd ne doit rien au hasard. Il reflète un travail sérieux et une équipe bien en place. À la fin du match, le coach de Faigaffe, Drick, a expliqué simplement que cette victoire est le résultat d’une longue préparation et de l’expérience acquise au fil des saisons. Une analyse sobre, mais qui résume bien la réalité du terrain.
Ushindzi solide et appliqué chez les hommes
La finale masculine a offert un tout autre scénario. Elle opposait Ushindzi de Ouani à Atomic Basket de Ntsudjini Ngomé. Le match a été plus disputé, plus physique aussi. Les deux équipes se sont rendues coup pour coup, notamment en première période.
Petit à petit, Ushindzi a cependant pris l’ascendant. Plus disciplinée dans le jeu, mieux organisée collectivement, l’équipe de Ouani a su gérer les temps forts et limiter les erreurs. Atomic Basket, courageux et combatif, n’a jamais baissé les bras, mais a manqué de régularité dans les moments décisifs. Score final : 61 à 45 en faveur d’Ushindzi.
Cette victoire vient récompenser un parcours cohérent tout au long du championnat. Ushindzi n’a pas toujours gagné facilement, mais a su rester constant, ce qui fait souvent la différence dans ce type de compétition.
Une victoire qui parle aux supporters
Après la rencontre, Mohamed Elamine, fervent supporter d’Ushindzi, n’a pas caché sa satisfaction. Pour lui, ce titre est mérité, car l’équipe s’est réellement donnée à fond pour le championnat de basket au niveau d’Anjouan 2025. Ses propos reflètent un sentiment largement partagé : derrière ce succès, il y a des efforts, des sacrifices et beaucoup d’engagements.
Dans le basket comorien, la passion joue encore un rôle central. Les joueurs s’entraînent souvent dans des conditions difficiles, avec peu de moyens, mais beaucoup de volonté. Chaque victoire prend alors une dimension particulière.
Ouani, référence du basket national
Avec ces deux titres remportés le même jour, chez les dames comme chez les hommes, Ouani confirme son statut de place forte du basket comorien. Cette domination n’est pas le fruit du hasard. Elle s’appuie sur un travail de fond, une certaine continuité et un encadrement qui, malgré les limites, parvient à structurer les équipes.
Ouani montre qu’il est possible de bâtir des clubs compétitifs à partir de ressources locales. Un exemple qui pourrait inspirer d’autres villes du pays, à condition que les initiatives sportives soient accompagnées sur la durée.
Un sport encore en quête de reconnaissance
Malgré le niveau affiché lors de ces finales, le basket-ball reste un sport peu soutenu aux Comores. Il souffre d’un manque d’infrastructures adaptées, de visibilité médiatique et surtout de moyens financiers. Cette réalité contraste avec l’énergie déployée par les joueurs et les encadreurs.
Le problème se pose surtout lorsque les équipes doivent représenter le pays à l’extérieur. Même après un titre national, beaucoup de clubs se retrouvent dans l’incapacité de financer seuls les déplacements, l’hébergement ou la préparation. Faute de soutien, certaines opportunités sont tout simplement perdues.
Le besoin d’un appui réel des autorités
Dans ce contexte, l’intervention des autorités compétentes devient indispensable. Soutenir le basket, ce n’est pas seulement aider quelques clubs. C’est investir dans la jeunesse, encourager la pratique sportive et offrir une image positive du pays à l’étranger. Sans un accompagnement sérieux, le risque est grand de voir les efforts actuels s’essouffler. Or, les finales disputées le 1ᵉʳ janvier 2026 ont montré que le potentiel est bien réel.
Entre la démonstration de Faigaffe chez les femmes et la maîtrise d’Ushindzi chez les hommes, cette journée de finales restera comme un moment fort du basket comorien. Ouani est aujourd’hui sur le toit. Mais au-delà des trophées, c’est tout le basket national qui mérite d’être regardé autrement.
À condition, bien sûr, que les performances sur le terrain soient enfin suivies par des décisions concrètes en dehors.















