Les vrais héros de l’indépendance sont très souvent des anonymes. C’est sous cet angle que le collectif citoyen Mawadja a orienté sa conférence de presse le jeudi 26 juin dernier à Mitsamihuli pour présenter ses activités à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance des Comores.
Par Hachim Mohamed.
Devant 13 journalistes, le président du collectif Mawadja, Mohamed Bakari, a revisité l’historiographie des Comores en présentant ceux qui pour lui sont les « vrais » héros de l’indépendance des Comores.

Pédagogiquement, l’exercice consistait en langage simple à analyser et réévaluer de manière critique les récits historiques établis du pays, en tenant compte des nouvelles sources, des perspectives différentes et des biais potentiels des interprétations antérieures. C’est une approche qui implique de questionner les versions officielles dominantes de l’histoire, d’identifier les lacunes et de proposer des interprétations plus nuancées et complètes du passé.
S’agissant de cette historiographie revisitée des Comores, au départ, Mohamed Bakari a remis au gout du jour les personnalités marquantes et influentes qui ont joué un rôle central dans le mouvement de libération du pays et qui ont contribué à définir les objectifs, les stratégies et la dynamique du mouvement.
D’autres personnalités comme le journaliste Ali Moindjié ou la marraine de Mawadja, Chafiat Achirafi, se sont aussi relayés devant les caméras pour expliquer les tenants et les aboutissants de ce collectif de citoyens et pour répondre aux questions.
Séquence temporelle de célébration des héros de 1950 à 1975.
Pour les intervenants les vrais héros sont pour la plupart anonymes et pourtant, ils se distinguent par leurs actions significatives qui ont eu un impact positif et durable sur leur pays.
Pour ces vaillants Comoriens, le collectif Mawadja tient à magnifier leurs actes de bravoure dans la lutte pour la justice et l’égalité.
En ce qui concerne le collectif, Mohamed Bakari a affirmé que le collectif n’a pas de statut et que c’est tout juste une organisation citoyenne, mais pour lui le projet ne se limitera pas à cette célébration des vrais héros. Pendant les festivités du cinquantenaire, le collectif veut associer les écoles à cette historiographie revisitée de façon à permettre aux élèves de s’imprégner de notre histoire via le programme de l’enseignement.
Le collectif est parti du constat qu’un enfant comorien connaît tout des Etats-Unis, mais si on lui parle d’Abdou Bakari Boina ou de Bohari, il est d’une ignorance abyssale. À l’occasion du cinquantenaire, le collectif Mawadja a décidé de parler de ce qui s’est passé entre 1950 et 1975.
Proclamation jugée unilatérale
Mohamed Bakari a d’ailleurs passé en revue l’histoire de la décolonisation des Comores. Il a expliqué que Saïd Mohamed Cheikh, député métropolitain puis président du Conseil de gouvernement a fait le choix de l’autonomie interne quand la plupart des pays africains choisissaient l’indépendance. Pour ce choix, Saïd Mohamed Cheikh a été contesté, notamment son beau-frère Ahmed Djoumoi. Par contre, explique le président du collectif, Ahmed Abdallah est de ceux qui ont pris l’option de l’autonomie interne comme premier jalon qui allait conduire à l’accession de l’indépendance des Comores. Il a également cité Youssouf Abdulhalik, Mohamed Ali Chami et les autres compatriotes qui de Tanzanie ont fondé le Mouvement de Libération Nationale des Comores (MOLINACO).
Contexte explosif au choix de l’indépendance
Les intervenants durant cette conférence de presse ont également évoqué les souffrances des vrais combattants pour la libération. Ils ont été emprisonnés, exilés et ont subi tant d’autres mauvais traitements.
Ali Moindjié quant à lui s’est interrogé sur le contexte de la proclamation unilatérale de l’indépendance qui s’est passée à un moment de tension avec Mayotte. « Comment un Ahmed Abdallah se paie le luxe de proclamer l’indépendance sans consulter les députés maoré qui n’étaient pas à l’assemblée à Moroni ? », se demande le journaliste ?
Un écueil dans la recherche d’autant plus que les historiens n’ont pas encore accès à toutes les archives du colonisateur qui portent sur ces années.
Encore une fois, « la partie reconnaissante doit exercer son devoir de mémoire pour que la postérité retienne les fervents combattants de la lutte non achevée de notre entière souveraineté », peut-on lire en conclusion du communiqué de Mawadja.















