Il est déchirant de constater, chaque année, que des jeunes de notre pays, et particulièrement en Afrique, perdent leurs vies dans les eaux cruelles de la Méditerranée. Une mer impitoyable qui engloutit leurs rêves, leurs espoirs et leurs vies. Ces jeunes, animés par l’espoir de rejoindre l’Europe, cherchent à fuir une réalité économique difficile, dans l’espoir de réussir, de subvenir aux besoins de leurs familles et, un jour, de revenir avec des rêves accomplis. Mais pour certains, cette quête se termine tragiquement, engloutie par les vagues.
Par Younoussa Hassani
Chaque année, des familles pleurent leurs enfants, des étudiants abandonnant leurs diplômes et sacrifiant leurs années d’efforts pour risquer l’inconnu, espérant trouver une vie meilleure. Pourtant, ce n’est pas la mer qui les a poussés à partir, mais une vie marquée par l’incertitude et le manque d’opportunités. Loin des regards des dirigeants et des institutions, ces jeunes, porteurs d’espoirs, se voient contraints de prendre des risques insensés, car, dans leur pays, l’avenir semble leur être refusé.

Ce qui me ronge au fond de moi, c’est le silence et l’inaction face à cette tragédie. Notre gouvernement, censé mettre en place des stratégies pour protéger ses jeunes et garantir leur avenir, semble fermé aux réalités de cette jeunesse qui se débat pour trouver sa place. Comment un pays peut-il se permettre de regarder ses enfants partir ainsi, sans lever le petit doigt pour offrir des alternatives ? Pourquoi la jeunesse doit-elle chercher des solutions à l’extérieur, alors que le potentiel est ici, sur notre sol ?
Le talent de ces jeunes est une richesse inestimable. Ils sont capables de créer des emplois, d’innover, de faire grandir leur pays. Plutôt que de les voir partir, pourquoi ne pas leur offrir des opportunités ici, chez eux ? Pourquoi ne pas proposer des marchés et des financements pour ceux qui veulent entreprendre, bâtir leur avenir et créer des entreprises dans leurs propres communautés ? La situation actuelle ne devrait pas être un choix entre l’exil ou l’oubli, mais une occasion d’épanouir et de valoriser le potentiel de notre jeunesse.
Je suis convaincu que ces jeunes n’aspirent pas uniquement à partir, mais cherchent avant tout des opportunités de croissance et de réussite dans leur propre pays. Leur diplôme ne doit pas être un simple papier, mais un outil de changement, une porte d’entrée vers un avenir plus radieux. Les politiques doivent comprendre que la réussite de nos jeunes ne passe pas par leur exil, mais par des investissements dans leur formation, leurs projets et leur avenir. Offrons-leur les moyens de créer, d’innover et de prospérer dans notre pays, pour que demain, ils n’aient pas à fuir à la recherche de ce qui leur appartient déjà.
Un jeune Comorien ne veut pas seulement que son diplôme soit reconnu. Il veut qu’il soit l’outil qui lui permette de contribuer à la société, qu’il soit valorisé à sa juste valeur, sans discrimination. Loin des rivalités politiques qui ne servent qu’à diviser, il est temps de se rassembler pour bâtir ensemble un avenir prospère. Car, si nous laissons notre jeunesse partir, nous perdons non seulement des vies, mais aussi notre avenir collectif.
Il est grand temps de remettre les priorités en place. Ouvrons des portes aux jeunes qui veulent se réaliser dans leur pays. Donnons-leur les moyens de se battre ici, dans un environnement propice à l’épanouissement et à l’innovation. Ensemble, faisons en sorte que nos jeunes n’aient plus besoin de risquer leur vie pour réaliser leurs rêves. Faisons en sorte que leur avenir soit entre leurs mains, sur cette terre qui les a vus naître.