Durant ce mois de mai, la communauté comorienne en France a été confrontée à deux drames d’une violence inouïe. Deux drames venus s’ajouter à un autre : la découverte du corps sans vie de Naïchat Abdou Mmadi, le 22 mai. Cette jeune femme de 22 ans, aurait été violée, étranglée puis brûlée à Dzahadju ya Mbadjini.
Par Nawal Msaïdié. avec Libération, le Parisien, Figaro, la Provence
Le 23 mai, à Marseille, un homme originaire de Mbashile ya Bambao meurt à la suite d’une rixe au cours de laquelle il aurait reçu des coups mortels en marge du concert de Nas BLK, actuellement en tournée en France.

Trois jours avant, le 20 mai, à Toulon, une femme d’Inane ya Mbadjini et ses trois enfants de trois, quatre et six ans sont retrouvés morts en bas d’un immeuble. La femme s’est jetée du 13e étage avec ses enfants.
Qu’est-ce qui a pu pousser, un matin, Makoutoum, une mère de 38 ans, d’origine comorienne, à prendre la décision funeste de mettre fin à ses jours et à ceux de trois de ses sept enfants ? Il n’est pas certain que cette énigme soit résolue un jour.
Makoutoum vivait en haut d’un immeuble dans le quartier de Pontacarral de Toulon, elle avait sept enfants âgés de 3 à 17 ans, issus de deux unions différentes et, qu’elle élevait seule.
Son corps ainsi que celui de ses trois plus jeunes enfants sont retrouvés à 6 heures du matin en bas de leur immeuble, suite à ce qui semble être une chute depuis leur appartement situé au 13e étage.
Les enquêteurs privilégient la thèse du suicide et une enquête pour meurtre par ascendant a été ouverte.
Le matin du 20 mai, elle aurait réveillé ses sept enfants et les aurait dirigés vers le rebord du balcon. Les quatre enfants plus âgés, entre 7 et 17 ans, n’auraient pas voulu la suivre. Elle aurait donc sauté avec les trois cadets, dont sa petite fille dans les bras. Selon les secours, cette dernière serait la seule à avoir survécu à la chute avant de décéder, peu après, malgré les tentatives de la maintenir en vie.
Une voisine âgée aurait entendu un bruit sourd et se serait penchée à la fenêtre. Son fils, alerté par ses cris, a ensuite fait le même constat effroyable que sa mère. Il se serait ensuite précipité dans les escaliers et serait tombé sur un adolescent qui aurait dit : « C’est ma famille ».
Le quartier est vite bouclé, les enfants encore en vie ont été confiés à la protection de l’enfance (ASE) et une cellule psychologique a été mise en place pour eux.
Si le père (originaire de Mayotte) des trois premiers enfants a pu vite être retrouvé et interrogé par la police, le père (originaire de Ngazidja) des quatre derniers (dont trois décédés) a, quant à lui, été retrouvé plus difficilement.
Aux dires des voisins, la famille était sans histoires, comme toutes les familles du quartier. Aucun signalement n’avait été fait auprès des autorités municipales ou départementales pour dénoncer quelque forme de défaillance parentale.
La famille bénéficiait néanmoins de l’accompagnement de l’association de quartier « Bébés et famille » qui lui fournissait des denrées alimentaires, car « elle n’arrivait plus à nourrir sa famille », selon les propos de la présidente de l’association.
La mère aurait eu une consultation au service psychiatrique à l’hôpital Nord de Marseille à Marseille. Une ordonnance aurait été trouvée dans l’appartement. L’une de ses amies prétend qu’elle aurait interrompu son traitement contre la dépression, mais, à ce jour, aucune preuve tangible ne prouve qu’un diagnostic a été posé.
En France, 2.4 millions de foyers représentent des familles monoparentales, dont 82% sont des femmes seules. Parmi ces foyers, 41% connaissent une pauvreté monétaire, selon une étude de l’INSEE datant d’avril 2025. Mais, aucune étude de ce type n’a été faite spécifiquement par un chercheur comorien sur les femmes de la diaspora. Pourtant, il serait intéressant de lancer des études sur le nombre de femmes comoriennes seules dans la diaspora et même au pays, et d’analyser les moyens dont elles disposent pour élever leurs enfants.














