À la CAN 2025 au Maroc, l’équipe nationale de football des Comores, les Cœlacanthes, a été éliminée de la compétition à l’issue du premier tour, sans avoir pu marquer un seul but.
Par Hachim Mohamed
L’équipe des Cœlacanthes a impressionné par sa combativité, son collectif et ses joueurs talentueux lors du premier tour de la CAN 2025. Elle a toutefois réalisé une performance moyenne n’ayant pas réussi à marquer un seul but dans les trois confrontations qui l’ont opposé au Maroc (0-2), à la Zambie (0-0) et au Mali (0-0). Pourtant, les Cœlacanthes s’étaient qualifiés pendant les éliminatoires en se hissant au premier rang de leur groupe.

L’équipe comorienne présentait pourtant une formation pleine d’énergie, avec des talents métis venus parfois de l’Outre-Mer français (Antilles, Réunion) et qui ne craint pas les grandes nations, comme le Maroc. Cette jeune équipe est portée par des tauliers comme Youssouf M’Changama, El Fardou Ben Mohamed, Rafik Saïd et Faiz Selemani qui guident une nouvelle génération de joueurs décomplexés, comme Myziane Maolida et Zaidou Youssouf.
Lors de son premier match, l’équipe a tenu en échec pendant la première période le Maroc qui a eu du mal à concrétiser ses attaques, manquant de présence offensive, tandis que les Comores ont montré de la résistance et une belle intensité.
Les spectateurs ont particulièrement apprécié la manière dont Rafik Saïd bougeait la défense marocaine, contrainte de l’arrêter par un tirage de maillot ou une prise à deux, voire trois sur ce joueur véloce. Le match aurait pu basculer lorsque l’attaquant comorien a effacé le défenseur El-Yamiq d’un joli passement de jambes avant de frapper du gauche et de tomber sur un arrêt énorme de Bounou qui sauve le Maroc.
Malgré une défaite face à cet adversaire plus coté, montrant une nette progression par rapport à leur première participation, avec un statut de « trouble-fête » affirmé grâce à un jeu décomplexé, les Cœlacanthes n’ont pu faire que matchs nuls face au Mali et à la Zambie.
Un arbitrage douteux
Douze jours après la défaite des Cœlacanthes face aux Lions de l’Atlas en match d’ouverture de la CAN 2025 et les deux matchs nuls livrés face à la Zambie et au Mali, les supporteurs comoriens n’ont toujours pas digéré la façon dont les choses se sont déroulées.
« Après le Cameroun, la Côte d’Ivoire, voilà le Maroc qui est en train de ramasser la tontine du pays organisateur », a commenté un footeux scandalisé par l’arbitrage maison.
Pour les matchs du premier tour émaillés par un arbitrage douteux, la malveillance a suscité colère et sentiment d’injustice chez les Comoriens, souvent autour de décisions controversées comme des penalties oubliés, des fautes mal interprétées ou l’usage partial de la VAR.
Cette situation que les footeux n’estiment guère orthodoxe avait mené à des débats intenses sur l’intégrité du jeu et l’impartialité des officiels, impactant directement sur le résultat et la perception du sport.
Pour le premier match de la CAN, la polémique a commencé avec la décision cruelle prise par l’arbitre congolais sans la prise en compte de l’assistance vidéo en début de match. C’est vrai que, dans l’action, il y a bien eu contact entre le défenseur comorien et l’attaquant marocain, n’empêche qu’aux yeux des footeux, il n’y pas penalty et on ne peut pas s’empêcher de penser que la VAR n’a été utilisé que dans un sens. La frappe molle de Rahimi à la 11e minute a été heureusement repoussée par le portier comorien Pandor du genou gauche.
À cette occasion, ils sont nombreux, les fans de Cœlacanthe qui ont protesté contre l’arbitre du match, Jean Jaques Ndala. D’autres fautes flagrantes non sifflées pendant le match ont été au cœur des débats. Plusieurs vidéos de footeux postées dans les réseaux sociaux ont dénoncé la manière dont l’arbitrage a favorisé le pays organisateur, le Maroc. D’autant qu’il n’y a pas que les Comores qui ont constaté ces erreurs. Les montages vidéos montrent des moments où les arbitres ont commis des erreurs notables dans des matchs importants.
Le public marocain dans les tribunes
D’autres facteurs ont émaillé le match et notamment l’utilisation de lasers par les supporters marocains pour éblouir les joueurs comoriens. Ce fut une séquence folle et unique qui a provoqué la colère et dépité.
« Leurs supporters allument les lasers dans les yeux des joueurs adverses », a déploré un internaute qui a fustigé ce comportement non sportif des supporters du pays hôte. Cette situation a également provoqué un sentiment d’injustice et d’incompréhension chez les joueurs et surtout les fans des Cœlacanthes, qui ont été, dans leur grande majorité, à fond derrière leur équipe.
Le seul véritable frisson que les fans des Cœlacanthes ont ressenti dans cette CAN est le seul but marqué par leur équipe, mais qui n’a pas été validé par l’arbitre, après consultation de la VAR.
« Je n’ai pas les mots, même pas un but marqué ! Trois matchs et même pas un but. On a célébré un carton rouge et un but refusé. C’est tout ce qu’on a pu célébrer. Alors qu’on a fait huit heures d’escale au Portugal. Non, on ne nous respecte pas », a caricaturé un supporter comorien, après l’élimination de son équipe.















