Les Comores honorent les femmes
Aux Comores, la Journée internationale de Droits de la Femme sera célébrée officiellement le 25 mars prochain. La cérémonie aura lieu dans le village de Malé ya M’badjini. L’objectif est d’honorer les Comoriennes, « reines » selon la ministre de la promotion du genre, Fatima Hamada.
Par Fatouma Ali Saïd Abdallah

Aux Comores, la Journée internationale des droits de la Femme sera officiellement célébrée le 25 mars prochain, au village de Malé ya M’badjini. Plusieurs activités se poursuivent depuis le 8 mars en hommage à la femme comorienne.
Chaque 8 mars, les Comores rejoignent le concert mondial de la Journée internationale des droits de la Femme. À Moroni, les autorités ont jugé idéal de reporter la cérémonie officielle au 25 mars, par respect pour le mois sacré du Ramadan. Toutefois, de nombreuses activités ludiques et éducatives ont eu lieu la semaine dernière sur le thème « Hommage à la femme comorienne ».
Plusieurs institutions telles que la Sonelec, la MECK-Moroni, la Douane, l’ORTC et la COSEP ont rendu hommage à leur personnel féminin pour leur courage, leur détermination et leurs compétences professionnelles. L’ORTC a notamment saisi l’occasion pour saluer une nouvelle fois la mémoire de Binti M’hadjou, ancienne présentatrice décédée récemment.
La femme comorienne est une reine
Au cours d’un entretien accordé à Masiwa, Fatima Ahamada, ministre de la Promotion du genre, a déclaré que la femme comorienne est une « reine ». Elle a souligné que la culture comorienne, sage et juste, honore les femmes, contrairement à d’autres pays : « Chez nous, c’est l’époux qui rejoint la mariée dans son foyer, et en cas de divorce, c’est le mari qui quitte la maison, laissant la femme en sécurité avec ses enfants. »
Elle a mis en avant l’émancipation croissante des femmes dans la politique, l’enseignement, la presse, la médecine, le numérique, l’agriculture et l’élevage, tout en reconnaissant qu’il reste un long chemin à faire.
« Il faut encore des efforts collectifs pour aboutir à une croissance beaucoup plus considérable, durable pour l’émancipation de la femme comorienne. Le chemin reste long, mais toutes ensemble, nous réussirons à un résultat plus fort et plus propre ”, a-t-elle souligné.
Les activités célébrées en hommage à la femme
Outre les hommages institutionnels, les Comores ont organisé des événements majeurs : conférence-débat le 8 mars à l’ORTC, cérémonie religieuse de lecture coranique le 12 mars au Palais du peuple, foire « Made in Comores au féminin » les 13 et 14 mars au stade Ajao, et mise en place d’un comité de veille contre les violences basées sur le genre à Dimani le 21 mars.
Après la cérémonie officielle du 25 mars, d’autres activités sont prévues : une réunion du groupe thématique genre le lendemain à l’hôtel Retaj, puis sensibilisations dans les établissements scolaires du 30 mars au 4 avril (Université, lycée Saïd Mohamed Cheikh, EP Mboueni, collège rural de Dzahani 2, EPMT Oichili, Hambou).
Une consultation médicale gratuite (pré et postnatale, planning familial, dépistage du diabète) se tiendra également le 25 mars à Malé ya Mbadjini.
Témoignages de femmes rurales
Amina Halifa, 38 ans, vit avec ses quatre enfants. Son mari pêcheur part avant l’aube ; elle gère la maison, le budget et un atelier de broderie : « Droits des femmes, pour moi, ce n’est pas un slogan, c’est être aimée, respectée, soutenue. C’est accoucher sans avoir peur de mourir en plein accouchement ni perdre l’enfant. »
Hadidja Moussa, 52 ans, grand-mère de trois petits-enfants, estime que « la femme doit être honorée chaque jour, pas seulement le 8 mars. Aujourd’hui, les droits de la femme consistent à lutter contre les violences sexuelles sur nos filles et nos garçons. »














