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Congrès du parti orange. Les militants ont bravé l’interdiction de se réunir

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Les prochains jours promettent d’être riches en rebondissements. Des masques vont tomber et certains des donneurs de leçons de l’opposition, qui se posent aujourd’hui en hommes intègres et défenseurs du peuple comorien, vont devoir assumer, au grand jour, leur statut de félons et de traitres.

Ce texte a une double ambition. Il vise d’une part à prévenir le peuple comorien sur la grande débâcle à venir. D’autre part, il sert de garde-fou et sera là, demain, pour rappeler aux traitres de la Nation qu’ils n’avaient aucun droit à l’erreur. Chacun doit agir en son âme et conscience et personne ne peut se cacher derrière des subterfuges ou des nuances pour duper le peuple comorien.

 

Une opposition déboussolée

Une réunion a eu lieu ce samedi et a regroupé les principaux leaders de l’opposition. L’ordre du jour portait sur la participation ou non aux élections législatives d’Azali Assoumani prévues pour début 2020. Le seul fait de convoquer cette réunion prouve déjà le malaise particulièrement profond qui règne au sein de l’Union de l’opposition et du CNT. Comment peut-on se poser la question d’une éventuelle participation à une élection organisée par une personne qui n’a aucune légitimité ?

Au cours de cette réunion, deux tendances ont émergé. Une indignité supplémentaire. Il faut croire que certains de ceux qui se disent aujourd’hui opposés à Azali ne le sont vraiment pas. Ils sont prêts à mentir aux Comoriens, à revenir sur leur conviction pour faire les yeux doux au dictateur dans l’objectif d’obtenir un post.

Cinq personnalités, en particulier, soutiennent l’idée de participer, sous certaines conditions pour quelques-uns, aux législatives d’Azali Assoumani et ses nervis. Il s’agit de Nourdine Bourhane, d’Abdou Soeuf, de Souleiman, d’Oumouri et du très indécis Fahami Saïd Ibrahim qui n’a pas assisté à la réunion, mais dont les positions sont notoires.

Le cas de ce dernier est particulièrement inquiétant. Il semble patauger entre l’idée de rejoindre définitivement Azali et celle de rester fidèle au CNT. Il fait la saugrenue proposition de participer à ces élections après avoir discuté des contours avec Azali Assoumani. Il propose même une réforme de la CENI de Djaza, arguant le fait qu’en démocratie, les gens doivent pouvoir se parler.

Après sa sortie médiatique suicidaire d’il y a quelques jours où, l’ancien ministre de la justice, proche du parti Juwa, avait soufflé le chaud et le froid par crainte de froisser les uns et les autres, voilà qu’il semble un peu plus clair quant à ses motivations véritables : être député à tout prix. À l’égard de Fahami Said Ibrahim, notre propos est simple : les temps sont tellement durs que nul ne peut se prétendre neutre dans ce contexte de chaos. Votre indécision et vos tergiversations parlent pour vous. En pareille situation, Desmond Tutu dirait : ne pas être clair en situation d’injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur. Rejoignez définitivement Azali Assoumani. Houmed Msaidié et d’autres l’ont fait. Eux au moins, ont assumé leur choix. Nous devons connaître définitivement nos ennemis.

Un autre cas paraît singulièrement intrigant. Celui d’Abdou Souef dont le passé judiciaire laisse penser à une personne pour le moins sulfureuse. Ancien candidat aux gubernatoriales, il avait affirmé, au lendemain de la victoire supposée de Mme Farouata, avoir été volé et se disait déterminé à se battre pour faire éclater la vérité.

Ses trépidations n’ont jamais fait réagir le dictateur Azali Assoumani qui savait sans doute qu’il suffirait de lui parler d’élections pour le voir courir et oublier ses propos de la veille. Abdou Soeuf dit maîtriser les enjeux de la politique nationale plus que ceux qui sont à l’extérieur et qu’en ce sens, il n’est preneur d’aucune leçon.

Pourtant, au même moment, il propose qu’une délégation vienne discuter avec la diaspora quant à la position à adopter. Cinq personnes seront donc du déplacement, elles vont devoir payer cher un voyage à la rencontre d’une diaspora qui ne les recevra pas. En effet, la diaspora comorienne de France, en tout cas celle qui manifeste pour la démocratie aux Comores, est une diaspora de principe et lucide. Azali n’est pas notre président et en ce sens, il ne peut convoquer d’élections. Aucune réunion ne peut se tenir, en présence de la diaspora, au sujet d’une quelconque élection que ce soit, aussi longtemps qu’Azali Assoumani se maintiendra au pouvoir.

 

Une folie pure et simple…

En toute honnêteté, on a du mal à comprendre le comportement de ces opposants. Ils ont participé à toutes les élections d’Azali prétendant «manger un cadavre pour demeurer vivants.» Le cadavre avalé, au lieu de «demeurer vivants», ils en sont morts. Pourquoi reproduire les mêmes erreurs ? « La folie, disait Einstein, est de toujours se comporter de la même manière en s’attendant à un résultat différent. »

À l’occasion du vote de la loi d’habilitation, des députés parmi ceux qui se disent encore aujourd’hui de l’opposition ont siégé à l’hémicycle, reconnaissant ainsi, de fait, la légitimité d’Azali Assoumani qui les a conviés à ce vote.

Deuxièmement, ils formulent une requête en annulation auprès de la Cour-Suprême qu’ils prétendaient pourtant ne pas reconnaître. Là aussi, ils ont légitimé l’instance. Cette fois-ci, et nous le disons avec fermeté, le divorce sera consommé entre la diaspora manifestante et tout opposant qui participera à cette mascarade électorale. Notre position est d’autant plus ferme que nous considérons que participer à ces élections, pour le cas des membres de l’opposition, est un acte de haute trahison et que cela revient à choisir le camp des malfaiteurs. Alors nous nous comporterons avec vous comme nous nous comportons aujourd’hui avec l’ennemi en face. Notre opposition à votre égard sera sans relâche.

Il est d’autant plus inutile de participer à ces élections que nous en connaissons déjà l’issue désastreuse. Seuls cinq députés de l’opposition pourront passer. Le dictateur Azali Assoumani, selon

toute vraisemblance, a déjà tout planifié. Un député serait accordé au parti Juwa. Deux autres seraient respectivement accordés à l’UPDC et à Mouigni Baraka. Un député de l’opposition représenterait Anjouan et un autre Mohéli. Que cela n’étonne guère ! Le potentat Azali a déjà déposé un gouverneur démocratiquement élu pour nommer à sa place un administrateur de son choix.

 

Houmed Msaidie, Mohamed Daoud Kiki, Chayhane et d’autres ministres seront candidats aux législatives. La présidence de l’Assemblée de l’Union sera confiée à Kiki. Ainsi, les dés sont déjà jetés.

Pour autant, certains s’entêtent à vouloir participer à ces élections jouées d’avance. Le but d’Azali Assoumani est double. Diviser l’opposition d’une part et se voir reconnu par elle, d’autre part. C’est ce qui est sur le point de se produire. On voit mal en effet, comment on peut continuer à ne pas reconnaître Azali Assoumani après avoir participé à toutes ses élections.

Nous ne pouvons pas, d’une part, exiger un État de droit dans notre pays et d’autre part, nous comporter en irresponsables prêts à trahir le peuple pour des intérêts personnels. Nous ne pourrons bâtir cet État juste auquel nous aspirons sans un minimum de cohérence.

Nous prenons à présent, les Comoriens à témoins. La liste de nos ennemis est sur le point de s’allonger. Considérez comme tels, tous ceux qui participeront à ces prétendues élections. La diaspora comorienne, comme toujours, sera de votre côté pour combattre l’adversité d’où qu’elle vienne. L’hypocrisie, la lâcheté et l’égoïsme font partie des maux que nous devons combattre et aujourd’hui, hélas, certains des nôtres présentent ces caractéristiques nuisibles. Le peuple comorien ne peut être souillé. Nous devons en finir avec l’infamie de certains.

Omar MIRALI et Nourdine MBAÉ

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