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Covid-19 : l’épée de Damoclès

25 janvier 2021
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Covid-19 : l’épée de Damoclès
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Chaque jour, nous nous apercevons, sans équivoque, que la gestion de la crise sanitaire due à la covid-19 ressemble à un bateau sans commandant. Les autorités et la population ne sont pas complètement dans la riposte à ce virus. Par Hachim Mohamed

« Quand ceux qui devaient solutionner les problèmes auxquels le pays est confronté deviennent des facteurs concourants à enfoncer le pays dans le gouffre innommable dans lequel il périt à petits feux depuis l’indépendance. N’est-ce pas un malheur incommensurable qui bouche tous les horizons ? », s’emporte Idriss Mohamed dans son blog le 11 janvier en évoquant deux médecins qui ont attrapé la covid-19 à Mohéli et sont revenus à Moroni par avion avec d’autres officiels.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Aboudou Soefo, fait aussi part de son incrédulité dans un post sur son mur Facebook du 3 janvier : « Comment en sommes-nous arrivés là ? À ne plus avoir de l’empathie ? À perdre la notion de solidarité nationale ? À devenir cette société déshumanisée régie par le culte du « mashuhuli » ? Culte en effet, puisqu’on lui reconnaît une dimension « de supériorité, d’excellence et de sacré ».

Aux cris de ces deux personnalités du débat public comorien, on pourrait rajouter les indignations de ceux qui ont la menace de refus de l’aide venant de Mayotte parce que par crainte de détournement les autorités françaises souhaitaient l’acheminer directement sur l’ile de Mohéli sans passer par Ngazida ou Anjouan comme l’auraient souhaité les autorités comoriennes.

Ces interpellations de l’opinion sont d’autant plus importantes qu’une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête des Comoriens. Elles le sont aussi parce que tout citoyen, investi d’un mandat public ou d’une mission de service public, a le devoir de l’accomplir avec conscience, loyauté et probité et que la mise en œuvre du principe de précaution relève avant tout de la compétence et de la responsabilité de l’État.

S’agissant des professionnels de soins, au-delà de leur statut, ces deux médecins, membres du Sous-Comité scientifique ont foulé aux pieds leurs responsabilités éthiques, culturelles et pédagogiques.

Invité d’une radio de la place, Me Ahamada Mahamoud, ancien candidat aux présidentielles de 2019 et avocat de l’ancien président Sambi va au-delà de cette mentalité qui caractérise l’acte des deux médecins et demande des comptes aux politiques quant à l’aide internationale parvenu au pays : « Nous savons tous qu’il y a eu pour notre pays des aides pour faire face à la covid19. Le ministre de l’Économie M’saidié a même parlé d’un milliard à ce sujet. Pour ces secours qui devaient être destinés aux véritables concernés de notre société, personne ne sait où  ils sont  passés. Ce qui est choquant dans tout ça, c’est que deux  médecins du Sous-Comité scientifique contaminés qui n’arrêtent pas  de nous pomper l’air quand il s’agit du respect du protocole sanitaire comme s’isoler à Samba, ont montré leur véritable visage en ayant refusé de s’appliquer les directives ».

En tout état de cause, ce qui s’est passé étale les errements du pouvoir s’agissant de cette maladie. Évidemment, tant que l’autorité publique n’oblige pas les  médecins à assumer leurs responsabilités, que notre société continuera à accepter des excuses sociologiques pour maintenir à tout prix le culte du « mashuhuli » ou encore qu’on ne mettra pas en cause la responsabilité individuelle des fonctionnaires, nous continuerons à vivre avec cette épée de Damoclès sanitaire invisible au-dessus de nos têtes.

Le Sous-Comité scientifique ou même le Comité national de coordination personne ne sait vraiment où ils sont passés et leur rôle durant cette deuxième vague de malades et de morts plus terribles que lors de la première vague.

La gestion de la crise sanitaire se dilue dans d’obscurs labyrinthes bureaucratiques. Ces structures mises en place par le gouvernement se sont révélées n’être que des coquilles vides. Autrefois confiées au ministre de l’Économie, elles seraient à présent revenues à la ministre de la Santé.

Les autorités sanitaires doivent entendre ces protestations et cris du cœur provenant des citoyens et y réponde d’une manière urgente.

 

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