Le niveau de professionnalisme dans l’hôtellerie aux Comores est en phase de structuration et de montée en gamme, passant d’un accueil traditionnel à de standards internationaux via des formations.
Par Hachim Mohamed
Le 14 avril dernier, l’Institut universitaire de technologie (IUT) à Moroni a eu l’opportunité d’accueillir Nabihouddine Ahmed Abdou, cofondateur et Directeur Général responsable de la formation et du consulting (HCI), une agence spécialisée dans le tourisme, les loisirs et la culture. Il était accompagné d’Admer Izidine, cofondateur de la boite et Directeur Général Adjoint, en charge de l’administratif et du service Interim. Ils ont partagé devant 80 étudiants leurs expériences, leurs défis et des projets passionnants lors de cette rencontre.

33% vers la création de start-ups et 33% vers la poursuite
Fort d’une expérience préalable dans la formation aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, Ahmed Bacar, le Directeur de l’IUT a su adapter sa stratégie de communication en fonction des évolutions du marché du travail et des tendances émergentes. Interrogé sur le fonctionnement de l’IUT, Ahmed Bacar est sans détour : « On forme des jeunes dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie. C’est un secteur porteur. Du moment où nous sommes dans des îles, c’est une opportunité. Le problème est l’inadéquation entre la formation et les besoins réels du marché de l’emploi », affirme Ahmed Bacar avant de poursuivre. « Certes, il y a des enseignants qui dispensent des cours, mais il faut aussi que ces jeunes soient inspirés par des modèles de réussite. C’était donc l’objectif de la masterclass. »
C’est ce fonctionnement qui fait qu’« on à tous les ans, au minimum une vingtaine de jeunes qui, à défaut de créer leurs propres structures, des petites auberges, arrivent à s’insérer dans une structure ou des petits restaurants qui permettent de travailler ou de devenir des guides », a révélé le directeur.
L’enjeu se veut l’employabilité de nos jeunes.
Il y a trois ans, l’administration de l’IUT a revu sa vision. Pour le Directeur, les cours dispensés ont pour seul objectif de former. Mais, il estime qu’aujourd’hui, « il ne suffit pas de former : il faut aussi intégrer la dimension insertion professionnelle. L’enjeu est l’employabilité de nos jeunes. C’est fondamental. On doit créer les moyens permettant à ces jeunes d’être employables ».
Surfant sur les opportunités du secteur du tourisme, Ahmed Bacar estime qu’il y a dans le métier de l’hôtellerie et de la restauration une partie de passion et une autre d’exigence. Il insiste : « tu ne peux pas faire un travail de restauration si tu n’es pas passionné de ce travail, si tu n’es pas passionné. Il faut aussi des savoir-faire et des savoir-être.».
Le Directeur a aussi étayé son raisonnement en disant que « l’enjeu est d’amener des experts dans le domaine à venir discuter et échanger avec les étudiants pour mieux comprendre les métiers liés au tourisme, à la restauration et à l’hôtellerie. »
S’agissant des ambitions de l’IUT, Ahmed Bacar souhaite « ramener 33% de nos jeunes vers l’insertion professionnelle, 33% vers la création de start-up, des entreprises, des auberges et 33 vers la poursuite ». Sur cette base, l’IUT élabore tous les ans un programme pour les étudiants.
Un parcours riche et passionné
Dix-sept-ans ans d’expérience professionnelle, dont onze ans dans l’hôtellerie parisienne, sans compter les six ans à Itsandra Beach Hotel, où il a occupé successivement les postes de Directeur d’hébergement et Directeur par intérim responsable des opérations, Nabihouddine Ahmed Abdou incarne parfaitement l’alliance entre parcours riche, passion et profession.
Avec un BTS Hôtellerie-Restauration option gestion et marketing au Lycée hôtelier de Guyancourt, il a forgé son expertise à travers diverses aventures liées au tourisme, acquérant ainsi une vision approfondie du secteur.
« Je pense qu’il y a un peu trop de méconnaissance dans le métier de la part des étudiants et trop d’appréhension par les parents. Et pourtant, ce sont des métiers qui sont porteurs et permettent le développement personnel », affirme-t-il.
« On avait 80 élèves dans la salle, mais ce qui m’a fait plaisir, c’est que j’avais 80 au début et 80 à la fin. Pour moi, c’est un succès. », renchérit-il.
Nabihoudine Ahmed Abdou est parmi les personnes actives qui vont agir pour que les Jeux des Iles de l’Océan indien se passent bien. Il travaille en étroite collaboration avec le gouvernement comorien, élaborant des stratégies sur mesure pour répondre à des besoins spécifiques. Il croit dur comme fer que le gouvernement fera le suivi pour que cela aboutisse.
« À mon niveau, je ferai en sorte de pouvoir contribuer à la formation des personnes qui voudront entrer dans ce métier. Je donnerai toute mon énergie pour accompagner les hôtels qui pourraient ouvrir également », conclut-il.














