Natif de Simbusa Pimba, Mirsoid Ibrahim nous a servi, au mois d’octobre, ses « Matins insurgés » comme un petit-déjeuner poétique. Il nous invite à les déguster avec les mains, comme on partage un repas fraternel.
Par Abdillah Mmadi Nadjhata, Étudiante en Lettres modernes françaises. Université des Comores
Ce recueil, riche en émotions et en profondeur, devient notre nourriture spirituelle. Car on est tous affamés : affamés de justice, d’amour et de sagesse.

Alors que le monde s’endort dans l’injustice, la maltraitance et la mauvaise gouvernance, notre jeune poète s’est éveillé pour nous offrir sa vision du monde, son affection pour les siens et son amour profond pour son pays.
Mirsoid est un poète engagé, déterminé et talentueux.
Je me souviens de ses textes et poèmes publiés bien avant la naissance de ses « Matins insurgés ». À travers eux, on voyait déjà poindre un poète qui s’apprêtait à faire de ses mots des scalpels pour disséquer la cruauté et l’injustice qui sévissent sur notre planète.
Je me rappelle l’un de ses chefs-d’œuvre que j’ai lus sur les réseaux sociaux : « Mon pays.» Un poème qu’il a eu la sagesse d’intégrer à son recueil. Un texte vrai, bouleversant, qui fait frissonner quiconque le lit, car il dénonce, sans détour, les maux qui rongent notre nation.
Mirsoid est une voix. Une voix pour les sans-voix.
L’on se rappelle aussi de ce chef-d’œuvre intitulé « Une famille décimée », et je me surprends à me demander s’il figure parmi les poèmes intégrés à son recueil. À travers ce texte, Mirsoid a su émouvoir tout un peuple, car il porte la voix des victimes d’un régime dictatorial d’un pays africain, qui a les apparences du nôtre. J’espère sincèrement que ce poème a trouvé sa place dans « Matins insurgés », car sa présence rendrait l’œuvre encore plus percutante et poignante.
Mirsoid est ce jeune poète qui ne cesse de rêver d’un monde meilleur pour son pays.
Son recueil est un cri d’espoir, un appel au courage et à la retenue pour les opprimés.
Je vous invite à lire l’un de ses plus beaux textes, dans lequel il rêve de voir les Comores devenir un paradis de paix, un jardin fleuri où « la paix et le pain font le plus beau couple du moment ».
Je rassure ce jeune poète : ce rêve sera exaucé, tôt ou tard, tant que nous continuerons à espérer, à lutter et à traquer à coups de plumes ceux qui ont transformé notre pays en cachot de sang et de misère.
À travers ce recueil, on découvre un Mirsoid amoureux, lucide, parfois humoriste,
qui prend la place du coq pour réveiller nos consciences de bon matin.
Ce jeune poète au cœur lourd appelle à la révolution des jeunes Comoriens.
Il nous montre que les Comores ne comptent que pour nous-mêmes.
Chaque poème illumine notre humanité. On se découvre tels que nous sommes, en vérité. Il vise à éveiller la pensée comorienne et à éclairer l’avenir de notre nation.
Ce recueil rafraîchit les esprits, purifie les âmes et redonne la volonté d’agir selon la raison.
Mirsoid Ibrahim, Matins insurgés, Le lys bleu, 2025, 109p.















