Au mois d’octobre, alors que se prépare le budget de l’État pour l’année 2027, une question essentielle mérite d’être posée : quelle place les préoccupations quotidiennes des Comoriens occupent-elles dans les choix budgétaires de la nation ?
Par Soilihi Djanfar IDAROUSSE,de Serehini-Bambao; jeune engagé en Politique
Derrière les recettes et les dépenses publiques, il y a la réalité des familles, les difficultés des jeunes à accéder à l’emploi, les besoins des établissements scolaires, les défis du système de santé, le coût de l’électricité et les attentes des communes en matière de développement.
Le budget de l’État ne doit donc pas être considéré comme un simple document comptable. Il constitue un instrument majeur de politique publique, dont les orientations peuvent avoir des conséquences directes sur les conditions de vie de la population.
Des priorités budgétaires au service de la population
Dans un contexte où les ressources publiques sont limitées et les besoins nombreux, les choix budgétaires exigent de la rigueur, de la responsabilité et une vision à long terme.
L’élaboration du budget 2027 doit notamment permettre de réfléchir aux moyens de soutenir le pouvoir d’achat des ménages, de renforcer les services publics, de favoriser l’emploi des jeunes et d’accompagner le développement économique local.
Il est également important de s’interroger sur l’efficacité des dépenses publiques. Au-delà des montants annoncés, les citoyens doivent pouvoir comprendre les objectifs poursuivis, les résultats attendus et les mécanismes prévus pour contrôler l’utilisation des ressources de l’État.
La question n’est pas seulement de savoir combien l’État dépense, mais aussi de déterminer si ces dépenses répondent réellement aux besoins prioritaires du pays.
Les citoyens doivent prendre part au débat
Le débat budgétaire ne devrait pas être l’affaire exclusive des institutions et des spécialistes des finances publiques. Les citoyens, les jeunes, les entrepreneurs, les associations, les organisations professionnelles et les collectivités locales ont également leur place dans cette réflexion nationale.
Leurs expériences quotidiennes peuvent contribuer à mieux identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et à proposer des solutions adaptées aux réalités économiques et sociales des Comores.
C’est pourquoi j’invite les citoyens comoriens à s’intéresser davantage aux orientations du budget 2027, à exprimer leurs préoccupations et à formuler des propositions constructives.
Cette participation citoyenne ne remplace pas le rôle constitutionnel de l’Assemblée nationale. Elle peut toutefois enrichir le débat public et favoriser une meilleure prise en compte des attentes de la population.
Transparence et responsabilité dans la gestion publique
La confiance entre les citoyens et les institutions repose notamment sur la transparence, la redevabilité et la bonne gestion des ressources publiques.
À cet égard, le budget 2027 représente une occasion de renforcer l’information du public sur les recettes de l’État, les priorités de dépenses et les résultats obtenus grâce à l’argent public.
Les institutions concernées ont un rôle essentiel à jouer pour rendre les choix budgétaires compréhensibles et permettre aux citoyens de suivre leur mise en œuvre.
Une gestion responsable ne se limite pas à l’adoption d’un budget. Elle suppose également un suivi régulier de son exécution et une évaluation des résultats.
Faire du budget 2027 un engagement envers les Comoriens
L’avenir économique et social des Comores dépend aussi de notre capacité collective à définir des priorités réalistes, à utiliser efficacement les ressources disponibles et à mesurer les résultats des politiques publiques.
Le budget 2027 doit ainsi ouvrir un débat dépassant les seuls chiffres pour s’intéresser à ses effets concrets sur la vie des citoyens.
L’enjeu est de rapprocher les décisions publiques des réalités du terrain, de renforcer la confiance dans les institutions et de faire de la gestion budgétaire un véritable levier de développement.
Car un budget ne se mesure pas uniquement aux montants qu’il mobilise, mais aussi à sa capacité à répondre aux besoins de la population. Chaque franc comorien dépensé doit faire l’objet d’une gestion responsable et contribuer, dans la mesure des objectifs fixés, à l’intérêt général.
Le budget 2027 est donc une responsabilité institutionnelle, mais aussi un sujet d’intérêt national qui mérite l’attention et la contribution de tous les Comoriens.



