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jeudi 15 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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Les hôpitaux de Ngazidja confrontés à une pénurie alarmante de médecins

Lecture 4 min

Les établissements hospitaliers de Ngazidja font face à une pénurie persistante de médecins et d’infirmiers. Entre effectifs insuffisants, recours massif aux vacataires et difficultés à assurer les gardes, les structures sanitaires de l’île peinent à répondre efficacement aux besoins de la population. Une situation qui inquiète les acteurs du secteur et pose la question de l’avenir du système de santé.

Par AP

Des effectifs insuffisants pour répondre aux besoins

Le manque de personnel médical dans les hôpitaux de Ngazidja n’est pas un phénomène nouveau. Cependant, les difficultés semblent aujourd’hui atteindre un niveau préoccupant. Dans plusieurs districts sanitaires, les responsables hospitaliers font face à une insuffisance chronique de médecins, d’infirmiers et de personnels spécialisés.

Cette réalité affecte directement l’organisation des soins. Dans certains établissements, les équipes en place doivent assurer une charge de travail importante afin de maintenir les services ouverts. Les gardes de nuit et de week-end deviennent particulièrement difficiles à organiser, faute d’effectifs suffisants.

Les besoins concernent aussi bien la médecine générale que certaines spécialités médicales. Plusieurs hôpitaux dépendent largement de médecins vacataires dont les prestations sont financées sur leurs propres ressources. Une situation qui fragilise davantage des établissements déjà confrontés à des contraintes budgétaires importantes.

Le poids grandissant des vacataires et contractuels

Face à l’absence de personnel fonctionnaire en nombre suffisant, les directions hospitalières ont progressivement recours à des médecins contractuels et vacataires afin d’assurer la continuité des soins. Dans certains établissements, ces agents représentent désormais la majorité du personnel médical.

Si cette solution permet d’éviter une interruption des services, elle engendre toutefois des coûts considérables. Les hôpitaux doivent mobiliser une partie importante de leurs recettes pour rémunérer ces professionnels, réduisant ainsi leurs capacités d’investissement dans d’autres domaines essentiels, comme les équipements, les infrastructures ou l’achat de médicaments.

Cette dépendance croissante vis-à-vis du personnel non titulaire soulève également des interrogations sur la stabilité des effectifs à long terme.

Des gardes difficiles à assurer

L’une des principales conséquences du déficit en ressources humaines concerne l’organisation des gardes. Dans plusieurs structures, le nombre limité de médecins disponibles ne permet pas toujours d’assurer une couverture optimale des services.

Cette situation oblige parfois les établissements à mettre en place des solutions provisoires pour maintenir la permanence des soins. Les responsables hospitaliers estiment que cette organisation ne peut constituer une réponse durable aux difficultés actuelles.

Le manque d’infirmiers constitue également un défi majeur. Dans de nombreux services, les effectifs restent insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins quotidiens. Les agents en poste doivent souvent assumer des responsabilités supplémentaires afin de garantir le fonctionnement des structures.

Une gestion des ressources humaines à repenser

Au-delà de la question des effectifs, plusieurs observateurs mettent en avant les limites du système actuel de gestion des ressources humaines dans le secteur hospitalier.

Le fonctionnement d’un hôpital repose sur une présence continue du personnel médical et paramédical. Pourtant, les mécanismes administratifs en vigueur ne semblent pas toujours adaptés aux réalités du terrain. Les besoins spécifiques des établissements sanitaires nécessitent une organisation plus souple et davantage orientée vers la continuité des soins.

Par ailleurs, parmi les difficultés rencontrées, on note le non-respect des horaires de travail par certains agents. Dans un contexte marqué par une pénurie de personnel, chaque absence ou réduction du temps de présence a des répercussions importantes sur l’ensemble du service.

Des disparités entre établissements

La répartition des ressources humaines apparaît également comme un enjeu central. Certains établissements disposent davantage de personnel que d’autres, créant des disparités dans l’accès aux soins selon les régions de l’île.

Plusieurs acteurs du secteur plaident pour une meilleure planification des affectations et un déploiement des professionnels de santé en fonction des besoins réels de chaque district sanitaire. Une telle démarche permettrait d’atténuer les déséquilibres observés entre les différents établissements.

Face à cette situation, la question du personnel hospitalier mérite désormais d’être au cœur des préoccupations du secteur sanitaire. Les responsables doivent prendre des mesures dans les prochains mois pouvant apporter des réponses durables à cette problématique qui affecte directement la prise en charge des patients et le fonctionnement quotidien des hôpitaux de Ngazidja.

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