Le 18 décembre dernier, pour ponctuer l’année 2021, la plateforme pour la promotion de l’entrepreneuriat aux Comores (Comoropreneuriat) a lancé le concours Kalamu. C’est un concours de « rédaction d’articles qui portera sur l’entrepreneuriat et le développement économique aux Comores » selon l’annonce de la plateforme sur sa page Facebook. Par Nezif-Hadj Ibrahim
Dynamiser le jeune par la réflexion sur les questions d’entreprise et d’économie
En tout, treize jeunes candidats ont été sélectionnés pour participer au concours. Le premier sujet sur lequel ils étaient appelés à rédiger des articles portait sur l’Éducation et son rapport avec le développement d’un pays. Selon les organisateurs du concours « l’Éducation aux Comores n’a jamais été la priorité pour les gouvernements successifs et les filières enseignées à l’université ne sont pas en adéquation avec le monde de l’entrepreneuriat » d’où le choix du premier sujet du concours : « quelle éducation transmettre aux jeunes Comoriens afin de les aider à se préparer à la création d’emplois et richesses de demain ? ».
Sur ce sujet, les participants du concours ont apporté chacun sa vision de l’éducation et sa relation avec l’entrepreneuriat. Pour Saïd Omar Saïd Antoisse, lauréat du concours, « l’éducation est un facteur éducatif permettant d’accélérer la richesse des Comores » (sic), tandis que pour Djohar Said Abdou, demi-finaliste, la référence c’est d’abord Nelson Mandela en citant une de ses célèbres phrases, « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer un pays ». Dans une autre mesure, Abdou Houmadi insiste sur un autre aspect sur lequel « l’Éducation doit être axée », il s’agit de « la compétitivité, la créativité et l’innovation ». Somme toute, les candidats ont avancé des vœux pieux sur l’Éducation tout en relevant ses défaillances par rapport à la question de l’entrepreneuriat et le développement.
Une initiative qui promeut l’engagement des jeunes
En demi-finale et finale, les organisateurs du concours ont proposé comme sujet respectivement « l’agriculture comme levier considérable pour le développement des Comores. Malgré cela, nous n’avons pas assez d’entreprises agricoles dans le pays, quelles sont les contraintes et quelles mesures doivent être prises pour inciter les jeunes Comoriens à embrasser ce métier et ainsi développer le secteur ? » et « les Comores ont beaucoup investi ces dix dernières années, dans le secteur des télécoms, notamment dans l’amélioration du dispositif réglementaire ainsi que la création d’un certain nombre de structures de régulation et d’expertise telles que l’Anrtic, l’Anaden et Comores Câbles. Pourtant, on observe que le pays a toujours du mal à s’intégrer dans le dynamisme de la révolution numérique. Quels en sont les freins et que suggérez-vous pour remédier à ce décalage ? ».
On a donc invité les demi-finalistes et finalistes à réfléchir sur le volet de l’agriculture et des NTIC aux Comores dans des perspectives de développement du pays. Nadhra Saïd Nouhou a, pour le compte de la demi-finale, abordé une approche pragmatique en soulignant que « l’implication des jeunes dans l’agriculture comme levier pour mettre fin à la faim et à la pauvreté aux Comores ». Cet angle a été aussi exploité par sa consœur Sofia Mihidjahi pour qui « développer l’agriculture, c’est développer le premier secteur employeur aux Comores ». La question des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication a vu Yassine Aboubacar s’atteler à montrer l’indispensabilité du secteur.
Pour Comoropreneuriat, tout comme Yassine Aboubacar, le concours assure un échange essentiel pour l’entrepreneuriat aux Comores.
Organiser un concours de rédaction d’articles pour inviter les jeunes a non seulement contribuer à la réflexion de l’entrepreneuriat aux Comores, mais aussi à mobiliser leurs capacités intellectuelles et leur sensibilité a répondu aux objectifs déterminés par la plateforme Comoreuprenariat. Abdülghani Mohamed Kafi, membre fondateur de la plateforme, avance comme objectif « valoriser les connaissances et les talents d’écriture des jeunes Comoriens ; rassembler la communauté autour d’un projet visant à la pensée critique ; poser le débat de l’entrepreneuriat aux Comores ; échanger l’avenir des secteurs économiques importants pour le développement économique du pays notamment l’éducation, l’agriculture le digital… ». L’objectif a été atteint vu la mobilisation sur Facebook pour ce concours. Du côté des candidats, Yassine Aboubacar affirme avoir été « ravi de participer au concours Kalamu. » Il ajoute que « de un, c’est un challenge du fait que je participe à un tel concours et la sensation d’être lu et corrigé par des professionnels en la matière. De deux, cela m’a permis d’avoir plus de visibilité ».
Enfin de compte, l’initiative du concours Kalamu apparait comme une grande opportunité d’engagement intellectuel pour les jeunes créé par des jeunes.


