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jeudi 15 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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Bac 2026. Mohéli en tête, Anjouan décroche et la fraude jette une ombre sur la session

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Les résultats du premier groupe du baccalauréat 2026 sont désormais connus. Si Mohéli s’impose comme l’île la plus performante, suivie de Ngazidja, Anjouan enregistre les résultats les plus faibles de l’archipel. Au-delà des chiffres, cette session est également marquée par une recrudescence des cas de fraudes.

Par Anoir Ahamadi

Mohéli confirme sa progression

Avec 46,31 % d’admis dès le premier groupe, Mohéli se classe première des trois îles. Sur 1 531 candidats présents, 709 ont décroché leur baccalauréat, tandis que 467 autres sont autorisés à se présenter aux épreuves du second groupe.

Les résultats témoignent d’une certaine homogénéité dans plusieurs sous-centres. Nioumachoi réalise la meilleure performance avec 57% d’admis, devant Fomboni II (54,85%). En revanche, Wanani ferme la marche avec 28,30%, tout en enregistrant deux cas de fraude.

Ngazidja résiste, mais reste en dessous des attentes

Deuxième au classement national, Ngazidja affiche un taux de réussite de 37,48 % avec 2 259 admis sur 6 027 candidats présents.

Les performances varient fortement selon les séries. La série C domine largement avec 63,91 % d’admis, tandis que la série G ne dépasse pas 17,78 %. La série A4, qui concentre le plus grand nombre de candidats, n’obtient que 29,30 % de réussite. Concentrant la plus grande part des candidats au Bac, Ngazidja enregistre également le plus grand nombre de cas de fraude de l’Union, avec 111 candidats sanctionnés lors des épreuves.

Anjouan, une session médiocre

Avec seulement 25,03 % d’admis au premier groupe, Anjouan occupe la dernière place du classement national. Sur 5 370 candidats présents, seuls 1 344 ont été déclarés admis.

Le contraste entre les sous-centres est frappant. Tsembehou (39,73 %) et Ouani (38,12 %) obtiennent les meilleurs résultats, alors que Bandramaji enregistre le taux de réussite le plus faible de toute l’île avec 5,24 % seulement.

Ce résultat particulièrement préoccupant relance les interrogations sur les causes de cet échec massif. Faut-il y voir un manque de préparation des candidats, une négligence dans l’encadrement pédagogique ou un niveau général insuffisant des élèves ? La question reste ouverte.

La fraude sévèrement réprimée

Cette session 2026 restera également marquée par la fermeté des autorités chargées de l’organisation des examens. Près d’une trentaine de candidats ont été exclus ou sanctionnés pour fraude à Anjouan, principalement pour l’utilisation de téléphones portables et de brouillons préconçus.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le président du jury à Anjouan, Dr Soulé, originaire de Ngazidja, a appliqué avec rigueur le règlement de l’examen. À lui seul, il aurait surpris une vingtaine de fraudeurs dans différents sous-centres, contribuant ainsi à renforcer la crédibilité de cette session.

« Le bac était pourtant abordable »

Pour Kamal Abdillah, enseignant, les mauvais résultats ne peuvent être imputés à la difficulté des sujets.

« Le baccalauréat était pourtant facile cette année. Malheureusement, certains candidats ne se préparent pas sérieusement et préfèrent tenter de tricher plutôt que de compter sur leurs connaissances », confie-t-il. Un constat qui alimente le débat sur le sérieux de certains candidats et sur la nécessité de renforcer la culture de l’effort et de l’intégrité dans le système éducatif.

Un classement qui interpelle

Au terme du premier groupe, le classement des trois îles est sans appel : Mohéli arrive en tête avec 46,31 % de réussite, devant Ngazidja (37,48 %), tandis qu’Anjouan ferme la marche avec 25,03 %.

Au-delà des statistiques, cette session 2026 met en lumière des disparités importantes entre les îles. Elle rappelle aussi que la lutte contre la fraude demeure un enjeu majeur pour préserver la crédibilité du baccalauréat. Si la vigilance accrue des jurys a permis de sanctionner plusieurs candidats en infraction, les faibles performances observées, notamment à Anjouan, invitent surtout les acteurs de l’éducation à s’interroger sur la qualité des apprentissages, le suivi pédagogique et la responsabilité des candidats eux-mêmes face à cet examen décisif.

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