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L’archipel des Comores sous la violence

1 novembre 2021
Temps de lecture : 4 mins
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Azali. La division
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Dans l’ensemble de nos îles, la violence augmente progressivement. Il n’y a aucune île qui est épargnée. Une violence devenue omniprésente dans tous les domaines. Une violence sociale, une violence économique, une violence politique, une violence visible même dans les réseaux sociaux où est devenu facile d’accuser sans preuve, d’insulter de façon délibérée et sans gêne. Par Abdulrahim Bacari

Dans les trois îles indépendantes comme à Mayotte, restée française, l’inquiétude est grande. Personne ne se sent réellement en sécurité. Les institutions censées protéger les habitants de l’archipel apparaissent toutes bien faibles face aux diverses violences.

C’est sans aucun doute la violence politique qui donne naissance à toutes les violences que connaissent les Comores.

La violence politique

Les choix et préoccupations politiques de nos dirigeants ont plongé toutes nos îles dans l’instabilité. Dans les Comores indépendantes, on constate visiblement le manque d’une Justice républicaine véritable, capable de corriger les déviances de certains dirigeants qui se croient tout permis. Des dirigeants qui développent une politique qui ruine progressivement le pays et installe de façon durable la pauvreté. C’est celle-ci qui peut en partie expliquer le développement de la violence. C’est la pauvreté qui contraint certains cadres à vendre leur dignité à vil prix, le plus souvent pour pouvoir assurer leur quotidien. D’autres femmes et hommes de tous âges font violence à leur corps en se prostituant pour vivre. Tout simplement, parce que les choix politiques faits par nos dirigeants ne profitent qu’à une infime minorité de la population. Le tissu social traditionnel qui caractérise notre pays depuis des siècles est mis à mal. La souffrance prend le dessus et provoque malheureusement des violences inouïes.

La violence économique

Les politiques ont fait le choix, à travers la loi de finances, d’augmenter les taxes et les impôts de toutes sortes, ce qui a pour conséquence de faire monter les prix des produits de première nécessité et de rendre encore plus difficile le quotidien des Comoriens.lls ont augmenté les taxes partout pour pouvoir par la suite utiliser les caisses des sociétés d’État pour des voyages couteux et sans aucune mesure avec la vie de la population. La rupture entre eux et le peuple est telle qu’ils sont capables de tenter de justifier par un communiqué l’utilisation de plus de 30 millions FC (soit plus de 60 000 euros) pour le voyage du ministre des Finances Kamalidine Souef, le commissaire au Plan, Fouad Goulam et le conseiller du Président Oubeidi Mze Cheih aux États-Unis.

Bref, ils ont rendu extrêmement chère la vie des Comoriens, mais les victimes n’ont pas le droit de manifester leur colère sous peine d’être victimes de violences policières et militaires.

Les videurs des caisses de l’État sont les premiers responsables de toutes ces violences. À cause de la dilapidation de l’argent public pour leur confort injustifié, nos enfants n’ont pas d’écoles dignes, ne bénéficient plus des formations continuelles solides, parce que les enseignants ne sont pas payés, ou parce qu’en période de pluie, les salles sont infréquentables puisqu’elles inondées. Des phénomènes dangereux qui augmentent le taux du décrochage scolaire de beaucoup d’enfants que l’on retrouve partout devenus adultes sans aucune formation.

La violence judiciaire

Le manque de Justice républicaine aux Comores ouvre une brèche pour qui se sent capable de se faire justice et pour qui veut régler ses comptes avec qui le dérange. Depuis un moment, nous assistons à des meurtres et assassinats, à des violences sexuelles faites aux femmes et aux mineur(e)s sans qu’une enquête soit ouverte pour que justice soit faite. Combien de femmes, de petites filles et petits garçons ont été violés ces dernières années ? Les associations de lutte contre toutes ces violences telles « P’tit ange », « Mwana Tsi wa Mdzima » pour ne citer que celles-là déposent des plaintes en vain, mais ce sont toujours les bourreaux qui s’en sortent sans tâche, innocents comme quand ils sont sortis des ventres de leurs mères. La justice comorienne est la source de toutes les violences. L’impunité protège les malfaiteurs.

Mayotte : une délinquance toujours en hausse

À Mayotte, malgré la présence française, on retrouve aussi des jeunes sans formation. Ici, ils sont plus dangereux parce qu’ils sont capables de tuer pour survivre. Ils tuent pour une pièce d’un euro. On trouve dans ces jeunes un peu de tout. Des enfants de parents maorais, Anjouanais, Grand-Comoriens, Mohéliens, Français…

Beaucoup parmi ces jeunes ont soit perdu un ou les deux parents en mer et se trouvent seuls, soit qu’ils ont des parents qui n’ont pas les papiers français pour pouvoir vivre librement à Mayotte. Beaucoup n’ont pas été scolarisés, d’autres scolarisés, mais ont décroché très tôt par manque d’encadrement. L’État français est dépassé. Il n’arrive pas à proposer des solutions à tous ces jeunes qui sont devenus des armes ambulantes très dangereuses pour les habitants de Mayotte.

Ces jeunes s’empennent aux jeunes collégiens et lycéens. Ils caillassent les cars et bus qui assurent le transport scolaire. Les bagarres entre bandes de jeunes rivales sont devenues monnaie courante. Des bagarres à l’arme blanche qui ont provoqué la mort de plusieurs lycéens et collégiens. Un contexte inquiétant qui mérite des échanges sérieux entre politiques maorais et dirigeants des trois îles indépendantes pour éviter le pire dans les années à venir.

L’augmentation des voyous, des tueurs que ce soit dans une île ou dans une autre, c’est tout l’archipel qui paiera le prix.

À Mayotte, les habitants accusent la Justice républicaine d’être laxiste. Un laxisme qui pousse certains à se faire justice avec toutes les conséquences que cela peut induire dans la société.

 

 

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