Les comoriens vivent des moments difficiles. Et, leur respect ne se mesure pas seulement aux discours prononcés lors des cérémonies officielles ou aux décisions prises dans les bureaux de l’administration. Il se mesure aussi à la capacité du Chef de l’État d’écouter son peuple, d’entendre ses inquiétudes et, surtout, de lui répondre.
Aujourd’hui, le Chef de l’État est interpellé par le peuple sur des sujets qui touchent directement à la vie quotidienne. La question de l’eau, la criminalité, l’insécurité, le coût de la vie, l’état des services publics et tant d’autres préoccupations occupent les conversations dans les familles, les quartiers et les villages. Ce ne sont ni des sujets secondaires ni des préoccupations partisanes. Ce sont des questions d’intérêt général.
Le peuple vous parle lorsqu’une famille passe plusieurs jours, semaines, mois et années, sans voir couler l’eau au robinet. Il vous parle lorsqu’un citoyen doit dépenser des sommes considérables pour acheter de l’eau afin de satisfaire les besoins les plus élémentaires de sa famille. Il vous parle lorsque l’insécurité et la criminalité suscitent l’inquiétude et parfois la peur. Face à cela, le silence au sommet de l’État devient difficilement compréhensible.

Certes, le Chef de l’État ne peut pas répondre personnellement à toutes les interpellations. Il ne peut pas régler seul tous les problèmes du pays. Mais il a une responsabilité particulière : donner une direction, expliquer l’action de l’État, rassurer la population et rendre compte des mesures prises pour répondre aux difficultés nationales. C’est précisément ce que les citoyens sont en droit d’attendre de leur Chef d’État. Ainsi, répondre au peuple n’est donc pas une faiblesse, c’est plutôt une marque d’autorité.
Dans une République respectueuse de ses citoyens, lorsque la population s’inquiète, le pouvoir doit écouter. Lorsque la population questionne, le pouvoir doit expliquer. Lorsque la population souffre, le pouvoir doit agir. Et lorsque les difficultés persistent, le pouvoir doit rendre compte. Le silence ne peut pas devenir une politique publique.
Sur la question de l’eau, les comoriennes et les comoriens attendent de savoir quelles mesures concrètes sont envisagées pour sortir durablement de cette crise. Ils ne veulent plus seulement des annonces ou des promesses : ils veulent un calendrier, des responsabilités clairement établies et des résultats.
Sur la criminalité et l’insécurité, les citoyens veulent savoir quelle stratégie nationale est mise en œuvre pour protéger les personnes et les biens, renforcer les forces de sécurité et garantir à chacun le droit de vivre dans la tranquillité.
Sur le coût de la vie et la dégradation des services essentiels, ils attendent également des réponses précises et des engagements à la hauteur de leurs difficultés.
Répondre au peuple, c’est aussi accepter le débat.
Le Chef de l’État ne doit pas seulement s’adresser à la population lorsque le gouvernement a une bonne nouvelle à annoncer. Il doit également parler lorsque le pays traverse des périodes difficiles. C’est dans les moments de crise que sa parole prend toute son importance.
Une intervention solennelle sur les grandes préoccupations nationales permettrait non seulement d’informer les citoyens, mais aussi de restaurer la confiance. Elle permettrait de dire ce que l’État sait, ce qu’il fait, ce qu’il ne peut pas encore faire et dans quels délais il entend apporter des solutions. Le peuple ne demande pas l’impossible. Il demande simplement à être considéré, écouté et respecté.
Le peuple comorien n’attend pas nécessairement de l’autorité publique qu’elle présente une réponse immédiate à chaque problème. Il attend d’elle qu’elle reconnaisse les difficultés, qu’elle assume ses responsabilités et qu’elle indique clairement le chemin à suivre.
Le moment est venu de parler au peuple.
Le 12 août 2026. AHMED Mohamed alias Ben, Coordinateur Général du ROC














