Masiwa – Quels sont les objectifs du deuxième Congrès de NYK ?
Mahafidh Ibrahim – Le deuxième Congrès marque une étape importante pour NYK, qui passe d’une phase de réflexion et de construction à une phase de consolidation et de préparation à l’exercice des responsabilités nationales. Trois objectifs sont au cœur de cette rencontre : le renouvellement démocratique des instances dirigeantes, l’adoption des textes fondamentaux du mouvement, notamment le Corpus doctrinal, le Mradi wa Ntsi, la Charte de gouvernance et la Méthode Naribarikishe et la préparation de NYK à gouverner avec une vision claire, une méthode éprouvée et des équipes compétentes.
Propos recueillis par MiB

Masiwa – En quoi votre parti se distingue-t-il des autres formations de l’opposition ?
Mahafidh Ibrahim – Notre singularité réside dans notre démarche. Contrairement aux partis construits autour d’une personnalité ou d’une échéance électorale, le mouvement affirme s’être structuré autour d’un projet de société élaboré grâce à un long travail de réflexion, de consultations et d’expertise. Son approche de recherche-action privilégie l’écoute des citoyens et l’analyse des réalités du pays. Le Mradi wa Ntsi est présenté comme une vision de long terme visant à transformer durablement les Comores, restaurer la confiance dans les institutions, développer une économie productive et renforcer la justice sociale.
Masiwa – NYK est souvent perçu comme un parti discret, voire un parti de la diaspora. Que répondez-vous ?
Mahafidh Ibrahim – Le mouvement assume avoir privilégié la préparation d’un projet national plutôt que la visibilité médiatique. Si la diaspora a joué un rôle important grâce à ses compétences et à sa capacité de mobilisation, NYK se définit comme un mouvement national rassemblant des Comoriens des îles comme de l’étranger. L’objectif n’était pas de créer un parti supplémentaire, mais de proposer une autre manière de faire de la politique. Après cette phase de construction, NYK entend désormais renforcer sa présence sur l’ensemble du territoire.
Masiwa – Quelle est votre position vis-à-vis des regroupements de l’opposition au président Azali Assoumani ?
Mahafidh Ibrahim – Pour NYK, les enjeux nationaux dépassent les intérêts partisans. Le mouvement se dit favorable au dialogue entre les forces démocratiques partageant les mêmes objectifs, à condition que les alliances reposent sur un projet commun et des valeurs clairement définies. Il plaide pour une convergence capable de proposer une alternative fondée sur la reconstruction de l’État, le développement économique, le renforcement de la justice, la protection de l’environnement et la préparation des générations futures.
Masiwa – Pourquoi présenter un candidat à la prochaine présidentielle et qui sera-t-il ?
Mahafidh Ibrahim – NYK estime être désormais prêt à exercer les responsabilités gouvernementales après plusieurs années consacrées à l’élaboration d’un projet de société, à la formation de ses cadres et à la définition d’une méthode de gouvernance. Le candidat sera désigné selon les règles démocratiques du mouvement. Le parti insiste toutefois sur le fait que l’essentiel n’est pas le nom d’une personne, mais la capacité à porter le Mradi wa Ntsi. Son ambition est moins de remporter une élection que de réussir une transformation durable des Comores.
Masiwa – Les conditions sont-elles réunies pour organiser des élections équitables ?
Mahafidh Ibrahim – Le mouvement rappelle que la crédibilité d’une démocratie repose sur la confiance des citoyens dans les institutions électorales. Il appelle l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels et de la société civile à créer les conditions d’élections transparentes, inclusives et apaisées. NYK affirme continuer à défendre l’État de droit, l’indépendance des institutions, l’égalité entre les candidats, la transparence du scrutin et le respect de la volonté populaire.
Masiwa – Qui sont les prétendants à la direction du parti à l’issue de ce Congrès ?
Mahafidh Ibrahim – NYK souligne que plusieurs militants se sont portés candidats aux responsabilités, ce qui témoigne, selon le mouvement, de sa vitalité démocratique. Le Congrès permettra aux adhérents de choisir librement leurs dirigeants dans le cadre d’une gouvernance collégiale privilégiant le projet collectif plutôt que les ambitions personnelles. Au-delà des personnes, le mouvement affirme partager une même ambition : mettre en œuvre le Mradi wa Ntsi, servir les Comores avec intégrité et contribuer à la transformation durable du pays.















