L’association Mvukisho Ye Masiwa a lancé la 5e édition de sa campagne contre les violences basées sur le genre, à Itsandra, le 13 octobre dernier. Cette édition place les écoles au cœur du nouveau format du « Mwendo wa Dzihiro ».
Par Hachim Mohamed
Le lancement de la 5e édition de « Mwendo wa dzihiro », consacrée à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire, a eu lieu le 13 octobre 2026, dans la ville d’Itsandra (Ngazidja). Le public, composé de jeunes activistes, de représentants d’ONG et de leaders communautaires, affichait une détermination qui a créé une véritable communion autour de la cause.
Les violences faites aux enfants
Les équipes ont alors prévu d’aller directement à la rencontre de plus de 320 élèves au sein de huit établissements scolaires, répartis dans huit régions.
Zayone, artiste militante et activiste, a consacré son intervention au concept de « culture du viol » et à ses mécanismes institutionnels. Elle a raconté comment la violence s’est immiscée dans sa vie dès l’âge de huit ans.
Son récit débute dans les larmes d’une enfance brutalement interrompue. Son témoignage met également en lumière le fonctionnement d’une société ou d’une communauté qui remet fréquemment en cause la moralité, la tenue ou le comportement de la victime afin de disculper l’accusé.
Zayone a surtout insisté sur les conséquences psychologiques de ces violences : le repli sur soi, combiné au manque de soutien de la société, aggrave le traumatisme initial.
Depuis ce lancement, l’équipe de l’association Mvukisho ye Masiwa s’est rendue dans les établissements scolaires afin que tous les élèves des classes identifiées puissent bénéficier de trois ateliers sur les violences faites aux enfants.
Écriture et parole
Le premier atelier était consacré à l’écriture. Les animateurs ont insisté auprès des enfants sur l’importance de s’exprimer lorsque quelque chose les tourmente, qu’il s’agisse de violences sexuelles, de harcèlement scolaire, de difficultés familiales ou d’autres épreuves.
Les animateurs de cet atelier expliquent aux enfants qu’écrire ce que l’on a sur le cœur permet d’alléger l’esprit.
Mais le message principal restait clair : il est encore plus important de trouver une personne de confiance à qui se confier, afin de chercher des solutions et de ne pas rester seul face à une situation difficile.
Se protéger et dire non
Le deuxième atelier a porté sur les réflexes de protection face à un agresseur : savoir se défendre, repousser une personne, dire non avec fermeté et, si nécessaire, crier pour attirer l’attention et faire fuir l’agresseur.
Le troisième atelier était consacré à l’expression corporelle. Le message central était simple : un corps en mouvement est un corps qui va mieux, et lorsque le corps va mieux, la tête va également mieux.
Dix écoles ont bénéficié de l’opération
L’équipe de l’association Mvukisho ye Masiwa a finalement visité dix établissements scolaires au lieu des huit initialement prévus, car elle a été très sollicitée au cours de sa tournée.
L’école Makini, à Moroni, a notamment insisté pour accueillir l’action, après quatre cas de violences sexuelles impliquant des mineurs au sein de l’établissement.
Toutes les classes ont d’abord été réunies pour une sensibilisation générale.
Trois groupes de travail de quinze élèves ont ensuite été formés avec les classes de sixième et de cinquième pour les ateliers. L’association Bora, partenaire du Mwendo wa Dzihiro, a par ailleurs pris en charge un groupe de onze jeunes filles pour une sensibilisation sur l’évolution de la petite fille, de la puberté jusqu’à l’âge adulte.
Ces jeunes filles ont également reçu un enseignement sur l’utilisation de protections hygiéniques réutilisables et sont reparties chacune avec un kit de huit unités, destiné à leur usage personnel.
Au total, 13 classes et environ 620 élèves ont été sensibilisés. Le déroulement des journées a été particulièrement éprouvant. Les témoignages ont fusé de toutes parts, dans tous les établissements visités.
La campagne 2027 déjà en gestation
L’équipe a fait remonter les situations autant que possible afin que des enfants soient pris en charge par les personnes et structures compétentes.
Force est de constater que ce format, articulé autour de plusieurs ateliers, a bien fonctionné auprès des élèves et s’est révélé fructueux.
Pour la campagne de lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap dans les établissements scolaires, l’ancienne présidente de l’association Mvukisho ye Masiwa, Nouria N’Gazi, est allée plus loin sur la feuille de route des activités envisagées pour la 6e édition. « On va refaire le tour des quatre îles, mais dans les collèges. On commence cette année par Ngazidja. L’année prochaine, on ne sait pas si ce sera Mwali, Ndzuani ou Maore. Quand on aura fait le tour des quatre îles dans les collèges, on verra quel format va prendre Mwendo Wa Dzihiro. », explique-t-elle.


