L’île d’Anjouan fait face à une augmentation préoccupante des cas de violences contre les enfants et les adolescents. Les données recueillies en 2025 révèlent que 85 mineurs y ont subi des violences sexuelles.
Par Fatouma Ali Saïd Abdallah
Les violences sexuelles constituent la forme de violence la plus dominante, touchant principalement des enfants et des adolescents âgés de 11 à 17 ans.

En ce qui concerne les Comores, et particulièrement l’île d’Anjouan, « Les victimes sont souvent des filles, mais les garçons sont également touchés, ce qui souligne la nécessité d’une approche inclusive et globale pour lutter contre ces violences”, a affirmé Sittina Echat Salim, la directrice régionale de la promotion du genre à Anjouan.
Selon elle, les facteurs qui contribuent à l’augmentation de ces violences sont la pauvreté, la négligence et les tabous sur la sexualité des adolescents. “Les conséquences de ces violences peuvent être dévastatrices pour les victimes, affectant leur développement, leur estime de soi et leur capacité à s’intégrer dans la société”, a-t-elle ajouté.
Pour elle, la pauvreté est l’un des principaux moteurs de ces abus, car celle-ci contraint souvent les familles à négliger les besoins fondamentaux de leurs enfants. De plus, certaines questions relatives à la sexualité des adolescents restent taboues, empêchant les jeunes de recevoir l’éducation et le soutien nécessaires pour se protéger. Le manque d’accès à l’éducation et aux services de santé est également un facteur important, ainsi que la faiblesse du système de protection de l’enfant.
Actions mises en place pour lutter contre les violences
Pour faire face à cette situation, la directrice régionale de la promotion du genre à Anjouan a mis en place diverses initiatives, notamment, comme les clubs d’adolescents dans plusieurs localités pour offrir un espace de soutien et d’éducation. Ces clubs permettent aux jeunes de discuter de leurs problèmes, de partager leurs expériences et de recevoir des conseils de la part d’adultes formés.
Il existe aussi des clubs de jeunes pour encourager l’engagement et la participation active. Les jeunes sont encouragés à prendre part à des activités de sensibilisation et à devenir des acteurs clés dans la lutte contre les violences.
Les clubs de mères sont là aussi pour renforcer le rôle des femmes dans la prévention et la lutte contre les violences. Les mères sont formées pour reconnaître les signes de violence et pour soutenir les victimes.
À ces clubs, s’ajoutent les comités de veille et d’alerte pour une réponse rapide et efficace. Ces comités travaillent en étroite collaboration avec les autorités locales et les organisations non gouvernementales pour signaler les cas de violence et assurer une intervention rapide.
Des services d’écoute sont également présents dans certaines régions pour offrir un soutien psychologique et juridique aux victimes. Ces services sont essentiels pour aider les victimes à surmonter leurs expériences et à reconstruire leur vie.
Les victimes peuvent aussi se rapprocher des associations de lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes pour coordonner les efforts et amplifier l’impact. Ces associations travaillent en partenariat avec les autorités locales et les organisations internationales pour mettre en place des programmes de prévention et de soutien.
Selon Sittina Echat Salim, ces initiatives visent à prévenir les violences, à protéger les victimes et à sensibiliser la communauté de l’importance de la protection des droits des enfants et des femmes.
« Cependant, il est clair que davantage doit être fait pour lutter contre ce fléau. Les autorités locales, les organisations non gouvernementales et la communauté internationale doivent unir leurs efforts pour protéger les enfants et les adolescents d’Anjouan et leur offrir les opportunités de grandir dans un environnement sûr et sain ».
Elle hausse le ton pour dire qu’il est temps d’agir pour protéger les enfants et les adolescents d’Anjouan et leur offrir les opportunités de grandir dans un environnement sûr et sain. La lutte contre les violences est un combat collectif qui nécessite la participation de tous. « Ensemble, nous pouvons faire une différence et créer un avenir meilleur pour les générations futures », conclut-elle.















