Mercredi dernier un glissement de terrain a provoqué la mort d’une personne et blessé deux autres dans l’île d’Anjouan.
Par Riyad Mubarak
Mercredi 19 février 2025, aux environs de 11 heures, un drame s’est produit sur la route menant à Hombo, sur les hauteurs de la ville de Mutsamudu, chef-lieu d’Anjouan. La catastrophe est survenue non loin de la route connue sous le nom de « Paré ya Magari », un lieu où la route tourne tout en montant. Un amas de terres, de boues et même de rochers sont tombés sur la route en contrebas ensevelissant une voiture et une moto.

Selon le Directeur des Travaux publics d’Anjouan, le mur de soutènement des maisons situées en hauteur, était ancien et avait été mal conçu. Cela a accéléré la catastrophe.
Mais, il faut aussi tenir compte de la météo. La veille, des pluies diluviennes s’étaient abattues sur l’île, fragilisant encore davantage cette zone déjà sujette aux glissements de terrain pendant les périodes pluvieuses.
Une foule nombreuse de badauds et curieux s’est immédiatement amassée sur le lieu de l’accident gênant quelque peu les secours.
La victime décédée est le chauffeur de l’entrepreneur Zovro, qui se trouvait au volant de sa Prado noire au moment du drame. Les secours ont été obligés de découper la voiture pour en extraire le corps. Malheureusement, malgré les efforts de ceux-ci, le seul occupant de la voiture n’a pas survécu à la pression exercée par la terre. Une piétonne a été également grièvement blessée et admise en soins intensifs à l’hôpital de Hombo, tout comme un conducteur de deux-roues qui circulait juste derrière la voiture qui a été ensevelie.
Deux tractopelles ont été empruntées à une société chinoise d’une manière urgente pour dégager le véhicule enseveli sous les gravats et la boue. Puis ensuite pour dégager la route rendue impraticable par la terre, les pierres et la boue. Il est permis de s’interroger sur le fait que ni l’État ni l’île ne possèdent d’engins pour dégager une route ou pour porter secours à des gens ensevelis après une catastrophe naturelle.
La circulation a été déviée vers la route qui mène au quartier Chiwé en attendant peut-être qu’une solution définitive soit trouvée.
Cette catastrophe met en lumière le danger que représente cette zone perchée sur les hauteurs de Mutsamudu, dont les maisons pourraient s’effondrer à tout moment.
À l’hôpital de Hombo, où les blessés ont été admis, le manque d’oxygène a retardé leur prise en charge, laissant craindre des complications supplémentaires. Il a fallu attendre vendredi pour qu’arrive enfin du gaz afin de permettre aux médecins de commencer à opérer la piétonne et le motard, technicien de l’ORTC antenne Anjouan.
Selon l’ancien ministre Djanffar Salim Allaoui, dont le domicile est situé juste à côté de la zone d’impact « le danger était là depuis longtemps, il fallait s’attendre à ce qu’un jour cela se produise ».
Les tractopelles ont travaillé jusqu’à tard dans l’après-midi pour déblayer la zone. La route est interdite aux passants et aux véhicules par le préfet du Centre.