Les partis d’opposition ont-ils trouvé les leviers pour sceller l’union après une crise politique qui nécessite de dépasser les clivages par des compromis, souvent impulsés par une menace de corruption ou des nécessités de stabilité ?
Par Hachim Mohamed
Un point de presse organisé par le ROC (Rassemblement de l’opposition comorienne), le COMRED (Convergence des mouvements pour la République et l’État de Droit) et le OUM (Opposition Unie de Mwali) devant quelques journalistes de la place, le lundi 30 mars. Hassanaly Abdou Anziz y représente le OUM, Ahmed Mohamed Aias Ben le ROC et Oukacha Mohamed Larif est le délégué de COMRED.

Le face-à-face avec ces hommes politiques n’a pas livré de pistes sur le « pourquoi ». La question se pose dans un contexte de crispation politique dans lequel des querelles internes, des luttes de pouvoir et des divergences idéologiques au sein d’un même groupe ou parti politique entravent sa capacité à agir efficacement.
En porte-parole coopté pour la circonstance de cette opposition comorienne, Oukacha Mohamed Larif a tenu à montrer comment les acteurs politiques continuent à se mobiliser pour la défense de l’Accord-cadre signé à Fomboni-Mwali en 2001, le considérant comme le socle de la stabilité et de l’unité nationale.
Pendant ce face-à-face avec la presse, de nombreuses questions ont été posées sur la stratégie des trois mouvements qui viennent de s’unir, et notamment le plan d’action qui n’a pas été divulgué.
À en croire, Oukacha Mohamed Larif, pendant deux jours, quelque part à Ngazidja, des discussions au sein de l’opposition ont émergé concernant la manière de se donner les moyens de la lutte contre le régime en place
Restructuration de l’opposition et objectif 2026.
Face à l’impasse de la crise, entre le régime contestée du président Azali Assoumani depuis janvier 2024, l’opposition comorienne tente de se restructurer pour maintenir une pression nationale unifiée, malgré un contexte de répression et de division passé comme c’est arrivé quand le Congrès du Parti Orange a été récemment sabordé par les militaires à Numadzaha ya Bambao.
En regardant les dernières lignes du communiqué daté de 30 mars qui a été remis aux médias invités et dont le contenu a repris les mêmes éléments d’un autre document distribué aux journalistes avant le 17 février, trois signataires réaffirment dedans l’accord-cadre de 2001 comme base de l’ordre constitutionnel et de la stabilité,
À écouter Oukacha Mohamed Larif, une espèce de coordination est mise en place entre les acteurs sur le terrain, avec des initiatives communes. Ce consensus qui s’est tissé entre le ROC, l’OUM et le COMRED a été mentionné également pendant la prise de parole de l’ex-ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou Alias Kiki.
Interrogé sur ce format à minima des échanges dans lesquels les journalistes ont eu peu d’informations, l’ex-ministre de l’Intérieur a voulu marquer le coup sur le rejet du pouvoir en place et l’appel à la mobilisation.
« Ne vous attendez à rien aujourd’hui, si ce n’est le constat qu’on ne parle plus des chapelles dans le combat contre le régime en place. L’enjeu, c’est une opposition nationale pour un retour aux principes démocratiques et la fin du régime actuel. »
Une question d’un journaliste a fait digression du sujet.
La conférence de presse a fait une digression sur le sujet du jour en abordant l’affaire des militaires comoriens qui ont disparu dans la nature pendant le séjour de leur formation à l’île de la Réunion.
Dans un pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, il n’y a pas de SMIC et le salaire d’un fonctionnaire comorien titulaire d’un Bac + 2 commence à 70 000 francs comoriens, les hommes politiques semblaient montrer une certaine compréhension. Mouigni Baraka Said Soilihi, qui a été interpellé par un journaliste, s’est attaqué vivement au régime d’Azali Assoumani, dénonçant la précarité économique, en y incluant les faibles salaires des fonctionnaires et militaires.
« Comment voulez-vous que des militaires qui ont un salaire de misère ne quittent ? On parle de 60000 à 70000 FC. Quand j’étais aux affaires, j’ai connu la même fuite. Si parmi ces « évadés » qui assuraient ma sécurité, certains ont pu réussir ailleurs et sont revenus au pays pour faire le grand mariage », a déploré l’ex-candidat malheureux au scrutin présidentiel du mois de janvier 2024.
Sur cette digression, le porte-parole du ROC, Ibrahim Abdourazak alias Razida a enfoncé le clou en montrant comment les forces des citoyens valent plus que les forces et les agissements des militaires qui souffrent et acceptent cette situation.














