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L’opposition refuse de dialoguer avec Azali

La démocratie exige de tous les citoyens et de leurs représentants un dialogue constructif et permanent. C’est ainsi qu’on y apprend à vivre ensemble, à se respecter, et qu’on règle ses différends par le dialogue plutôt que par la violence. Malheureusement, cela fait trois ans que peu à peu l’opposition politique a été dépouillée de tous ses droits. Il n’y a plus d’espace de confrontation entre le pouvoir et l’opposition. L’opposition n’est pas en capacité de contester les actions du président Asoumani Azali et de son argument parce qu’ils s’arrogent des pouvoirs exorbitants. Dans ces conditions, un dialogue franc est-il encore possible ? Par Hachim Mohamed

Dans sa rencontre avec l’émissaire de l’Union africaine, l’opposition comorienne ou ce qui en reste sur place à Moroni a affirmé qu’il n’était pas possible d’organiser un quelconque dialogue avec le pouvoir en place. Dans une conférence de presse sous la couverture du Front commun des forces vives contre la dictature, le 16 septembre, le groupement des organisations luttant contre le régime du colonel Azali, y compris de l’extérieur, a redit à Azali : NON.

Les différents intervenants refusent de dialoguer avec le président Azali estimant qu’il a toujours joué un jeu de dupes et que les conclusions de ce dialogue sont connues d’avance. Mais, les premières flèches sont adressées à l’Union africaine : « Je suis toujours à me demander si les institutions africaines servent à quelque chose. Pourquoi l’Union africaine n’intervient jamais quand on tue dans un pays ? En tant que syndicat de dictateurs, il y a dans cette institution des acteurs qui ne sont là que pour leurs intérêts », a déploré Abdou Soimadou  tiré à boulets rouges sur cette organisation africaine.

 

Non au dialogue d’Azali

Mais, la cible principale reste Azali Assoumani. Pour les conférenciers, en cette période de crise politique et économique, le dialogue est plus que jamais nécessaire, mais Azali reste un obstacle. « Comment peut-on parler d’un dialogue respectueux auquel tous et toutes peuvent prendre part, sans discrimination quand le président décide d’avance qui parmi les opposants peut se mettre autour d’une table pour aplanir les divergences d’opinions et d’intérêts ? », se demande Mohamed Youssouf Boina  qui a fait  allusion à  la correspondance d’Azali adressé aux partis et organisation de la société civile qu’il a lui-même choisis.

À en croire Abdou Soimadou qui a apporté de l’eau au moulin de son collègue Mohamed Youssouf Boina, la délégation de l’Union africaine conduite par le commissaire en charge du département des affaires politiques Bankolé Adeoye s’est vue dissuader de se rendre à Anjouan et à Mohéli. Pour lui, tel qu’il a été prévu pour se dérouler, le dialogue national inclusif a eu sciemment des finalités connues et une mise en scène ficelée qui sont absolument contraires aux intérêts des Comores. De plus, Azali Assoumani n’a jamais misé sur le respect, l’entente, la concertation, le dialogue loyal et sincère ».

Pour le porte-parole du Front commun, Ibrahim Abdourazak, « les enjeux du dialogue ne datent pas d’aujourd’hui. L’Union africaine s’est déjà penchée sur la question des Comores le 21 juin via son conseil de sécurité. Une rencontre au cours de laquelle il a été décidé d’envoyer une mission aux Comores. Ces fonctionnaires étaient là au mois de juillet, août et septembre. Le président Assoumani Azali ment quand il raconte que c’est lui qui est à l’origine de ce projet de dialogue ».

Malgré les différentes démarches entreprises dans notre pays par la délégation de l’Union africaine conduite par le commissaire en charge du département des affaires politiques Bankolé Adeoye, pour le Front commun des forces vives comoriennes, il n’y a jamais eu de la part du Président Azali Assoumani de rassurantes déclarations d’intentions pour mettre en place un dialogue.

Selon Youssouf Mohamed Boina, « force est de reconnaitre qu’ouvertement exprimées dans les prises de parole, les divergences se résolvent souvent par la violence du déni des réalités comme les propos qui ont été tenus en conférence de presse par le commissaire en charge du département des affaires politiques Bankolé Adeoye faisant état d’un pays où tout va bien madame la marquise et affirmant qu’il n’y a rien à voir, circulez ».

 

« C’est le président Azali qui bafoue impunément nos institutions »

Encore une fois, à écouter le secrétaire exécutif du Front commun, Ahmed Hassane Barwane ou comme Abdou Soimadou, les opposants se demandent comment un président ose écrire à l’opposition qu’il a déjà évacué toutes les questions que se pose le pays et affirmer qu’on ne discutera dans le Dialogue inclusif que des élections de 2024 ! Comment un membre de parti Radhi peut se permettre de dire que l’opposition avait insulté le président Azali via la correspondance qui lui avait été adressée ? Les intervenants en concluent que s’il y a des gens qui respectent la constitution et les lois du pays ce sont les membres de l’opposition « mais pas Azali qui bafoue impunément nos institutions ».

Dans son communiqué en date de 13 septembre, le Front commun fait état d’un président Azali qui se maintient au pouvoir par la ruse et la force militaire, bafouant les libertés démocratiques, forçant les forces vives à l’exil, livrant le pays à l’armée.Il est devenu chef de guerre, prêt à user de tous les moyens, y compris la terreur et la guerre civile pour se maintenir ainsi que son clan au pouvoir.

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