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vendredi 16 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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À Stains, la culture comorienne a fait battre sa mémoire

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Le 4 avril 2026, à Stains, quelque chose a vibré au-delà des mots.

Ce n’était pas seulement un événement. C’était un souffle.

Un souffle venu des îles, porté par les voix dispersées, rassemblées le temps d’une journée pour se reconnaître, se dire, se prolonger.

Par  Mohamed Issihaka

Sous l’impulsion du mouvement Faliki Ya Masiwa, les heures ont cessé d’être de simples heures. Elles sont devenues passage. Passage entre les générations, entre les silences d’hier et les paroles d’aujourd’hui.

Il y avait là des visages connus, des voix engagées, le Docteur Soilihi Zilé, Dini Nassur, écrivain et homme de mémoire, mais surtout une présence plus vaste : celle d’un peuple qui refuse l’oubli.

Un peuple qui, même loin de ses terres, continue de cultiver ses racines dans la langue, dans la pensée, dans l’échange.

Les stands n’étaient pas que des tables garnies de livres et d’objets d’artisanat.  Ils étaient des fragments d’âme posés à ciel ouvert.

Chaque ouvrage, chaque discussion, chaque regard portait une question essentielle : que faisons-nous de ce que nous sommes ?

Et puis, avant même que les discours ne s’élèvent, il y eut ce moment suspendu.

Le Madjlis de Nvouni a ouvert la voie, comme on ouvre une porte invisible.

Les récitations ont traversé l’espace, douces et profondes, comme une mémoire ancienne qui refuse de s’effacer.

Et au milieu de cette respiration, la voix du jeune Chamou s’est levée.

Entre slam et kaswida, il n’a pas simplement performé, il a transmis.

Dans ses mots, il y avait déjà demain.

Alors, quand les prises de parole ont commencé, elles n’étaient plus seulement des interventions.

Elles étaient des prolongements.

Des tentatives de dire le monde, de le comprendre, de le redresser peut-être.

Car au fond, ce qui s’est joué à Stains dépasse les cadres habituels. Ce n’était ni un colloque ni une simple rencontre culturelle.

C’était une communauté en train de se penser elle-même, de se regarder sans détour, de chercher dans ses propres profondeurs les réponses qu’elle n’attend plus d’ailleurs.

Et même les rires, ceux offerts par Mze Djimba et Mze Mgomdri, n’étaient pas légers. Ils étaient nécessaires. Comme une respiration après l’intensité, comme un rappel que la joie aussi est une forme de résistance.

Ce jour-là, Stains n’était plus tout à fait Stains. C’était des îles déplacées. Des îles vivantes, faites de mots, de regards, de mémoires entremêlées.

Et dans ce battement collectif, une certitude s’est imposée, discrète, mais tenace : ce peuple n’est pas en train de survivre. Il est en train de se réécrire.

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