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vendredi 16 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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Situation postélectorale à Anjouan

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Après une poussée de fièvre pendant les élections, l’île d’Anjouan reste silencieuse alors que le combat politique s’est reporté à la Grande-Comore.

Par Naenmati Ibrahim

Malgré la situation chaotique qui est à Moroni actuellement, les Anjouanais gardent le silence. Ils ont pourtant été les premiers à avoir réagi aux irrégularités perçues durant le scrutin. En effet, c’est dans la région de Nyumakele que les premiers affrontements entre civils et gendarmes ont commencé faisant un blessé grave du côté des gendarmes. Il y a eu aussi la gendarmerie de Mremani qui a été brûlée. Et pendant trois jours, les routes ont été fermées dans cette partie de l’île.
Après Nyumakele, c’est à Mutsamudu chef-lieu de l’île qu’ont eu des affrontements entre militaires et civils. C’était au lendemain des élections lorsque la CENI s’apprêtait à annoncer les résultats provisoires pour l’élection des gouverneurs. La CENI a déclaré que les trois candidats du pouvoir dans les élus sont élus dès le premier tour, ces résultats étant conformes au « gwandzima » tant voulu par le pouvoir, malgré les irrégularités et bourrages des urnes dans beaucoup de bureaux surtout à Anjouan.


Bourrages des urnes à Anjouan.
C’est à Anjouan que les bourrages d’urnes ont été le plus observés dans certains bureaux de vote afin de favoriser le candidat président Azali Assoumani. Néanmoins cela n’a pas permis de rendre Azali Assoumani vainqueur, car en tenant compte des résultats de ceux qui étaient dans les bureaux de vote, en rassemblant les PV, le candidat Azali Assoumani pourrait même ne pas être au deuxième tour.
Pendant ces élections, Anjouan a montré l’image d’une l’île devenue une zone de non-droit où les plus forts font la loi. Une image sinistre puisque l’île a été perdante dans les manœuvres d’Azali pour se maintenir au pouvoir.
Pour rappel, en 2021, c’était le tour d’Anjouan de prendre les rênes du pouvoir, mais Azali il a réussi à changer la constitution pour le rendre à son avantage et par la suite il a choisi l’île d’Anjouan pour être l’endroit où il vient faire la fête à chaque fois qu’il a quelque chose d’important à célébrer , faisant perdre les anjouanais leur dignité et leur amour propre.


Malgré la fraude massive à Anjouan, aucun bureau n’a été annulé.
En tenant compte de la réglementation électorale de l’Union des Comores, les candidats avaient le droit de faire des recours devant la Cour suprême, seule compétente pour connaître les contentieux électoraux. L’article 90 du code électoral dit clairement que « la Cour Suprême est compétente pour connaître du contentieux électoral, notamment de tous les recours contre les actes et opérations relatives à l’organisation et au déroulement du scrutin, depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats des élections… ».
Les résultats provisoires présentés par la CENI étant considérés comme frauduleux et illogiques, la solution était donc de passer par la Cour Suprême. Mais, la tension était élevée dès le début de ce processus électoral.
La manière dont la CENI avait recruté les membres des bureaux de vote (MBV) avant le scrutin a exaspéré les partisans des candidats de l’opposition. Dans l’article 217 du code électoral, il est mentionné que « les membres du bureau de vote sont recrutés, dans les conditions prévues par la délibération de l’assemblée générale de de la CENI, parmi les Comoriens ayant au moins un bac+2 ou équivalent ». Cependant, cela n’a pas été le cas, puisque la majorité des MBV n’avaient pas de bac +2 ni même le niveau bac. Plusieurs d’entre eux, surtout ceux choisis par le parti au pouvoir, avaient quitté l’école au collège. Dès cette première irrégularité, les candidats et les électeurs eux-mêmes ont commencé à se sentir frustrés.
En plus de cela, la CENI est la seule à posséder les procès-verbaux des votes. Il semble que dans ce domaine, il y a eu rétention pour mettre les candidats de l’opposition dans l’incapacité de se défendre en faisant les recours devant la Cour Suprême.

Un processus électoral sur haute tension
Ces nouvelles élections ont mis, de nouveau, le pays dans une situation chaotique. Les affrontements dans l’île de Ngazidja entre des jeunes et l’armée a pris de l’ampleur. Un conflit qui est perçu comme un réveil de la population. Mais, pour le moment, Anjouan et Mohéli semblent avoir baissé les armes. Mohéli avait aussi réagi durant le scrutin et le deuxième jour, mais comme Anjouan, l’île garde le silence, laissant la Grande Comore seule dans le combat.
Les Anjouanais sentent que la situation dans le pays se dégrade, ils ont stocké des sacs de riz parce qu’ils savent que la crise va durer. Le pays prend une autre tournure, mais pas la meilleure. Ils savent très bien que ces élections comportent beaucoup de dangers. Azali Assoumani n’acceptera jamais la défaite. Donc l’Union des Comores se trouve aujourd’hui face à une crise politique grave qui mérite vraiment une attention particulière de la part de la communauté internationale qui a aidé le président de l’Union africaine Azali Assoumani, lui-même candidat, à organiser des élections dans son pays en sachant très bien que cela comportait beaucoup de risques au vu de la situation politique du pays.
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