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vendredi 16 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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Moukaram Massoundi : « La CRC n’est pas un despotisme, sa légitimité est issue des urnes »

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Moukaram Massoundi alias Trapez est comptable au port de Mutsamudu, membre influent de la CRC à Anjoua, il essaie dans cette interview un parti qui depuis sa création cristallise de nombreuses critiques, et aujourd’hui accusé d’impopularité, de dérive autoritaire et de manœuvres contre la tournante présidentielle.

Par Propos recueillis par NJ

Masiwa – La CRC traîne une réputation d’impopularité. Pourtant, au lieu de regagner la confiance du peuple, ce parti s’appuie sur une forme de despotisme pour durer. Comment justifiez-vous ce choix ?

Moukaram Massoundi – Je rejette totalement le terme de « despotisme ». La CRC n’impose pas sa présence par la force, mais par la légitimité constitutionnelle issue des urnes. Chaque élection, malgré ses imperfections, a confirmé notre majorité (1).

Quant à la jeunesse, elle est au cœur de notre action : programmes d’emploi, formation professionnelle, investissements dans l’éducation. Peut-être ces résultats mettent-ils du temps à se matérialiser, mais nous posons des bases solides. L’avenir des jeunes, c’est celui d’acteurs responsables, pas de spectateurs désabusés.

Masiwa – Vous êtes considéré comme un proche du pouvoir. Après neuf années de règne, quel bilan tirez-vous de ce régime accusé de réduire les libertés et de confiner la population dans un silence amer ?

Moukaram Massoundi – Il est facile de dire que les libertés sont étouffées, mais les faits démontrent le contraire. Les médias privés fonctionnent (2), l’opposition s’exprime (3), et la société civile demeure active (4).

La CRC a renforcé les institutions républicaines (5), stabilisé un pays fragile et attiré des investissements stratégiques (6). La liberté ne doit pas être synonyme de chaos ou d’impunité. Elle doit s’équilibrer avec la sécurité et l’unité nationale. Notre héritage, c’est justement d’avoir évité les dérives qui auraient pu plonger le pays dans une instabilité chronique (7).

« La tournante présidentielle n’est pas une religion »

Masiwa – La tournante présidentielle de 2029, attendue par l’île d’Anjouan, semble menacée par des manœuvres politiques. En tant que jeune Anjouanais, seriez-vous prêt à cautionner cette remise en cause d’un principe clé de l’unité nationale ?

Moukaram Massoundi – La tournante n’est pas une religion, c’est une disposition politique qui a rempli son rôle dans un contexte donné. Aujourd’hui, la question est juridique : devons-nous figer le destin politique dans un mécanisme qui limite parfois la compétence au profit de l’appartenance insulaire ? La CRC n’a pas l’intention de priver Anjouan de sa place. Mais nous défendons l’idée que le mérite, la compétence et le choix du peuple doivent primer sur une règle mécanique. En tant qu’Anjouanais, je crois davantage à la force des institutions qu’à l’automaticité des privilèges.

Comme l’a dit Elfathou, secrétaire général adjoint du CRC : «2029, le président est un Anjouanais ». La tournante tourne bien vers Anjouan. Mais il faut sortir du piège de la polémique systématique.

«Nos tensions internes sont la preuve d’un parti vivant»

Masiwa – Le CRC apparaît souvent comme un parti déchiré, miné par les rivalités internes et les pièges tendus entre ses propres membres. Pourquoi cette atmosphère de haine et de suspicion semble-t-elle avoir remplacé le débat d’idées et la construction d’un projet d’avenir ?

Moukaram Massoundi – Il est vrai que la CRC connaît des tensions internes, mais c’est la marque d’un parti vivant et pluraliste. Les débats sont parfois rudes, mais ils traduisent une diversité de sensibilités politiques et juridiques.

Contrairement à ce que l’on pense, ces échanges ne sont pas des « pièges », mais des épreuves démocratiques internes. Nous préférons les divergences assumées aux consensus artificiels. Et c’est cette vitalité qui nous permettra de rester au service du peuple, malgré les critiques.

Masiwa – Entre légitimité et controverse, la CRC est perçue toujours comme un parti qui a transformé le pays à une « République des copains ». Qu’en pensez-vous ? 

Moukaram Massoundi – La CRC défend sa légitimité et présente son action sous l’angle de la stabilité, des institutions et de la jeunesse. Si les critiques extérieures parlent de dérive autoritaire, le discours officiel insiste sur l’équilibre entre liberté et sécurité, sur l’évolution du principe de la tournante et sur la diversité interne comme signe de vitalité.

À l’heure où 2029 approche et où les Comores s’interrogent sur leur avenir institutionnel, je confirme une chose : la CRC n’entend pas céder à la polémique, mais revendique la légitimité des urnes et la solidité de ses fondations politiques pour l’intérêt général du peuple. 

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