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Visite du ministre des Affaires étrangères chinois aux Comores. Renforcer la coopération

Le jeudi 6 janvier, Wang Yi, Ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de la Chine, a atterri aux Comores pour rencontrer les autorités comoriennes dans le cadre d’une tournée de quatre jours en Afrique. Après l’Érythrée et le Kenya, c’était le tour des Comores d’accueillir le Chef de la diplomatie chinoise. Au menu de la visite, il y a un entretien entre le Chef de l’État, Azali Assoumani, et le ministre Wang Yi qui a porté sur de sujet d’actualité et sur le Plan Comores Émergent. Par Nezif-Hadj Ibrahim

À la suite de l’entretien avec le chef de l’État comorien, le chef de la Diplomatie chinoise a tenu une conférence de presse en compagnie de son homologue comorien, Dhoihir Dhoulkamal. Il a rappelé la coopération et le soutien de la Chine en ces temps de recrudescence des cas de contamination par la COVID-19. Tout en marquant que cela fait partie des « principes fondamentaux de la Diplomatie » de son pays reposant sur la considération de « l’égalité de tous les pays quel que soit leur taille et leur niveau de développement ». Il n’a pas hésité de faire valoir le caractère de premier ordre de la relation bilatérale entre les Comores et la Chine qui date de l’« accession à l’indépendance de l’Union des Comores.» Pour le ministre des Affaires étrangères chinois, « 47 ans après l’établissement de nos relations diplomatiques la Chine et les Comores se sont toujours témoigné compréhension, confiance, soutien et entraide. C’est là une belle tradition de nos relations bilatérales et c’est aussi un facteur d’exemplarité des relations sino-comorienne. »

Renforcement de l’aide contre la covid-19

Et c’est ce volet du soutien de la Chine aux Comores qui a le plus dominé pendant cette visite du diplomate chinois, répondant aux exigences de la situation sanitaire actuelle au niveau mondial. Celui-ci a affirmé la mise à disposition du gouvernement comorien de « 160000 tests » pour mieux mener sa lutte contre la COVID-19 et une quantité supplémentaire pourra être mobilisée le cas échéant.

La partie chinoise s’engage également à accompagner les Comores vers l’éradication du paludisme d’ici 2025.

À ses deux objectifs sanitaires de la Diplomatie chinoise dans ses relations bilatérales avec Moroni, s’ajoute un volet économique, fortement demandé par Azali Assoumani afin de concrétiser le Plan Comores Émergent à l’horizon 2030.

Le Plan Comores Émergent, un primordial pour le gouvernement Azali

La Chine est prête à aider l’Union des Comores dans son objectif de réaliser le PCE à l’horizon 2030. Pour ce faire, le ministre chinois a rappelé deux moteurs en réponse aux demandes de Moroni : « les relations bilatérales » et « le forum de la coopération sino-africaine » entre autres qui vont permettre de mobiliser des ressources nécessaires pour permettre le renforcement de la « la coopération en matière d’infrastructures et de bien-être social conformément aux objectifs définis dans le Plan Comores Émergent ».

C’est le vœu du gouvernement comorien d’accroitre les investissements de la République Populaire de Chine dans l’archipel des Comores.

La solidarité envers les musulmans Ouïghours peut attendre

La question des droits de l’Homme n’a pas été évoquée lors de la visite du Diplomate chinois à Moroni. Les Ouïghours qui forment une communauté de musulmans en Chine continuent de subir des exactions de toutes sortes. Et le gouvernement comorien apporte son soutien à la Chine sur cette question lorsque celle-ci est bousculée au niveau des instances internationales.

Aux Comores, l’emprisonnement de plusieurs individus sans respect du cadre légal, les restrictions sur les libertés fondamentales comme la liberté de manifester sur l’espace public se conforment à cette démarche de ne pas s’intéresser aux droits de l’homme au niveau des relations avec les États. En Chine, comme aux Comores, les droits humains ne sont pas respectés. Sauf que la République populaire de Chine proclame dans le préambule et dans l’article 1er » de sa constitution qu’elle « est un État socialiste de dictature démocratique » alors que le gouvernement comorien continue de clamer que les gens vivent dans une démocratie.

Du côté chinois, bien qu’il soit indiqué dans son acte fondamental que l’État est une dictature, la question Ouïghours fait tache, surtout au niveau international et dans ses relations avec beaucoup d’États. Plusieurs États ont dénoncé la Chine. Les Comores, pays musulman et membre de la Ligue Arabe, étaient attendues aussi dans l’exercice de cette solidarité musulmane et d’humanité. Le pays a choisi de ne pas froisser la Chine qui se réclame comme « le premier allié des Comores » dans son projet d’émergence. Projet que l’opinion publique considère comme un prétexte du président Azali pour s’éterniser au pouvoir.

Le ministre chinois s’est envolé pour les Maldives et le Sri Lanka.

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