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Tribune Libre : Des irresponsables à la tête du pays

Il m’arrive souvent de dire que le gouvernement comorien actuel, en plus d’être dictatorial, n’est composé que d’irresponsables, de malfaiteurs et de personnes n’ayant pas le sens de l’État. Généralement, les griots du régime me répondent: « quoi de plus normal, pour l’une des principales têtes du mouvement DAULA YA HAKI  que de s’en prendre à Assoumani Azali !» Par Omar MIRALI

Alors, j’ai décidé, aujourd’hui, de montrer l’irresponsabilité de ce gouvernement à travers deux exemples seulement. Je ne reviendrai pas sur le caractère criminel de ce régime. Cela est de notoriété mondiale. Il s’agit de parler de deux événements peu connus, mais qui n’en demeurent pas moins, de mon point de vue, et de celui de n’importe quel démocrate, extrêmement graves.

Des clowns

Le mouvement DAULA YA HAKI-IDF dont je suis, effectivement, l’un des responsables, avait pris contact avec Mohamed Ousseine Djamal Lail, prétendu ministre de la Justice, afin de l’inviter à débattre, sur notre média, face aux Comoriens, sur la situation politique qui prévaut dans notre pays. À l’issue de ces échanges musclés, où notre membre délégué avait été pris à partie, Mohamed Ousseine avait fini par décliner l’invitation. L’histoire s’était arrêtée là. Du moins, c’est ce qu’on pensait.

Mais c’était sans compter sur la grande surprise qui nous attendait le lendemain. En effet, moins de 24 heures après cette conversation, le journaliste Nono, lors d’une intervention en direct sur sa page Facebook, s’était mis à nous insulter et à attaquer le mouvement DAULA YA HAKI-IDF, arguant que nous étions tous des hypocrites, des ignorants et que nous n’aurions jamais dû faire appel à un ministre alors que nous ne reconnaissons toujours pas la légitimité du régime.

Confus, j’ai suivi l’émission de Nono avec un certain nombre d’interrogations. Nous avons échangé avec un homme. Nous avons tous manifesté nos divergences. Et le débat était clos. Pourquoi ces conversations privées, qui ont eu lieu sur WhatsApp, ont été rendues publiques par un type qui se dit ministre ? Mohamed Ousseine est-il conscient que malgré tout, ses agissements ont des conséquences sur le fonctionnement de la Nation et la vie de tout un peuple ? J’ai dû, très rapidement, me mettre à l’évidence. Mohamed Ousseine Djamal Lail est indigne des fonctions qu’il occupe. Il est, pour le moins, irresponsable. Imaginez-vous, une seule seconde, Éric Dupond-Moretti, transmettre les échanges privés qu’il a eus avec un de ses opposants, à Médiapart ou à Jean-Jacques Bourdin pour qu’ils soient rendus publics ? Ces pratiques prouvent, si besoin était, que dans notre pays, au lieu d’avoir des ministres, nous avons des clowns, pour reprendre un terme cher au juriste Yhoulam Athoumani, autrefois grand soutien de ce régime criminel.

C’est là également, une preuve irréfutable qu’ Assoumani Azali et ses ministres manipulent et utilisent Nono à leurs fins. Il est permis de déduire que toutes les fois où ce monsieur avait insulté gratuitement des compatriotes hostiles à cette dictature, il avait été, très probablement, envoyé par un régime qui n’a pas mieux à faire.

L’autre exemple – et quel exemple !-  concerne le même Mohamed Ousseine Djamal Lail. Il est, de tous les prétendus ministres de ce gouvernement, celui qui s’illustre le plus, par son incapacité à maquiller son ignorance. Mercredi 21 avril 2021. La branche média du mouvement DAULA YA HAKI-IDF reçoit la femme du cadi Inzdine, enfermé pour avoir appelé à l’ouverture des mosquées ainsi que son avocat, Maître Fahardine. Interrogée par le présentateur Mahafidh Eddine Ibrahim, Mme Kassam Inzdine confirme que le « ministre de la Justice » avait demandé à son mari, en vue de sa libération, d’écrire une lettre à Azali pour lui présenter des excuses. Rappelons que les propos de ce cadi se résument en trois points :

  1. Il a appelé à l’ouverture des mosquées.
  2. Il a indiqué que la religion et les traditions du pays étaient malmenées par Assoumani Azali.
  3. Il a affirmé enfin qu’Assoumani Azali n’était qu’un simple colonel. Il n’était surtout pas imam.

Une justice aux ordres de l’exécutif

Mohamed Ousseine ne s’est pas rendu compte qu’en demandant à la famille d’un détenu d’écrire à celui qui fait office de chef de l’exécutif pour être libéré, il portait atteinte à un principe fondamental en démocratie : la séparation des pouvoirs. C’est quand même là, la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que la justice comorienne est sous les ordres du dictateur Assoumani Azali. Cela montre également que Mohamed Ousseine Djamal Lail n’a pas conscience que ses propos comme ses faits et gestes sont scrutés par tous les Comoriens et sont susceptibles de les indisposer, de les indigner sinon de les révolter.

Les exemples de cette nature sont légion. Nous avons été confrontés à des prétendus ministres qui se sont illustrés encore plus gravement que Mohamed Ousseine. Mais, à défaut de les mentionner tous ici, nous avons choisi de ne parler que des dernières illustrations en date. Un jour viendra, nous parlerons un à un de chacun de ces renégats.

Notre pays, vous l’aurez remarqué, a touché le fond. Il a connu toute sorte d’indignité sous ce régime inique. Il ne reste plus au peuple comorien qu’une chose à faire : nettoyer le pays des énergumènes qui l’ont pris en otage. Voilà qui est indispensable pour l’État et qui est vital pour le peuple.

 

 

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