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Prévention contre le coronavirus. Des policiers auteurs d’actes de vandalisme ?

Elle est en France, mais la police comorienne la cherchait à Anjouan. L’histoire serait cocasse si elle n’avait pas occasionné des brutalités gratuites. Une plainte pour « violation de domicile et agression » a été déposée le 25 mars dernier à la gendarmerie de Mutsamudu contre des policiers qui ont dégradé le domicile de Haifaou Ahmed Bacar, une femme originaire de cette ville, chef-lieu d’Anjouan, qui réside en France. Des éléments de la police nationale prétendant chercher une femme résidant à Mayotte qui serait rentrée récemment à Mutsamudu sans se présenter auprès des autorités se seraient introduits par effraction dans le domicile de cette femme faisant sauter toutes les serrures. Quand la traque de ceux qui fuient l’île de Mayotte, touchée par le coronavirus et qui reviennent discrètement dans l’île d’Anjouan vire à l’excès et à la destruction des biens d’autrui… Par Faïssoili Abdou

 Depuis quelques jours des mouvements de personnes résidant à Mayotte et qui chercheraient à fuir l’île sous administration française touchée par le coronavirus sont signalés sur les côtes anjouanaises. Devant la menace que constitueraient de tels mouvements incontrôlés, les autorités comoriennes ont décidé de traquer ces gens afin de les placer en quarantaine.

Mais comme souvent dans de telles situations certains hommes en uniforme font preuve de zèle et d’abus de pouvoir. C’est ce qui s’est passé ce 24 mars à Mutsamudu où une famille est encore sous le choc après le passage musclé des éléments de la police nationale à leur domicile.

Il était 19 heures à Sangani et plus précisément dans le secteur dénommé Dar Saada quand cette famille qui vaquait tranquillement à ses occupations a entendu un bruit sourd au niveau du portail de leur résidence.  Et soudain, une dizaine de policiers en tenue civile fit irruption dans la cour. Pris de panique, les membres de la famille ont demandé ce qui leur valait cette descente. Les agents de police leur auraient alors fait savoir qu’ils sont venus chercher une femme, membre de leur foyer, qui habiterait à Mayotte et qui serait rentrée récemment dans l’île avec son mari européen. La famille répond alors qu’ils ne sont pas au courant de cette histoire et que d’ailleurs tous leurs proches qui vivent à l’extérieur du pays sont plutôt en France et ne vivent plus à Mayotte. Les policiers se seraient alors montrés agressifs. Une fille de la famille qui avait commencé à filmer cette scène aurait reçu une claque sur la main de la part d’un gendarme. Un coup qui fit tomber son smartphone qui s’est cassé par le même mouvement sur le sol.

Les agents qui sont intervenus certainement à la suite d’une fausse information et sans un mandat quelconque ont alors annoncé à la famille qu’ils étaient déjà passés dans la maison de cette femme supposée être rentrée de Mayotte et qu’ils avaient forcé toutes les portes pour y entrer. Arrivés sur le lieu la famille constatera qu’effectivement la maison a subi des dégradations. « Ils ont cassé le portail qui était cadenassé, sauté le verrou de la porte principale et les deux autres portes dans le jardin », relève Mohamed Bacar, le frère de la propriétaire de la maison dégradée qui ajoute qu’une plainte pour « violation de domicile et agression » a été déposée à la gendarmerie de Mutsamudu contre ses agents.

Visiblement, les limiers de la police ont manqué de flair et se sont laissés mener par le bout du nez pour des fariboles. Cette affaire rappelle une autre encore récente. On se souvient qu’à la fin juillet 2019, des militaires armés avaient fait irruption dans une cérémonie de mariage dans le même quartier de Mutsamudu provoquant une grosse panique parmi l’assistance. Un comportement qui avait alors suscité l’indignation dans l’opinion.

 

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