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Ou comment s’endetter en prétendant lancer le développement

À propos des résultats de la conférence des partenaires au développement des Comores, la vérité commence à arriver au fur et à mesure que les fumées du spectacle s’évaporent. Je tombe des nues en essayant de saisir les raisons de tant d’enthousiasme de la part du gouvernement. Ceux qui comprennent mieux que moi les mécanismes économiques m’expliquent qu’en fait les 4 milliards “obtenus” par les Comores constituent pour la plus grande partie des prêts, autant de poids que le colonel Azali et son gouvernement mettent sur le dos des futures générations tout en poursuivant leurs voyages incessants.

J’ai vu aussi qu’après avoir accordé 150 millions au gouvernement comorien récemment pour obtenir l’acceptation des expulsions de ses ressortissants pris par la police française à Mayotte et l’arrêt des kwasa-kwasa, la France a mis dans le pot des partenaires les mêmes 150 millions.

Chose encore plus étonnante, j’ai lu des communiqués par lesquels les organismes des Nations Unies (PNUD, FNUAP, UNICEF…) ont versé dans le pot, tout le budget qu’ils avaient prévu d’utiliser aux Comores dans les années à venir.

J’ai vu aussi que la Banque mondiale et la Banque africaine de Développement (BAD) ont annoncé des sommes qui constituent des prêts que l’État comorien devra rembourser dans l’avenir.

Encore mieux, certains États ont ouvert des crédits au gouvernement comorien pour acheter uniquement dans leurs « magasins » chez eux.

Au final, le gouvernement comorien s’offre une grosse publicité sur un développement plus qu’hypothétique et se condamne à recevoir les déceptions des Comoriens encore une fois floués.

Mahmoud Ibrahime

 

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