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Opinion : 18 MARS 2017-18 MARS 2019, 2 ANS QUE LE FADC EST ENTERRE VIVANT

Crée par ordonnance n°93-001/PR en date du 6 janvier 1993, celle-ci a été complétée par le Décret N°93-068/PR du 13 avril 1993 portant Organisation et Fonctionnement du FADC, modifié successivement par le Décret N°01-119/CE en date du 22 octobre 2001 et par le Décret N°03-013/PR du 28 janvier 2003, deux ans que le FADC a disparu.

Organisme d’intérêt public, doté de la personnalité morale et jouissant de l’autonomie administrative et financière, le FADC apporte, à la demande des communautés villageoises les plus démunis, une assistance financière, technique et matérielle à la réalisation des sous-projets communautaires d’intérêt public. Le FADC exerce son action dans toutes les régions et localités qui en éprouvent un réel besoin et dans tous les secteurs socio-économiques où cette action est susceptible de contribuer à améliorer la qualité et les conditions de vie des populations concernées.

Depuis sa création soit 24 ans d’existence, le FADC a réalisé 484 projets d’infrastructures de base communautaires au niveau des 3 îles (240 salles de classe, 116 pistes et ouvrages d’assainissements, 17 postes de santé, 72 citernes/ adduction d’eau et 39 digues et rampe de hissage et autres). 188 plans de développement locaux élaborés au profit de 188 communautés. 22 médecins et paramédicaux formés. 8 734 personnes dont 2 217femmes ont été formées sur, différents thème notamment l’Approche participative, la Gestion communautaire, la gestion financière et passation de marchés, le Suivi Évaluation.

En dehors des infrastructures de base, depuis 2010, FADC a continué à travailler dans les communautés défavorisées sur des activités de protection sociale en particulier les travaux de Hautes Intensité de main d’œuvre (THIM) ou travaux argent contre travail (ACT). 57 ONG ont été recrutées pour assister aux communautés de base à réaliser ces travaux.

Après 24 ans d’existence, le président de l’Union des Comores a signé un décret N°17-029/PR du 18 mars 2017 mettant fin la mission du FADC dans son article 19, complété par le décret N°17-077/PR dans son article 20 qui stipule « l’ensemble des biens, droits obligation, contrats, conventions accords et autorisation de toute nature du Fonds d’Appui au Développement Communautaire (FADC) en Union des Comores et hors de l’Union des Comores sont de plain droit et sans formalités ceux de l’Agence Nationale pour la Conception et l’Exécution des Projets (ANACEP)». Qu’est ce qui a motivé le pouvoir en place de prendre une telle décision ? Est-ce que le FADC a failli à ces missions? Est ce que les communautés défavorisées ne fait parti de ces priorités ou s’agit-il d’un règlement de compte pour certaines personnes proches du pourvoir ? Si le FADC n’est plus aujourd’hui, certes, il y a eu la complicité des ex -responsables du FADC et des responsables du conseil d’administration, très proches du pouvoir en place. Pour moi, cette  decision vient de  mettre fin le pouvoir communautaire, l’évaluation communautaire et la redévabilité sociale.

Qu’elles sont les conséquences majeures et immédiates de cette disparation brusque?

Arrêt de processus de négociation de deux projets et le renvoie au chômage de 47 emplois directs et plus 75 emplois pour les ONG qui travaillaient avec le FADC. Il y a eu aussi la suspension de 10 infrastructures de base communautaire du projet Filets Sociaux de Sécurité (PFSS) dans 10 communautés qui devait appuyer le secteur agricole dans ces communautés.

Parmi les projets qui sont interrompu, «le projet de promotion sur l’emploi des jeunes en milieu rural et en milieu urbain». Ce projet visait directement les jeunes âgés de 18-28 ans, dont au moins 50 pour cent seront des femmes. Sur les secteurs suivants: la culture vivrière et maraîchère, l’élevage des bovins et de chèvres, les volailles et l’arboriculture.

Quand aux activités prévu en milieu urbain, concernent (i) la construction (menuiserie, maçonnerie, peinture, travaux électriques, de plomberie) (ii) le tourisme et de restauration (restaurants, (iii) les services alimentaires, pâtisserie, guides pour écotourisme), (iv)  Technologies de l’information (le marketing, la café internet, l’entretien des téléphones portables et ordinateurs) et (v) la coiffure, la couture et la transformation des aliments.

Le deuxième projet consiste «Le Programme de Développement des Énergies Renouvelables et d’Amélioration de l’Efficacité Énergétique dans les États Membres de la Commission de l’Océan Indien (COI) au profit de la région de Domoni à Anjouan. Le projet visait par ailleurs de réduire l’utilisation du bois et limiter la déforestation à Anjouan, d’organiser et valoriser la gestion des déchets domestiques pour développer la filière «énergies renouvelables et valorisation énergétique» dans la région de Domoni et renforcer les compétences locales et régionales pour assurer la durabilité de la filière énergie renouvelable.

La dissolution du FADC a affecté les Communautés les plus vulnérables et reste dans leur esprit et sont très reconnaissantes de l’assistance du FADC. Je lance un appel au future locataire de Beit-Salam d’accorder une grande importance aux communautés les plus défavorisées à mettre en place des infrastructures de base et apporter son assistance à des activités pouvant améliorer leurs conditions de vie notamment la mise en place des activités de filets sociaux tel que recommandé dans les conclusions des assises, ou les orientations de la politique nationale de la protection sociale.

 

Mohamed Bahtine

Ex employé du FADC

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