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L’UA se reforme et les Comores la soutiennent

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Diminution des postes des commissaires, paiement régulier des contributions statutaires sous peine de sanctions, respect strict des quotas des fonctionnaires attribués aux pays membres and, last but not the least l’autonomie financière. Telles sont les reformes engagées au sein de l’Union africaine en marge du 11ème sommet extraordinaire du 5 au 18 novembre à Addis Abeba. Reformes auxquelles l’Etat comorien « porte son adhésion entière et totale ».

Une véritable chirurgie institutionnelle en Afrique. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine se sont réunis à Addis Abeba du 17 au 18 novembre. Ils ont décidé à l’unanimité de réduire drastiquement les dépenses de l’organisation panafricaine et surtout arrêter de tendre la main aux partenaires qui financent l’Union africaine à hauteur de 80%. Pour parvenir à ces reformes, l’organisation panafricaine porte plusieurs coups de bistouris en son sein. En effet, désormais les pays dits de troisième palier s’acquitteront d’une contribution annuelle fixe. Les Comores qui sont dans cette catégorie passeront donc de 110 000 Dollars à 200 000 Dollars à partir de 2021, année de l’entrée en vigueur des modifications.

Pour garantir la régularité des contributions statutaires, l’Union africaine met en place un nouveau régime de sanctions pour les indélicats. Les contributions devront être réglées au plus tard à la fin du deuxième trimestre de l’année budgétaire. Un exercice difficile pour un pays comme les Comores qui ne s’est pas encore acquitté de sa cotisation 2018 quoiqu’il ne soit pas le seul à avoir les deux pieds dans le même soulier. Lors de son discours d’ouverture, le président de l’Union africaine Paul Kagame a indiqué que 50% des pays membres sont en retard de cotisation à un mois de la fin de l’année.

L’organisation panafricaine veut en finir avec ce comportement en imposant, à partir de 2021, des sanctions appliquées en trois étapes : des sanctions d’avertissement pour les arriérés à court terme, des sanctions intermédiaires pour les arriérés à moyen terme et des sanctions complètes pour les arriérés à long terme tel que mentionné dans le rapport final du 11ème sommet extraordinaire. Les sanctions d’avertissement qui  privent les États membres de leurs droits à la parole au cours des réunions de l’Union africaine, seront appliquées à ceux qui accusent des arriérés de paiement à court terme.

Quant aux intermédiaires, elles suspendent le droit de l’Etat membre à être membre d’un bureau de tout organe de l’Union africaine; d’accueillir tout organe, institution ou bureau de l’Union africaine; d’avoir leurs ressortissants à participer à des missions d’observation électorale; des missions d’observation des droits de l’homme; ou à être invités à toute réunion organisée par l’Union africaine…« Ce sommet extraordinaire est assurément symbolique. C’est la première fois, dans la longue histoire de notre organisation continentale et des tentatives de réforme qui l’ont jalonnée, qu’une session est exclusivement consacrée à cette question », devait régir le président de la commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahama dans un tweet du 17 novembre.

Si un pays comme la Libye s’opposait à la cotisation minimum de 200 000 Dollars mettant en avant le caractère faible de l’économie de certains pays, les Comores se montrent prêtes. En effet le président Azali trouve que ces reformes sont gage d’une organisation panafricaine « performante » au service de son peuple. Ces reformes, pour le chef de l’Etat, « arrivent à point nommé et s’inscrivent en parfaite symbiose avec les reformes en cours dans beaucoup de nos pays ». A cet effet, « l’Union des Comores porte son adhésion entière et totale à cette vision consistant à faire de notre organisation une institution en phase avec l’évolution du monde et résolument engagée pour la paix, la sécurité et le développement inclusif de notre continent », poursuit le président de la République.

Outre les contributions, l’Union africaine envisage de supprimer deux commissariats sur les huit qu’elle comprend, et ce en vue de réduire les dépenses. Le commissariat des affaires politiques par exemple, sera couplé avec le commissariat à la paix et la sécurité. Mais aussi, dans ce même ordre d’idée, les deux sessions annuelles de l’Union africaines connaissent quelques ajustements. La session  de juin-juillet se fera avec une coordination qui réunira les chefs de département, tandis que celle de juin-juillet verra traditionnellement la participation des chefs d’Etat et de gouvernement. « C’est en réduisant les dépenses que nous pouvons engranger des recettes conséquentes pour financer des nouveaux chantiers de notre organisation panafricaine », s’était réjouit Azali Assoumani à l’ouverture de la session samedi 17 novembre.

Autre reforme à même de réjouir les Comores, le respect du quota des fonctionnaires réservé à chaque Etat membre. Les nouveaux mécanismes font que dès 2021 aucun pays, quelle que soit son influence au sein de l’organisation, ne peut dépasser son quota tant que les autres pays membres n’auront pas  épuisé les leurs. A nos jours, un Etat comme les Comores a bénéficie de huit postes au sein de l’Union africaine. Il n’en occupe qu’un poste. Ou deux. C’est selon. Un comorien est à la tête de la division du département douanes. Lui il est fonctionnaire. Un autre compatriote travaille au département de l’industrie en tant que contractuel et non fonctionnaire. Il en manque donc sept fonctionnaires pour les Comores pendant que certains membres appelés « the big » ont dépassé de loin leur quota, ne faisant qu’une bouchée le quota des autres pays.

Revenant sur le financement de l’Union africaine, il convient de rappeler que l’organisation a bel et bien mis en place une taxe de 0,2% sur les produits importés. Cette taxe, qui n’est pas encore appliquée par les Comores, permettra aux pays d’avoir une disponibilité de fonds et ainsi éviter les retards de contribution.  L’Union africaine veut ainsi faire d’une pierre deux coups : avoir son autonomie financière et permettre aux pays membres d’être à jour de leurs contributions. En 2017, le fonctionnement de l’organisation a été financé à hauteur de 63% par les partenaires. Une baisse considérable de la dépendance financière quand les années précédentes l’apport des bailleurs s’élevait à plus de 80%. Selon un haut fonctionnaire, les prévisions 2019 montre une baisse de dépendance jusqu’à 34% pour un objectif de 0% d’ici 2021.

 

Par Toufé Maecha, envoyé spécial.

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