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Les réactions à la lettre d’Azali Assoumani

Propos recueillis par MiB

Omar Mirali, Daula ya Haki  

Assoumani Azali est un imposteur. Il n’a aucune légitimité. Il ne peut nous appeler au dialogue.

Par ailleurs, nous savons tous qu’Assoumani Azali est incapable de sincérité. Il a trahi les Comoriens à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, le seul service qu’il puisse rendre au peuple est de quitter le pouvoir.

Comment dialoguer avec des morts ? S’il garantit que Bapale et Gazon prendront part au dialogue, toutes les structures qui luttent contre le régime répondront favorablement à son appel.

Pour l’heure, DYH n’envisage aucun dialogue avec ce tyran. Nous restons fixés sur notre objectif de toujours. Pour le salut collectif, Asoumani Azali doit quitter le pouvoir et répondre de ses actes devant la justice.

 

Abdou Djabir, leader du MSADA, ancien député, ancien candidat aux présidentielles de 2010 

Mon avis est que tous ceux qui accepteront ce dialogue prennent la responsabilité de perpétuer la dictature sanglante et d’exposer le pays, fragilisé. Azal doit libérer les prisonniers politiques et partir.

Le dialogue que nous attendons c’est un retour à l’ancien ordre constitutionnel pour préserver les acquis démocratiques de 2001 à 2016, le renforcement de la constitution du 23 décembre 2001, la présidence tournante de 5 ans et l’autonomie large des îles. La rencontre entre Azali Assoumani et la délégation de l’UA comporte des risques si elle consolide Azali dans sa démarche de rester au pouvoir jusqu’en 2024. Notre pays risque d’être victime du séparatisme.

 

Saïd Youssouf Mohamed, activiste proche du gouvernement 

Je serai toujours favorable à un vrai dialogue inter-Comorien dont les participants seraient des représentants des différentes couches. Un dialogue inclusif qui garantira la paix, la sécurité et le développement de notre pays. Malheureusement, la manière pour la désignation des participants est loin de représenter la population et en particulier la diaspora, quoiqu’elle n’est pas organisée. Quand j’ai vu Mouigni Baraka cité sans parti politique et non représentatif d’aucune personne alors qu’ils ont omis d’interpeler les mouvements de la diaspora et certains partis actifs aux Comores, ça me laisse perplexe. Cela va s’en dire que ceux qui représentent la population ne sont pas conviés. Un tel dialogue d’envergure, de réconciliation des cœurs doit commencer par les villes et villages, dans les communes et préfectures avant de remonter à l’État. À ne pas oublier que la raison de ce dialogue n’est que le mécontentement d’ordre, juridique, politique et surtout lié aux problèmes socioéconomiques dont la majorité des citoyens vivent dans la pauvreté, la précarité et le désespoir.

 

Saïd Larifou, avocat, Leader du parti RIDJA 

Depuis sa mise en place en ars 2019, le gouvernement de transition en exil dirigé par Moustoipha Idaroussi , nous avons sans cesse fait savoir notre disponibilité pour des discussions pour une sortie de la crise politique et institutionnelle provoquée par la violation de la constitution et le mépris des institutions démocratiques de notre pays. Cependant, Azali Assoumani n’a pas la légitimité requise pour engager cette initiative. Il est le problème et non la solution à nos problèmes. Les discussions doivent porter sur les conditions de son départ et ensuite sur les modalités de la transition politique qui aura pour objectif le rétablissement de l’ordre démocratique et l’État de droit.

Nous ne pouvons pas répondre à un appel d’un putschiste, un tortionnaire qui a fait des assassinats de ses opposants, de la répression et des détournements des deniers publics son mode de gouvernance. S’il estime pouvoir prendre longtemps le peuple comorien en otage qu’il le fasse, mais sans notre complicité. En sa qualité de vice-président de l’Union africaine, il a une obligation morale de hisser et crédibiliser notre organisation panafricaine et il fait le contraire de ce que prévoit la charte de cette institution en continuant à assassiner ses opposants. Les procédures judiciaires ouvertes dans des cabinets des juges à l’étranger pour torture et à la CPI pour crime contre l’humanité sont des motifs légitimes de notre refus à dialoguer avec une personne qui a sa place sur les bancs des accusés et non sur une table de dialogue. Nous sommes convaincus de nos droits et nos possibilités de pouvoir le pousser à partir par des moyens démocratiques, nous maintenons notre combat notre résistance contre la dictature.

À lire également : Le piège (Masiwa n°345, 13/09/21)

 

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