Économie

Le taux de change fixe : source des perturbations économiques des Comores

De nombreuses études effectuées non seulement par le FMI mais aussi par des monétaristes, ainsi que des panafricanistes concernant l’efficacité et le choix des régimes de change, ont montré que les pays qui utilisent le change fixe sont tenus de défendre la parité pour maintenir à la marge de fluctuation autorisée, sinon ils ne pourront pas maîtriser leur politique monétaire de change vu qu’elle n’est pas du tout autonome. Ces pays peuvent être confrontés à une dégradation de la balance des paiements.

Quel régime faut-il alors choisir ?

Le choix d’un régime n’est pas une décision à prendre à la légère, puisque chaque régime de change présente des avantages et des inconvénients liés aux contraintes extérieures, aux conditions de stabilité macroéconomique et aux objectifs économiques du pays. Cependant, il serait judicieux de changer de régime de change fixe pour adopter davantage un régime de change flexible ou intermédiaire, qui, sont plus favorables et autonomes que le système de change fixe imposé par la France.

Quels sont les premiers signes précurseurs du déficit permanent de la balance commerciale ?

Le régime de change fixe ne correspond pas aux réalités objectives actuelles des Comores. On peut noter les signes avant-coureurs qui caractérisent le fléau du déficit commercial :

Avec un régime de change fixe, le meilleur procédé pour contrôler l’inflation, les banques doivent appliquer des taux d’intérêt élevés, supérieur à 7%. Forcement, très peu de personnes acceptent de prendre de risques et cela réduit la demande de crédit, par conséquent il n’y aura pas de création monétaire et la croissance restera faible, ce qui affectera les investissements ;
Les dévaluations (Kmf ou euro) constituent l’une des conséquences de la pauvreté de notre pays. Ce dernier n’arrive toujours pas à créer des excédents de ses balances commerciales. En théorie, les dévaluations devraient permettre de stimuler les exportations et protéger le marché intérieur. La surévaluation de nos francs n’attire guère les investisseurs étrangers, ce qui renchérit considérablement les exportations et pèse négativement sur la croissance;
La BCC dépose 65% de réserves de change en garantie de convertibilité au trésor français est inférieur aux taux appliqués des pays de la zone franc. Cela est encore plus défavorable à la croissance économique et à l’emploi. Il est temps de renégocier à la baisse le taux de change en deçà des 65% actuels (amortir des 60 à 50%, comme les cas des pays de la zone franc) ;
Le niveau de corruption élevé est associé à de faibles niveaux d’investissements public et privé, ce qui entrave le développement économique, et entraîne aussi un faible niveau de la croissance. L’Etat doit contrôler de manière drastique les dépenses publiques, surtout leur destination et leur utilité et, ce, pour permettre de réduire le déficit public, tout en maximisant la liberté des comoriens à acheter et vendre des biens et services. Il faudrait réinventer un nouveau modèle économique qui créera de valeur et de richesse.

Quelles sont les mesures à prendre pour résoudre le déficit commercial ? 

Pour sortir du marasme économique qui perdure, certaines mesures me paraissent discutables pour relancer notre économie. Les autorités comoriennes devraient accepter que le franc comorien ne soit plus arrimé avec une seule devise, l’euro. Nous devons élargir la libre convertibilité de notre monnaie vers les principales devises à savoir le dollar, le Yuan et l’euro pour permettre de donner le sens de la flexibilité du taux de change fixe et déterminer le meilleur niveau de la compétitivité de notre monnaie. En guise de contribution, le solde du compte d’opération de la BCC domicilié au trésor de Paris devrait être transféré vers une institution internationale « neutre » qui serait la Banque des règlements internationaux. Cette dernière garantira notre monnaie et permettra à notre pays de « dénazifier le franc comorien »

Enfin, la création d’une zone monétaire optimale au sein des pays de l’océan indien (Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles) permettrait de supprimer les barrières commerciales et monétaires, réduire les coûts de transaction et les risques de change, et accroitre le niveau de vie des habitants de la région. C’est déplorable pour notre pays de coopérer monétairement avec les pays de l’UEMOA et CEMAC et cela dit, il ne devrait pas être membre de la zone franc, puisqu’il n’est pas possible pour Les Comores de mener une politique d’intégration économique avec les 14 pays de la zone franc.

OUZALI Said Youssoufa,  Economiste monétaire,mlamalisaid.mngt@yahoo.fr

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