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Interview : Abdillah MSAIDIE, propriétaire d’une ferme agricole : « J’ai perdu environ 50% de mon chiffre d’affaire »

Agro-éleveur, propriétaire d’une ferme agricole à Bandasamlini, sur le plateau de la Grille, dans le nord de Ngazidja, Abdillah MSAIDIE gère une équipe de six employés. Après la tempête tropicale Kenneth, la crise sanitaire due au Coronavirus ne lui facilite pas la tâche. Les conséquences financières et humaines sont considérables. Il a accepté de nous en parler. Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Masiwa – Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre exploitation agricole depuis la première vague du Coronavirus jusqu’à aujourd’hui avec la deuxième vague ?

Abdillah MSAIDIE – Je rencontre d’énormes difficultés liées aux travaux et à la production. Tous mes employés ont peur d’être contaminés. Chacun travaille en évitant l’autre. C’est ce qui freine les travaux et la production.

Masiwa – À combien évaluez-vous le pourcentage du chiffre d’affaires perdu depuis cette pandémie ?

A.M. – J’estime que j’ai perdu environ 50% de mon chiffre d’affaires à cause de la Covid-19, depuis la première vague.

Masiwa – Avez-vous pu garder vos employés à leurs postes avec ces difficultés ?

M. – Oui. Je n’ai licencié aucun d’eux. J’avais espoir que cette maladie disparaisse et que les choses redeviennent comme avant. Nous nous sommes mis d’accord pour un paiement de salaires de 50% afin de maintenir la survie de la ferme, en espérant que tout rentre dans l’ordre bientôt.

Masiwa – Quelles sont vos craintes si cette crise persiste ? Avez-vous sollicité des mesures d’accompagnement vis-à-vis de la chambre de commerce ou des autorités ?

A.M. – Si cette crise persiste trop longtemps, je crains d’être en faillite, dans ce pays où les agriculteurs ne sont pas considérés à leur juste valeur. Je n’ai pas sollicité l’aide du gouvernement. Lorsqu’il y a eu Kenneth, les autorités sont venues constater les dégâts : cinq vaches mortes, destruction de la toiture du hangar, la citerne abimée… Et jusqu’à maintenant, je n’ai eu aucun retour de leur part. Donc, cette fois-ci, j’ai préféré ne rien demander.

Masiwa – Quels sont vos souhaits dans l’avenir proche ?

A.M. – Je souhaite que Dieu nous vienne en aide, que cette maladie disparaisse et que nous puissions revenir comme avant et faire progresser notre exploitation.

 

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